De la bataille de Solferino en passant par le prix Nobel, qu’est-ce finalement que la Croix-Rouge ?

Cela a été le réflexe de nombreux Belges après les inondations : faire un don à la Croix-Rouge. Il faut dire que l’organisation humanitaire est une référence en Belgique. Pourtant, s’il a d’abord été salué, l’organisme a vite été critiqué pour sa gestion. Mais finalement, c’est quoi la Croix-Rouge ? Quel est son rôle ? Et depuis quand existe-t-elle ?

Difficile de ne jamais avoir entendu parler de la Croix-Rouge. Et pour cause, le réseau ne rassemblerait pas moins de 97 millions de volontaires, membres et employés à travers le monde. Il s’agirait dès lors de l’organisation humanitaire la plus importante… et surtout l’une des plus anciennes.

Le déclic à Solferino

A la genèse, Henry Dunant, un homme d’affaires genevois. Nous sommes alors en 1859 et le Suisse décide de partir à Solferino, sur le territoire de l’actuelle Italie. Là où s’affrontent les armées françaises et autrichiennes.

Certains racontent qu’Henry Dunant s’y serait rendu pour obtenir une audience de Napoléon III. Mais une fois sur place, l’homme constate avec horreur les ravages du champ de bataille. La quête initiale est alors vite oubliée, et l’homme d’affaires organise un secours improvisé des blessés. Avec une spécificité : tout le monde peut obtenir des soins, peu importe le camp.


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De retour en suisse, Henry Dunant est ébranlé. Il se lance alors dans l’écriture d’un livre intitulé "Un souvenir de Solferino". C’est un "véritable plaidoyer pour l’action humanitaire", selon le site de la Croix-Rouge belge.

"Deux recommandations y sont formulées : la création de comités nationaux de secours composés de volontaires en vue de dispenser des soins aux blessés en temps de guerre et l’élaboration d’une convention internationale qui servirait de base à ces sociétés de secours et les protégerait."

Naissance de la Croix-Rouge

L’idée d’une organisation humanitaire commence donc à germer. Et finalement, le 17 février 1863, "cinq citoyens genevois, dont Henry Dunant, contribuent à la création du Comité international de secours aux blessés. Il deviendra officiellement le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en 1875."

Henry Dunant choisit alors un emblème reconnaissable parmi tous : une croix rouge sur fond blanc, par inversion des couleurs du drapeau suisse. C’est derrière ce symbole que le Comité international de la Croix-Rouge œuvre encore aujourd’hui à la protection des blessés de guerre à travers le monde, peu importe le camp de la victime. Une cause qui a valu au CICR trois Prix Nobel de la Paix. Un record.

L’assise locale

Dès la fin 1863 et le début de l’année 1864, des sociétés nationales de la Croix-Rouge voient le jour. Créée le 4 février 1864, la Croix-Rouge de Belgique est d’ailleurs la plus ancienne de ces assises locales.

Mais les Croix-Rouges ne sont pas les seules Sociétés nationales. Dans de nombreux pays musulmans, on retrouve le Croissant-Rouge. Pourquoi ? Même si l’emblème de la Croix-Rouge n’a rien de religieux, certains pays ont préféré s’en détacher. En Israël, la société s’intitule même Cristal-Rouge.

Si le Comité international de la Croix-Rouge intervient en situation de guerre, notamment pour faire respecter la convention de Genève, les 190 Sociétés nationales répondent quant à elles aux besoins particuliers de chaque pays. C’est alors les gouvernements qui définissent le rôle d’intervention de ces organismes locaux.

Évacuation de blessés ou des corps sans vie, opérations de recherche et de sauvetage, évacuation de personnes menacées, gestion des logements, rétablissement des liens familiaux, opération des services d’ambulances… Telles peuvent être, selon la Fédération internationale, les missions des Sociétés nationales de la Croix-Rouge.

Et chez nous ?

En tant qu’"auxiliaire des pouvoirs publics dans l’ensemble de leurs activités humanitaires", la Croix-Rouge de Belgique est reconnue d’utilité publique depuis 1845. Ses 11.000 volontaires bénévoles et 1200 salariés ont des missions de quatre ordres :

  • "Prévenir les crises médico-psycho-sociales et contribuer à les résoudre par des activités d’éducation, de formation et par notre présence sur le terrain" ;
  • "Lutter contre l’isolement et la marginalisation par le renforcement des liens sociaux entre les personnes" ;
  • "Encourager la tolérance en respectant la diversité culturelle de notre société" ;
  • "Dans le respect des valeurs fondatrices, remplir des missions structurelles mandatées par les pouvoirs publics"

Ce faisant, la Croix-Rouge de Belgique intervient lors de catastrophes aux côtés des services de secours, mais elle s’occupe également de l’aide aux migrants, aux personnes âgées, de l’aide alimentaire et de bien d’autres actions sociales.

Qui finance quoi ?

Les dépenses et le budget de la Croix-Rouge de Belgique sont strictement surveillés. Le service Contrôle de Gestion veille quotidiennement à leur respect. Par ailleurs, "les instances qui financent les activités opèrent un contrôle systématique. Fedasil par exemple contrôle les dépenses relatives à l’accueil des demandeurs d’asile ; l’Union européenne et la Direction générale de la coopération au développement contrôlent la branche Activités Internationales."

A noter que dans le budget 2019, les deux ressources les plus importantes proviennaient des subventions publiques pour l’accueil des demandeurs d’asile (pour plus de 100 millions d’euros) ainsi que des dons de particuliers et d’entreprises (pour plus de 10 millions d’euros).


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Mais rien que lors des récentes inondations, la Croix-Rouge a récolté plus de 30 millions d’euros de dons. Bien plus qu'en 2019, donc. Malgré les critiques, cela reste la preuve de la popularité de l’organisation.

Dans l’esprit de certains, la Croix-Rouge fait écho aux dons de sang. Dans celui d’autres, c’est désormais aux images des inondations qu’elle fera penser. En Belgique, l’histoire de la Croix-Rouge est longue de plus de 170 ans. Et elle n’est pas près de s’arrêter là.

Reportage de notre JT du 20 juillet :

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