Décès de Mawda: 600 personnes se rassemblent devant le Palais de Justice de Bruxelles

Près de 600 personnes se sont rassemblées mercredi soir devant le Palais de Justice de Bruxelles, place Poelaert, en signe de deuil et de protestations au décès de Mawda, une fillette morte lors d'une course poursuite entre la police et une camionnette de passeurs transportant des migrants sur l'E42 ce 18 mai. Les organisateurs de l'événement appelaient également à se rassembler devant les autres palais de justice du pays. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel à Tournai.

La foule remplissait la place. En colère, elle a réclamé à de multiples reprises la démission du ministre de l'Intérieur Jan Jambon et du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken. Des habits d'enfants ont été suspendus sur des cordes à linge. Certains portaient le nom de Mawda. Une minute de silence a été respectée. Des discours ont été prononcés. Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l'Homme, a réclamé une enquête indépendante, au vu des "erreurs ou des mensonges" communiqués, selon ses mots: "On est sous le choc parce que ça n'aurait jamais dû avoir lieu dans un pays comme la Belgique. C'est la conséquence prévisible de la politique migratoire qui considère ces personnes non pas comme des personnes en détresse mais comme des criminels. C'est inacceptable. Nous sommes sous le choc d'avoir appris après le drame comment le papa et la maman ont été traités".

Les parents n'ont pas pu accompagner leur fille mourante dans l'ambulance. Plutôt que de se contenter de recevoir la famille lundi matin, le Premier ministre Charles Michel aurait dû leur accorder un droit de séjour illimité, a plaidé M. Deswaef. Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, a déploré que la famille ait été envoyé dans un hébergement de nuit pour sans-abri. La Plateforme leur a depuis fourni un logement et proposé un suivi psychologique. "Mawda n'est pas décédée sous une pluie de bombes en Irak ; elle ne s'est pas noyée dans la Méditerranée ; elle est morte sous les balles de la police belge", a souligné Gulistan Ozer, une représentante de la communauté kurde en Belgique. "Durant ce long et douloureux voyage, ses parents ne l'ont jamais abandonnée. Maintenant, on leur demande de laisser le corps de leur fille en Belgique et de s'en aller. Aujourd'hui, j'ai honte d'être Belge."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK