De Gelder: "une schizophrénie ne peut pas être exclue"

Ce dernier a indiqué que Kim De Gelder prend notamment du Zyprexa et du Risperdal comme antipsychotiques et du Efexor comme antidépresseur. Jan Cordonnier a par ailleurs affirmé qu'en prison, des antipsychotiques sont aussi administrés à des patients non-psychotiques.

Questionné sur le type de médicaments qu'il prend actuellement, De Gelder a répondu: "Ca, je ne sais pas le dire. Je reçois une médication de l'infirmière ou des gardiens. Une pilule le matin et deux le soir". Il a été constaté que l'antipsychotique Zyprexa n'était plus présent dans le sang de De Gelder à un moment, bien que cela lui était prescrit. "Nous nous basons donc sur le fait qu'il ne le prend plus depuis un petit temps déjà. Son antidépresseur Efexor, il le prend encore", explique le médecin.

"Cela devient une histoire hallucinante", a réagit l'avocat de l'accusé. "Si j'examine vos tableaux, il a pris quasi en continu du Zyprexa et de l'Efexor. Du Zyprexa lui a donc été administré mais n'a jamais été retrouvé. Vous devez maintenant m'expliquer, comment il aurait tout jeté? (..) On dit que De Gelder ne présente pas de syndrome, mais il est bourré d'antipsychotiques. Pourquoi? C'est la question cruciale, selon moi." L'avocat de la partie civile Jef Vermassen est également intervenu.

"Selon le prélèvement de sang, il ressort qu'il prend bien l'antidépresseur mais pas l'antipsychotique. Il connaît donc la différence". Affirmation que Me Haentjens a contestée: "il reçoit deux pilules et il ne sait pas les distinguer l'une de l'autre"

"Un modèle de détenu"

Un gardien et une gardienne de prison sont venus témoigner devant la cour d'assises de Flandre orientale ce mardi matin. Le premier a indiqué avoir vu changer Kim De Gelder en prison : "Un modèle de détenu" devenu "révolté". La deuxième gardienne a, elle, déclaré qu'elle avait vu l'accusé parler à ses tartines et contre la neige. Kim De Gelder était "un modèle de détenu" au cours de la première période durant laquelle il a séjourné dans le département haute sécurité de la prison de Bruges, a déclaré mardi un gardien de prison devant la cour d'assises de Gand. L'accusé était très craintif et se comportait "comme à l'armée". Le gardien a expliqué qu'il a ensuite vu le comportement de Kim De Gelder changer.

Il est devenu révolté. "Il se dissimulait sous la table ou le lit et a fait plusieurs fois la grève de la faim, je crois", a témoigné le gardien. Kim De Gelder devait être contrôlé tous les 7,5 minutes par crainte d'un suicide.

Le gardien a indiqué que l'accusé a refusé à plusieurs reprises de prendre ses médicaments. Son comportement a changé après plusieurs jours dans un sens négatif, a-t-il constaté.

Le ministère public a demandé au gardien s'il avait connaissance d'un incident avec un co-détenu. Kim De Gelder aurait lancé à un musulman des "sales choses sur sa mère". Le gardien a confirmé que l'accusé avait prononcé des "choses vulgaires".

Kim De Gelder lisait des livres à la prison, selon le gardien. Il était intéressé par les ouvrages sur les syndromes. "Il y avait également beaucoup de Bob et Bobette", a indiqué l'avocat Jef Vermassen.

Avant que Kim De Gelder ne demeure dans le département haute sécurité, il a d'abord séjourné au centre médical de la prison. Un gardien de ce département a expliqué que l'accusé ne voulait d'abord pas parler. Lorsqu'un gardien a réussi à lui parler, Kim De Gelder a pleuré en silence. Quelques jours plus tard, les discussions étaient faciles. Le gardien a été frappé que Kim De Gelder connaissait bien l'évolution des cellules cancéreuses.

"J'ai été bien payé" pour les meurtres

Une gardienne du département haute sécurité de la prison de Bruges est également venu témoigner devant la cour d'assises de Flandre orientale. Pour elle, Kim De Gelder a vraisemblablement voulu faire le "mariole" lorsqu'il a déclaré à un co-détenu, à propos des meurtres, qu'il "avait été bien payé".

Précisons que deux gardiennes du département haute sécurité ont pu entendre, cinq mois après l'arrestation, une conversation entre Kim De Gelder et un co-détenu. "Est-ce que les personnes les plus lourdement condamnées vont me faire des problèmes parce que j'ai tué ces enfants? ", a-t-il demandé. Le détenu a répondu par l'affirmative mais Kim De Gelder a indiqué qu'il n'avait pas peur. Il a également confié que son psychiatre lèverait le secret professionnel et témoignerait qu'il doit être interné. "Ces idiots ici pensent que je me trouve dans un état de psychose mais ils ne savent pas que je joue avec leurs pieds", a affirmé Kim De Gelder. "J'ai été bien payé", a également raconté l'accusé au détenu.

"Est-ce que vous trouvez ces propos normaux? ", a demandé l'avocat de Kim De Gelder, Jaak Haentjens, à la gardienne. "Il a peut-être simplement voulu faire le mariole. Les détenus le font entre eux", a-t-elle témoigné. "N'est-ce pas un signe clair d'un manque de notion de la réalité? ", a sondé Jaak Haentjens. "Faire le mariole est très normal, également pour un détenu âgé de 20 ans (à l'époque). Nous le constatons quotidiennement." La gardienne a également confirmé qu'elle avait vu que, durant son séjour à Bruges, Kim De Gelder parlait à ses tartines et contre la neige.

La schizophrénie chez Kim De Gelder "ne peut pas être exclue", estime pour sa part le psychologue qui le traite à la prison de Bruges.

Manipulateur, mais peut-être schizophrène, estime son psychologue

"Kim De Gelder est, dans tous les cas, un manipulateur", a expliqué le psychologue. Le problème avec son état de psychose, c'est que l'on ne sait pas si De Gelder a tout simulé, ou juste une partie. Un examen de schizophrénie n'a pas été effectué, mais cela ne peut pas être exclu, selon le psychologue. "Ça reste un homme étrange avec un parcours très bizarre, qui a commencé tôt", selon l'homme qui se réfère aux déclarations des parents de l'accusé. A l'âge de 11 ans, Kim De Gelder aurait souffert d'anorexie et, à 15 ans, de dépression.

Le psychologue envisage des troubles du "spectre autistique", mais il y a encore beaucoup à examiner. "Il a une manière très rigide de parler et de se déplacer, a des fixations sur toutes sortes de choses et présente de sérieuses lacunes sur le plan social", explique-t-il. En tant qu'enfant, De Gelder n'a pas su s'intégrer facilement, ce qui, selon le psychologue, est également le cas dans le cadre de la prison.

Il se dit presque sûr d'un diagnostic de bipolarité (maniaco-dépressif), mais n'ose pas s'exprimer sur son état de psychose.


Avec Belga

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