Décès de Julie Van Espen : la Cour d’appel justifie la remise en liberté de l’auteur présumé par un manque de moyens

Comment expliquer la remise en liberté de Steve B., l’auteur présumé de l’assassinat de Julie Van Espen ? Par un manque de moyen. Voilà la réponse de la Cour d’appel d’Anvers. Chiffre à l’appui, le président de la Cour d’appel explique qu’il manque d’une dizaine de magistrats. Manque qui l’a contraint à fermer l’une de ses chambres ; celle-là même où devait se tenir l’audience de Steve B.

Suite au débat autour de la remise en liberté du meurtrier présumé de Julie Van Espen, la Cours d’appel d’Anvers tient une conférence de presse afin d’éclaircir certains points. Steve B., l’auteur présumé de l’assassinat de la jeune étudiante avait été condamné le 30 juin 2017 en première instance pour le viol de son ex-compagne. Il avait fait appel de cette décision et devait être entendu le 5 juin prochain. Il était donc en liberté depuis dans l’attente de son procès en appel. Une attente qui aura duré près de deux ans. Une lenteur qui fait aujourd’hui polémique.


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La chaîne des réactions politiques a très vite dénoncé cette lenteur. Ecolo parlant d’une « justice sous financée » indiquant que « Les économies imposées à la justice ne lui permettent plus de fonctionner efficacement ». Le CDH dénonçant une justice « malade de son manque de moyens ». Le PTB demandant un plan d’action contre le féminicide. Alors que le MR par la voix de Charle Michel appelait, lui, « appel à la dignité, non à la récupération politique ».

Manque de moyens

« Ici tout le monde se coupe en quatre ». C’est le constat posé par Rob Hobin, le premier président de la Cour d’appel d’Anvers. Dans un long exposé et chiffre à l’appui, il explique qu’il a été contraint de fermer une des 5 chambres de sa Cours d’appel, la chambre C2, et ce par manque d’effectif. Il s’agit d’une chambre qui traite exclusivement de matières pénales et la moins spécialisée d’entre elles.

Le cadre légal requiert 63 magistrats, a l’été 2018, il n’en dispose que de 54. Et pas assez de magistrats spécialisés en droit pénal. Rob Hobin est alors contraint de fermer une de ses chambres. Et il s’agit de celle qui doit juger Steve Baekelmans, l’auteur présumé de l’assassinat de la jeune Julie Van Espen. Résultat, l’audience était prévue le 5 juin prochain, quasiment deux ans après qu’il ait été condamné une première fois.

Une fermeture qui vient s’ajouter à une autre. En effet, le 1er septembre 2018, lorsque le président de la Cour d’appel ferme la chambre C2, une autre chambre est déjà fermée toujours par manque d’effectif. Il s’agit ici d’une chambre qui s’occupe de matières civiles cette fois. Plus précisément de dommages et intérêts.

Mais quoi qu’il en soit, une fermeture est « anormale » juge le premier président de la Cour d’appel. Mais au vu du manque de personnel, impossible, de faire autrement. Rob Hobin qui dit aussi sa « consternation » face au décès de la jeune femme.

 

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