Dachau, en 1933, c'était l'incarcération moderne!

Le collège Saint Étienne de Mont-Saint-Guibert visite le Fort de Breendonk, comme chaque année. Les élèves savent de quoi il retourne. Certains sont déjà allés en visite à Auschwitz. Ils connaissent les atrocités qui ont été commises par le régime nazi. Il n’empêche, la visite de ce camp nazi en Belgique, ne les laisse pas indifférents… " C’est toujours un choc ", explique Quentin. Et à la question "Qu’est-ce qu’Hitler évoque pour toi ?", il enchaîne "la manipulation, l’extermination".

Victor Van Rompaey et Jean Louis van Hoeberghen sont guides au Fort de Breendonk depuis des années. Ils montrent ce qu’ont vécu les résistants qui étaient amenés dans ce camp : les tortures, le travail forcé, la malnutrition. Les photos des bourreaux de Breendonk ne laissent pas les élèves indifférents. On y voit des soldats SS qui ont commis de terribles exactions. On y voit aussi la femme du major Schmitz, qui dirigeait le camp, et qui se moquait des prisonniers, et son chien, qui a plusieurs fois mordu les détenus, leur infligeant des blessures mortelles.

Au fil des pièces, des cellules de deux mètres carrés, de la salle de torture, on perçoit mieux la réalité de l’horreur qui s’’est déroulée en ces lieux.

Pourtant, quand Himmler annonce l’ouverture du camp de Dachau en mars 1933, la presse internationale est plutôt élogieuse. "Et le camp de concentration est quelque chose dont on est très très fier", explique Pieter Lagrou, professeur d’histoire contemporaine à l’ULB. "On invite la presse internationale à visiter ce lieu de rééducation moderne, tellement plus moderne que ces prisons du 19ème siècle où les prisonniers croupissent dans des cellules. Là, on est dans la forêt, au grand air, où les détenus vont être rééduqués par le travail. Et d’ailleurs la presse internationale le décrit en des termes très favorables. C’est la modernité le camp de concentration !" .

Ce qu’on sait moins, c’est que les personnes incarcérées sont souvent des prisonniers politiques, ou des allemands " qui sortent du lot " (juifs, homosexuels, handicapés, tziganes…), qui font obstacle à la " pureté de la race allemande ", obsession d’Hitler.

"Une opinion qui devient de plus en plus importante va estimer que cette liberté d’expression, c’est une cacophonie, et va estimer que si on doit la payer si cher, il vaut peut-être mieux avoir un régime qui la limite plus".

Car, on l’oublie souvent, de nombreux hommes politiques au sein des partis traditionnels sont fascinés par le miracle économique allemand. Hitler résorbe le chômage en deux ans, là où les démocraties parlementaires patinent. Le fascisme mussolinien a aussi plus ou moins échappé aux conséquences de la crise de 29.

Et on a vu où ces régimes autoritaires ont amené : les camps de concentration se sont multipliés, de plus en plus de gens ont été déportés.

Les chiffres diffèrent selon les sources, mais on estime à 10 millions le nombre de victimes juives et non-juives de la répression nazie, à la fin de la guerre mondiale.

RTBF

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