Dans les écoles, la qualité de l'air est globalement mauvaise

Seuls 3 % des établissements présentent une bonne qualité de l'air (image d'illustration)
Seuls 3 % des établissements présentent une bonne qualité de l'air (image d'illustration) - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

A la demande de l’ONG Greenpeace, 222 écoles ont testé volontairement la qualité de l’air dans leur établissement au mois de novembre. Pendant un mois, elles sont placé plusieurs éprouvettes dans trois endroits: à l’entrée de l’école, dans la cour de récréation et dans une classe représentative de la qualité de l’air de l’école.

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C’est le bureau indépendant néerlandais BuroBlauw spécialisé dans l’analyse de l’air qui a ensuite pris la main. Les résultats ont été communiqués ce mercredi matin par Greenpeace. Seuls 3% de ces établissements présentent une bonne qualité de l’air tandis que dans 61% des écoles, la qualité de l’air est préoccupante voire mauvaise. "Dans certaines écoles, les mesures dépassent même les normes de l’union européenne et de l’OMS", insiste Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace.

Les gaz d'échappement influencent la qualité de l'air dans l'école

D’après les conclusions de BuroBlauw, c’est la proximité du trafic et les gaz d’échappement qui influencent la qualité de l’air des écoles. Cela n’étonne pas Catherine Bouland, professeur de santé environnementale à l’Ecole de Santé publique de l’ULB. "Je m’attendais même à des résultats encore plus élevés connaissant la configuration des routes où sont placées les écoles".

Focus sur le dioxyde d'azote

C’est le taux de dioxyde d’azote plus précisément qui a été analysé. "Le dioxyde d’azote est dû à la pollution des véhicules diesel essentiellement", ajoute Juliette Boulet. De quoi coller à la campagne de Greenpeace contre les véhicules diesel. L’ONG compte d’ailleurs communiquer les résultats de l’enquête au monde politique en espérant qu’il prenne des mesures de limitation du trafic aux abords des écoles. "Le diesel est en effet responsable, confirme Catherine Boland, mais il n’est pas le seul. Dès que l’on brûle des matières organiques de manière incomplète, on peut avoir du dioxyde d’azote, une cuisinière au gaz ou du chauffage au mazout ou au gaz, relargue également du dioxyde d’azote".  

Il y a un risque sanitaire direct

Pour la scientifique, il faut agir sur toutes ces sources de pollution. Car le dioxyde d’azote est mauvais pour la santé. "Il y a un risque sanitaire direct de maladie respiratoire, d’exacerbation de problèmes sous-jacent, des allergies, de l’asthme mais aussi un développement des poumons qui peut être incomplet et cela a des conséquences pour la vie".

Les zones urbaines plus affectées

Il ressort des conclusions de BuroBlauw, que les concentrations en dioxyde d’azote sont en moyenne nettement plus élevées dans les zones urbaines que dans les zones rurales, sauf dans les cas où l’école se trouve dans une rue étroite et bordée par de hauts bâtiments. Les concentrations ont dès lors tendance à stagner.

Ce qui rassure Catherine Boland, c’est la qualité de l’air dans les classes, moins mauvaise qu’escomptée. Avec un bémol toutefois : il faut aérer les classes pour éviter l’accumulation de CO², de sueur, d’humidité dans les classes. Comment les aérer avec l’air le moins pollué possible ? En évitant d’ouvrir les fenêtre côté rue et pendant les heures de pointe. "Mais quand on est avec une classe de 20 à 25 enfants, il faut presqu'aérer à chaque heure de cours. Donc les moments idéaux qui seraient la nuit, le soir, en dehors des embouteillages, ne sont pas réalistes".

D'où l'intérêt d'agir directement sur la présence de véhicules aux abords des écoles. Comme l'a fait par exemple l'école de "De Vier Winden" à Molenbeek. En accord avec les autorités communales, le trafic y est suspendu au moment où les enfants arrivent à l'école.

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