Décès à Paris de "Thierry", ancien chef présumé de l'ETA

Javier Lopez Peña, dit "Thierry", escorté par la police à Bordeaux, le 21 mai 2008, après avoir été arrêté la veille dans un raid policier franco-espagnol
Javier Lopez Peña, dit "Thierry", escorté par la police à Bordeaux, le 21 mai 2008, après avoir été arrêté la veille dans un raid policier franco-espagnol - © Patrick Bernard

Javier Lopez Peña, dit "Thierry", 54 ans, ancien chef présumé de l'ETA interpellé en 2008 à Bordeaux, est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière des suites d'un AVC, a-t-on appris de source policière et auprès de l'association d'aide aux prisonniers basques Etxerat.

Incarcéré à Fleury-Mérogis, il avait été hospitalisé le 11 mars à Corbeil-Essonnes, puis transféré à la Pitié-Salpêtrière où il a été victime mercredi de cet AVC, selon ces mêmes sources.

Considéré à l'époque comme le chef de l'organisation séparatiste basque ETA, il avait été arrêté en mai 2008 par des policiers français et espagnols dans un appartement d'un quartier populaire du centre de Bordeaux, avec trois membres de l'appareil politique de l'ETA: Ainhoa Ozaeta, Igor Suberbiola et Jon Salaberria.

Les quatre etarras avaient ensuite été mis en examen par des juges antiterroristes français et placés en détention provisoire.

Partisan d'une ligne dure 

Ce vétéran de l'organisation indépendantiste basque, au sein de laquelle il avait joué un rôle actif depuis le début des années 1980, était alors considéré par Madrid comme "la personne qui a le plus de poids" au sein de l'ETA où il aurait été le partisan d'une ligne dure.

Il aurait pris la direction de l'organisation armée en 2006, pendant les négociations manquées de l'ETA avec le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Zapatero, auxquelles il aurait personnellement participé.

Accusé d'avoir torpillé  le processus de paix

Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir torpillé le "processus de paix", notamment en commanditant l'attentat spectaculaire de décembre 2006 à l'aéroport de Madrid (2 morts) par lequel l'ETA avait de facto rompu son "cessez-le-feu permanent" décrété en mars de la même année.

La police espagnole le soupçonnait également d'avoir ordonné l'assassinat d'un ex-élu municipal socialiste basque, Isais Carrasco, abattu de sang-froid en mars 2008, deux jours avant les élections législatives espagnoles.

AFP

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