Décès de Jürgen Conings : "Il est important de communiquer vite et clairement sur ce dossier", estime le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw

Après plus d’un mois de recherches, le corps du militaire Jürgen Conings a été retrouvé par hasard ce dimanche après-midi dans le Dilserbos, en province de Limbourg. A l’heure d’écrire ces lignes, le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, invité de la Matinale sur la Première, n’a pas encore reçu le rapport d’autopsie qui est attendu en fin de matinée.


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Pourquoi parler dès lors d’un suicide ? Le procureur fédéral explique qu’il y a d’abord les premières constatations lors de la descente sur les lieux. Lors d’affaires comme celle-ci, avec une mort a priori suspecte et a priori violente, le juge d’instruction, le procureur et différents experts se rendent sur les lieux.

Des constatations ont donc déjà eu lieu sur place, mais : "à la Justice on passe toujours au conditionnel tant qu’il n’y a pas de confirmation scientifique des faits". Par rapport à la première déclaration qui a été faite, il précise que cela était important en raison d’une série de théories complotistes, mais aussi de personnes qui se posent des questions. "Je pense qu’il est important de communiquer assez vite et clairement sur ce dossier où tout a été fait". Et de rappeler qu’il y a un juge d’instruction qui instruit à charge et à décharge. Que toutes les différentes hypothèses et pistes ont été explorées.

Des questionnements

Certains membres de la famille de Jürgen Conings ne croient pas au suicide. La tante du militaire a déclaré : "C’est impossible qu’il se soit suicidé, c’est pour cela qu’on demande une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé". Il a bien sûr été tué. C’est ce qu’on croit encore plus aujourd’hui qu’hier. Tué par qui ? Par tous ceux qui l’ont cherché. Ces cinq cents personnes. Pourquoi ? Pour ramener un terroriste tient. Et ce nom de terroriste doit disparaître, car il n’a rien fait à personne".

Pour Frédéric Van Leeuw, ces personnes, en ayant perdu quelqu’un de proche, sont aussi des victimes. Mais il note aussi que dans ce dossier, la Justice était confrontée à quelqu’un qui avait des idées "assez particulières", qui les avaient exprimées, qui a volé tout un arsenal et qui a été retrouvé encore lourdement armé. Dans ce cas-là, en tant qu’autorité : "il est clair que l’on doit dégager des moyens et c’est vraiment important pour qu’il n’ait pas d’issue fatale. Tant pour M. Conings d’ailleurs que pour certains des projets qu’il aurait pu avoir". Selon le procureur fédéral, les moyens déployés étaient justifiés étant donné également la géographie du terrain où Jürgen Conings a essayé de se cacher et qu’il connaissait bien.

A noter cependant, d'autres proches de Jürgen Conings ne vont pas dans cette direction. L'avocat de la petite amie de l'homme a fait savoir : "Je n’ai jusqu’ici aucune raison de douter. Nous verrons ce que l’enquête plus approfondie donnera. Je ne vais certainement pas accepter toutes sortes de théories du complot."

Les recherches manquées

Comment expliquer que les équipes de recherche soient passées à côté ? Jürgen Conings a été retrouvé dans une zone située à 150 mètres en dehors de la zone précédemment fouillée. Mais 150 mètres dans un bois tel que celui-là, rappelle le procureur fédéral, "c’est beaucoup". Malgré l’aide de chiens, les recherches ont été compliquées, notamment en raison des conditions atmosphériques. La superficie de la zone était importante, les fougères sont hautes, etc.

Le corps du militaire était là depuis un certain temps explique Frédéric Van Leeuw. Mais était-il là depuis le début ? A cette question, seules les équipes spécialisées pourront répondre, telles que celles de l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC). Or, répondre à cette question serait intéressant pour le procureur fédéral.


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Qui a découvert le corps ?

Qui a découvert le corps du militaire ? Frédéric Van Leeuw précise que ce sont les circonstances atmosphériques, la chaleur, le vent qui ont permis de découvrir le corps de Jürgen Conings. Ce sont deux vététistes qui l’ont découvert pratiquement au même moment. L’un a été jusqu’au corps et l’a découvert et il y a aussi le bourgmestre de Maaseik, Johan Tollenaere (Open Vld) qui a eu le réflexe d’appeler la police.

Des soutiens ?

Jürgen Conings a-t-il bénéficié de soutiens ? Le procureur fédéral précise que l’enquête a exploré les pistes d’éventuels soutiens, raison pour laquelle, l’enquête ne sera pas clôturée dans l’immédiat. "Nous allons regarder si ce monsieur a bénéficié de soutiens. S’il s’agissait d’un projet bien construit, et ça nous le savons avec ce qu’il a fait et les recherches qu’il a faites avant de disparaître".

Les motivations

Quelles étaient les motivations du militaire ? Frédéric Van Leeuw rappelle que Jürgen Conings s’est exprimé pendant un certain temps sur les différents réseaux sociaux, il a également fait des recherches. Et puis, il s’est focalisé à un certain moment sur le virologue de la KU Leuven, Marc Van Ranst, chez qui il s’est rendu le soir même de sa fuite.


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Le procureur fédéral explique que "c’est une crainte que nous avons actuellement, parce que cette période Corona a été très compliquée pour les gens psychologiquement fragiles. Je pense que c’est très symbolique qu’il se soit focalisé sur Marc Van Ranst. Ce sont des gens qui ont besoin d’une certaine structure. Jürgen Conings, à mon avis, dans l’armée avait besoin d’une certaine structure pour fonctionner. Et à partir du moment où ces structures sont aplaties par la période Corona, c’est une crainte générale que l’on a. On voit dans d’autres phénomènes comme, par exemple, les agressions sexuelles, que ça a beaucoup augmenté durant cette période Corona". Pour Frédéric Van Leeuw il s’agit de faire très attention à la santé psychologique des personnes et rentrer en dialogue avec elles pour essayer de détecter ces cas plus tôt. "La Justice ne sait pas tout résoudre".

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