Décès d'un gilet jaune: le suspect est un Néerlandais né en 1962

Un suspect a été identifié suite au décès d'un manifestant sur l'E25 Liège-Maastricht, à la borne 2,6 km à hauteur de Visé, lors d'une action de gilets jaunes. La victime a été percutée et écrasée par un camion en début de soirée. L'homme, âgé de 50 ans, est décédé sur le coup. Aujourd'hui, l'heure est à l'éclaircissement des événements. Que s'est-il passé exactement vendredi soir en province de Liège ? Les témoignages et le parquet de Liège permettent d'y voir plus clair.

Une enquête délicate

"Le cadre est émotionnel" et "les faits se passent à la frontière entre deux pays". Il s'agit donc d'une "enquête délicate", a introduit le parquet qui a précisé ce samedi en début de soirée que le suspect principal était un homme de nationalité néerlandaise né en 1962.

Son camion portait une plaque hollandaise. Pour cette raison, la police de Pays-Bas a également été dépêchée dans la recherche de l'auteur des faits, qui a pris la fuite. Ce camion a, à présent, été repéré sur un parking et placé sous scellé, annonçait le parquet ce samedi soir.

Le camion a forcé le passage

Voici le détail des événements tels que le parquet les a communiqué ce samedi soir: peu avant 19 heures vendredi 11 janvier, une cinquantaine de manifestants se réunissent à proximité de Visé pour faire un barrage filtrant en bloquant la première voie de l’autoroute avec des palettes et des pneus.

Parmi eux, Roger, un quinquagénaire, père de deux enfants. Le groupe s'organise rapidement et "comme d'habitude" selon une gilet jaune présente sur les lieux: "On laisse toujours une bande pour que les voitures puissent passer et les camions vont sur l'autre bande", raconte-t-elle.


►►► À lire aussi À Namur, Bruxelles, Liège, Mons, les gilets jaunes rendent hommage à Roger, le manifestant décédé à Visé


Les poids-lourds sont forcés de s'arrêter tandis que les manifestants laissent passer les véhicules plus légers. L'opération a débuté depuis peu de temps lorsqu'un camion démarre, malgré les personnes affublées de chasubles fluorescentes qui lui font face. "Le camion a forcé le passage", se souvient la manifestante anonyme avec émotion.

Le Parquet confirme: "Cela se passait bien jusqu’à ce que les manifestants constatent qu’un camion ne respectait pas la file prévue. Celui-ci a voulu prendre la voie des voitures."

[Roger] a voulu frapper sur la vitre latérale avec une clé et la vitre s'est brisée

C'est le Parquet qui raconte ce qui s'est passé quand les manifestants constatent que le camion ne respecte pas le blocage: "À ce moment-là, Roger, la victime, accompagnée d’un ami, s'est présentée à la hauteur du camion pour essayer d’arrêter sa progression. Dans un premier temps, le camion s’est arrêté, puis, pour une raison qu’on ignore il a continué sa progression en percutant ce manifestant."

S’est-il agrippé au camion? "On a pas cette information. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a voulu frapper sur la vitre latérale avec une clé et que cette vitre se serait brisée", a répondu le Parquet.

Le seul témoignage vraiment précis est celui de la personne qui accompagnait. 

Roger tente de s'interposer pour stopper la manœuvre de l'imposant véhicule, qui le heurte. "On a entendu dire qu'il n'avait pas vu Roger mais c'est complètement faux car il était face à lui, il l'a vu glisser, martèle la gilet jaune. Roger est passé sous les roues." La voix de cette témoin anonyme est ponctuée de sanglots au lendemain des faits. "Quand j'ai voulu aller l'aider, il n'était pas dans un bel état."

Le conducteur serait un Néerlandais né en 1962

"On ne peut pas imaginer qu’il n’ait pas aperçu qu’il ait percuté quelqu'un selon les témoins", a déclaré le parquet. "Il s'agit donc bien d'un délit de fuite, il est clairement établi que le chauffeur ne s’est pas du tout arrêté."

La police a pu identifier l’immatriculation du véhicule fautif et le camion a été retrouvé sur un parking aux Pays-Bas tandis que l'auteur est toujours en fuite à ce stade. Il s'agit d'un homme né en 62, de nationalité néerlandaise.

"Le dossier est mis à l’instruction pour demande de mandat d’arrêt européen et avis de recherche", a complété le parquet.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK