De plus en plus de Belges sont traités pour des apnées du sommeil

On estime que 120.000 Belges utilisent un appareil contre l’apnée du sommeil. C’est 2,5 fois plus qu’en 2010. L’une des causes principales de cette augmentation, c'est le nombre de personnes qui sont en surpoids. Mais ce surpoids n'est pas la seule raison de l'explosion du nombre de patients traités. L'autre facteur déterminant, c'est l'attention plus importante du corps médical sur ce trouble respiratoire. Une vigilance accrue qui permet qu'un diagnostic soit posé plus souvent.

Chaque année, environ 15% de patients supplémentaires sont traités. Mais, le syndrome des apnées obstructives du sommeil est toujours méconnu et de nombreuses personnes ne sont pas encore diagnostiquées. Le phénomène toucherait pourtant plus de 5% de la population belge, soit près de 600.000 personnes.

C'est quoi les apnées du sommeil ?

Lorsque nous dormons, il nous arrive à tous d'arrêter de respirer pendant plusieurs secondes. C'est ce qu'on appelle des apnées de sommeil. Ces pauses respiratoires durent au moins 10 secondes et elles peuvent se répéter plusieurs dizaines de fois par heure au cours de la nuit.

Le syndrome d'apnée du sommeil est considéré comme "léger" lorsque le nombre d'apnées et d'hypopnées (brève réduction du volume d’air inspiré au cours du sommeil) est compris entre 5 et 15 par heure de sommeil. Il est "modéré" si ce nombre est compris entre 15 et 30 et jugé "sévère" s'il est supérieur à 30. À partir de 5 apnées de sommeil par heure, le corps médical considère que le patient est atteint du syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS).  

L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire du sommeil qui peut s’avérer très néfaste pour la santé. Dans la majorité des cas, les apnées sont dues à un relâchement de la langue et des muscles de la gorge, qui sont moins toniques pendant le sommeil et bloquent le passage de l'air lors de la respiration. Ainsi, la personne tente de respirer, mais l'air ne circule pas à cause de l'obstruction des voies respiratoires.

Quelles sont les conséquences des apnées de sommeil ?

Le ronflement est un signe associé au SAOS : dans 60 à 90% des cas, le sujet atteint d'apnées de sommeil ronfle. Détendus par le sommeil, les tissus de la gorge vibrent au passage de l’air et émettent ce bruit caractéristique qui perturbe souvent la nuit du conjoint.

Deuxième conséquence, le dormeur s''arrête de respirer. Une fois refermée, sa gorge ne laisse plus passer l’air et la respiration s’arrête complètement. Et cela pendant 10 secondes au moins, souvent pendant plus d’une minute. À tel point que le cerveau se retrouve sous-oxygéné et qu’il est obligé d’envoyer un signal d’alarme qui réveille le dormeur pendant un très bref instant. Un réveil bref dont il n’a parfois pas conscience, ni souvenir, mais qui altère fortement la qualité de son sommeil.

Comment détecter les apnées du sommeil ?

En général, les apnées du sommeil sont diagnostiquées chez des personnes qui ronflent. Détendus par le sommeil, les tissus de la gorge vibrent au passage de l’air et émettent ce bruit caractéristique. Après un certain nombre de ronflements, on entend des moments de silence liés à l'interruption respiratoire. La respiration reprend ensuite avec un ronflement bruyant. C’est donc souvent le partenaire qui détecte le problème avec un sujet qui ronfle puis qui s'arrête de respirer et s’étouffe parfois. Une situation qui peut effrayer celui qui partage la chambre.

D'autres symptômes peuvent être le signe qu'un sujet fait des apnées pendant la nuit : difficulté à rester endormi et réveil précoce. On observe également des symptômes tels que cauchemars, essoufflements nocturne ou sensation d'oppression.

L'arrêt de la respiration s'accompagne souvent de mouvements : de légers mouvements des jambes, mais parfois aussi des mouvements brusques des bras et des jambes, ce qui peut réveiller le partenaire. Une transpiration excessive ainsi qu'une bouche sèche font également partie des symptômes fréquemment constatés.

Durant la journée, le symptôme le plus évident c'est la somnolence. Quelqu'un qui présente un SAOS a souvent un sommeil non-récupérateur et cela entraîne de la fatigue, mais aussi potentiellement des problèmes de concentration, de l'irritabilité et des sautes d'humeur.

Qu'est-ce-qui provoque ces apnées du sommeil ?

Les apnées de sommeil sont provoquées par la fermeture des voies aériennes supérieure. Cette fermeture peut être causée par plusieurs éléments : 

  • une anomalie dans les voies aériennes supérieures, comme :

    • des malformations de la mâchoire ou de l'articulation mandibulaire
    • une augmentation du volume des tissus mous tels que le palais mou, la langue, la luette ou les amygdales
    • une obstruction nasale causée par une allergie, un rhume, une sinusite ou une sténose des narines
  • un affaiblissement des muscles de la gorge responsables de l'ouverture des voies aériennes
  • la fermeture du larynx ou des voies aériennes supérieures

Chez les enfants, l'apnée du sommeil est généralement due au gonflement des amygdales situées dans le pharynx.

Quels sont les facteurs qui augmentent le risque de faire des apnées du sommeil ?

