Coronavirus : de célèbres masques de plongée deviennent des respirateurs artificiels à l'hôpital Erasme

L’épidémie de coronavirus – Covid-19 – est un vrai défi pour le personnel médical. Jamais autant de masques, gants, respirateurs artificiels n’avaient été nécessaires au même moment et partout dans le monde. Cette pénurie de matériel a stimulé la créativité de certains médecins.

Aujourd’hui, dans plusieurs hôpitaux, les fameux masques de plongée de Decathlon sont utilisés comme respirateurs artificiels. Ce sera le cas à l’hôpital Erasme dès lundi.

L’idée a germé dans la tête d’un ingénieur italien qui voulait créer un masque respiratoire d’urgence. Sur un masque Decathlon, il a disposé des valves de respirateur imprimées en 3D.

Alessandro Romaioli se souvient des réactions lorsqu’il est arrivé à l’hôpital de Brescia avec son prototype : "Le personnel a eu peur, il se demandait ce que nous faisions. Mais quand nous avons démontré le déroulement des opérations, tout le monde a été stupéfait".

À la suite de ce test concluant, l’ingénieur mécanique et son équipe diffusent les plans du projet, gratuitement et dans plusieurs langues. Et le reste du monde s’en est emparé.

Moins invasif

À l’hôpital Erasme de Bruxelles, les caisses de masques viennent tout juste d’arriver. L’hôpital en a désormais 50 à disposition et ses médecins ont fait leurs propres petites adaptations. Frédéric Bonnier, kinésithérapeute aux soins intensifs, a étudié les plans italiens.

"La valve conçue par les Italiens nous a semblé assez compliquée à fabriquer, assez lourde, pas très commode, et donc on a eu l’idée de pousser un petit peu plus loin la réflexion et de développer nous-mêmes notre propre connexion", explique-t-il.


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Alors comment ça fonctionne ? Le masque est branché à plusieurs filtres et embouts ainsi qu’à un tube et une machine fournissant de l’air pressurisé. Il va aider les patients atteints du coronavirus à mieux respirer.

L’avantage de ce type de masque est de permettre de ventiler le patient sur des périodes plus longues grâce à son confort. Frédéric Bonnier : "Le but est quand même de ne pas arriver à la dégradation ultime, de devoir intuber la trachée du patient et le mettre sous respirateur".

Les pompiers l’utilisent aussi

Certains marins-pompiers de Marseille vont également tester ce masque. En République Tchèque, certains l’ont déjà adopté. Dans ces cas-ci, le masque ne sert pas de respirateur, mais bien de protection.

Il est utilisé comme barrière lors des intubations. Un moment tout particulièrement critique puisque des projections du patient peuvent atteindre les soignants et les contaminer.

De son côté, la marque de sport reste très prudente et rappelle que ce matériel n’a pas été conçu pour cet usage. Toujours est-il que désormais ces masques sont en rupture de stock.

 

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