Décès de Mawda: "Conséquence du trafic d'êtres humains", selon le cabinet Jambon

Décès de Mawda: "Conséquence du trafic d'êtres humains", selon le cabinet Jambon
Décès de Mawda: "Conséquence du trafic d'êtres humains", selon le cabinet Jambon - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le décès de Mawda, fillette de deux ans, tuée alors qu'elle était entourée d'une trentaine de migrants dans une camionnette, par une balle probablement tirée par un policier, a conduit politiciens et association à demander des comptes auprès du gouvernement ce vendredi, rapporte le Soir.

"Quelle est la responsabilité politique du gouvernement dans cette affaire?", a lancé le député PTB Raoul Hedebouw en direction du ministre de l'Intérieur Jan Jambon et de son collègue Theo Francken, secrétaire d'État en charge de la Migration.

Un décès causé par la politique migratoire?

Plusieurs associations de défense des droits des étrangers ont réclamé la démission des deux hommes, poussant 250 personnes à se rassembler devant l'Office des étrangers, demandant leur départ. Ils accusent le gouvernement de mener une politique migratoire répressive, poussant les migrants à user des services de passeurs.

Cet avis est soutenu par la coprésidente d'Ecolo, Zakia Khattabi, qui considère que "ce drame est le fruit de la fuite en avant dans une politique d’asile de plus en plus répressive. La responsabilité de gouvernement est engagée. Un recadrage ne suffira pas".

Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'Homme, a pour sa part qualifié l'incident de "dramatique illustration de la mauvaise politique. Comment est-il possible que les policiers commencent à tirer sur une camionnette en fuite, dont ils savent qu'elle est pleine de gens, y compris un enfant de deux ans ?", a-t-il interrogé.

Le cabinet Jambon rejette la faute

Le cabinet de Jan Jambon a réagi à ces accusations en marquant son désaccord. Theo Francken, quant à lui, s'est contenté de tweeter "Dégoûtant". Interrogé par le Standaard, Olivier Van Raemdonck, porte-parole de Jan Jambon a demandé : "Ne retournons pas la logique. C’est le résultat du trafic d’êtres humains".

"Le ministère public et le comité P doivent enquêter sur ce point, mais rien n'indique pour l'instant que la police ait commis d'importantes erreurs. Nous n'étions pas là, mais il n'y a aucune raison de douter de nos agents pour le moment", a poursuivi Olivier Van Raemdonck, porte-parole de Jambon. "Les règles sont simples. La police peut ouvrir le feu si les gens sont à risque. C'est tout-à-fait le cas quand une camionnette tente de fuir la police et joue ainsi avec la vie de ses passagers."

Le cabinet du Premier ministre fait part de son émotion mais ne tire pas de conclusion avant "que toute la lumière soit faite sur les événements".

L'opposition ne s'avance pas non plus dans des conclusions hâtives, le PS pointant un manque de voies d’accès légales au territoire et une politique européenne répressive mais ne désigne aucun responsable à ce stade de l'enquête, explique la députée Julie Fernandez Fernandez. Le CDH adressera ses questions à Charles Michel à la Chambre.

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