Les personnes en surpoids sont davantage susceptibles de développer ce syndrome. L'obésité est donc le facteur principal de  risque d'apnée obstructive du sommeil, mais ce n'est pas le seul. Il y a aussi les ronflements qui reprennent des mécanismes similaires aux apnées comme l'ouverture de la gorge étroite et un relâchement des muscles de la gorge. Selon a Mutualité Chrétienne, 10 à 20% des ronfleurs souffrent également d'apnée du sommeil

D'autres facteurs rentrent en ligne de compte comme :

  • La consommation d'alcool, surtout juste avant d'aller se coucher
  • La prise de certains médicaments comme les calmants ou analgésiques à base de dérivés morphiniques
  • Le tabagisme
  • La position dans le lit comme le fait de dormir sur le dos
  • Des facteurs hormonaux : d'ailleurs, chez les femmes, le risque d'apnée augmente fort après la ménopause.

Qui fait des apnées du sommeil ?

L'apnée obstructive du sommeil survient en général entre 45 et 65 ans. Elle est deux à trois fois plus fréquente chez les hommes. Le profil type est donc, généralement, l'homme de plus de 45 ans qui ronfle et qui est en surpoids.

Mais ce n’est pas toujours le cas, certaines personnes ne ronflent pas et ne sont pas en surpoids et souffrent néanmoins d'apnées obstructives. Elles touchent même toutes les catégories de la population. Les femmes sont donc également susceptibles de faire des apnées de sommeil, tout comme les enfants. Particulièrement ceux âgés 2 à 7 ans.

Quels sont les risques des apnées du sommeil ?

Les personnes qui font énormément d'apnées de sommeil pendant la nuit passent des nuits peu réparatrices. Même si le sommeil peut sembler de bonne qualité en apparence, les apnées de sommeil entraînent une fatigue et une somnolence durant la journée qui risquent d'entraîner des accidents de la route, par exemple. D'ailleurs, depuis janvier 2016, les citoyens européens victimes de SAOS doivent présenter un certificat médical pour pouvoir conduire.

Sur le long terme, le manque chronique d’oxygène pendant la nuit peut aussi provoquer de l'hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires comme un infarctus du myocarde (crise cardiaque), voire une hémorragie cérébrale.  Il y a aussi le risque de développer un diabète de type 2, parfois même des dépressions. Par contre, le risque de décès dans son sommeil en raison des apnées est écarté par les médecins.

Les résultats d'une étude de la Pennsylvania State University indiquent que les risques d'hypertension et de diabète sont plus élevés chez les adultes jeunes et d'âge moyen. D'où l'importance d'être diagnostiqué tôt pour éviter ces complications, souligne l'étude.

Comment traite-t-on les apnées du sommeil ?

C’est souvent lorsqu’un patient se plaint de fatigue persistante que le médecin décide de prescrire une analyse complète, qualitative et quantitative, du sommeil.

Pour poser un diagnostic et préciser le degré de sévérité du syndrome, l'examen de référence est la polysomnographie. Cet examen consiste à enregistrer en continu et à analyser un ensemble de paramètres impliqués dans les états de veille et de sommeil d'une personne. L'examen permet également de "monitorer" son activité cardiorespiratoire au cours de la nuit. Un micro permet également d'analyser les ronflements du patient. 

Le patient qui passe cet examen reste généralement une nuit, parfosi deux, sous observation après avoir été équipé d'une série de capteurs pour enregistrer tous ces paramètres. Quelques jours ou semaine plus tard, les résultats sont analysés puis transmis à un médecin qui en fonction de l'examen pose un diagnostique et propose éventuellement un traitement.

Des laboratoires du sommeil se sont développés un peu partout en Belgique. De nombreux hôpitaux belges ont un service dédié aux analyses du sommeil.

Plusieurs façons de traiter les apnées

Après l'examen d'analyse du sommeil, il faut donc compter plusieurs jours voire plusieurs semaines pour avoir des résultats qui seront analysés par un spécialiste. Si des apnées de sommeil importantes sont constatées, le médecin envisagera avec vous les différents traitements possibles, comme :

  • La gouttière de nuit : il s'agit d'une orthèse d’avancée mandibulaire (OAM). C'est un appareil orthodontique que vous portez pendant le sommeil. Elle est essentiellement prescrite pour un SAOS "léger".
  • La CPAP : c'est un dispositif qui envoie de l’air en continu dans les voies respiratoires par le biais d’un tube et d’un masque. Le jet d’air crée suffisamment de pression pour garder les tissus ouverts, donc les voies respiratoires ne peuvent s’affaisser ou se fermer pendant le sommeil. C'est à l'heure actuelle le traitement le plus efficace. 
  • L'opération chirurgicale : dans certains cas, lorsque le traitement par ventilation CPAP ne fonctionne pas ou n’est pas bien toléré, une opération chirurgicale peut être envisagée.

La CPAP et la gouttière de nuit sont partiellement remboursées par l'INAMI, moyennant des conditions définies par l'Institut.

C'est quoi une CPAP ?

Son nom vient de l’abréviation de la locution anglaise "Continuous Positive Airway Pressure" ou ventilation à pression positive continue. C'est donc un appareil qui insuffle de l’air en continu par le nez, grâce à un masque que l’on porte la nuit. Ce masque est relié à un dispositif qui envoie l'air et le transporte vers le masque. 

>> À lire aussi : Apnées du sommeil : "Sans ma CPAP, je n'arrive pas à dormir"

Plusieurs modèles d’appareils et de masques sont disponibles, notamment des appareils connectés et design. L’air insufflé permet de maintenir les voies respiratoires ouvertes en continu, ce qui supprime les apnées et supprime les ronflements. Bien que ce traitement soit extrêmement efficace, il faut prendre le temps de s’habituer à dormir avec le masque.

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