De plus en plus de Belges privés d'assurance auto

De plus en plus de Belges privés d’assurance auto
De plus en plus de Belges privés d’assurance auto - © JFH

Près de 30 000 conducteurs ont vu leur dossier rejeté par leur assureur l’an dernier. Les temps sont durs pour les automobilistes habitués aux accidents de la route. Impossible de trouver un assureur qui accepte de les couvrir, même avec une prime extrêmement élevée. Pourtant, l’assurance responsabilité civile (RC) est obligatoire en Belgique. Ces conducteurs n’ont donc d’autre choix que de se tourner vers le bureau de tarification auto. Depuis 2003, cet "assureur de la dernière chance" permet aux exclus de retrouver une assurance à un prix raisonnable. Comptez tout de même 1000 euros en moyenne.

"La plupart des conducteurs belges qui doivent s’adresser au bureau de tarification, le font suite à une succession d’accidents avec des circonstances aggravantes comme la boisson, le délit de fuite ou le retrait de permis de conduire", précise Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia, la fédération qui représente les assureurs.

29 340 Belges se sont retrouvés dans cette situation l’an dernier. C’est 6500 de plus que l’an dernier et si on compare avec 2012, le nombre de dossiers traités par le bureau de tarification auto est en hausse de 60%, du jamais-vu.

"Une stratégie commerciale"

Une hausse impressionnante qui interpelle Test-Achats. La société de défense des consommateurs dit avoir recueilli des témoignages d’automobilistes exclus, alors même qu’il n’étaient pas en tort dans les accidents pointés par leur assureur. Pour Julie Frère, la porte-parole de Test-Achats, exclure les automobilistes à risque fait partie d’une stratégie commerciale pratiquée par les assureurs : "ils essayent d’attirer les bons conducteurs en leur offrant des primes très attractives et très concurrentielles. A l’inverse, les assureurs tentent de se débarrasser des conducteurs à risque, soit en ne leur proposant aucun contrat, soit avec des primes très élevées".

Précisons enfin qu'après un an, l'automobiliste quitte automatiquement le bureau de tarification auto pour revenir sur le marché classique des assurances. Une période probatoire, en quelque sorte, qui doit permettre à l'automobiliste de retrouver des tarifs moins prohibitifs, du moins s'il n'a connu aucun accident.

Sarah Devaux avec Martin Bilterijs et Adeline Bauwin

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