D'Ath au Kivu, le témoignage du Dr Patrick Peeters, pédiatre et "médecin sans vacances"

Photo souvenir d'une mission à l'Est de la RDC
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Photo souvenir d'une mission à l'Est de la RDC - © Dr P. Peeters

En cette saison où l'on voit défiler sur les réseaux sociaux les images de vacances, les apéros en terrasse, les pieds en éventail sur fond de plage paradisiaque... voici d'autres images. Celles qui sont ramenées par des médecins et infirmières qui ont choisi de consacrer leurs jours de congés à l'ONG "Médecins sans vacances". Des images qui viennent de la République Démocratique du Congo, du Burundi, du Rwanda, du Burkina Faso et du Bénin. Les cinq pays d'Afrique où sont organisées chaque année environ 150 missions de MSV. Mais avant de voir en quoi consiste le travail des volontaires qui s'y investissent, voyons d'où vient le nom de cette ONG belge. Le Dr Patrick Peeters, pédiatre à la retraite, vivant à Ath, remonte aux origines: "en 1982, deux médecins,  sont allés au Cameroun en touristes, là ils ont rencontré des Frères de la Charité qui leur ont dit, c'est bien de venir nous voir mais l'an prochain, vous viendrez comme médecins, sans vacances...". L'idée de départ était donc pour les médecins de partir en missions courtes, pendant leurs congés et d'apporter leur expertise. "Au tout début, il s'agissait d'opérer des adultes et des enfants pour lesquels il n'y avait pas de solutions sur place mais la situation a évolué...", ajoute le Dr Peeters.  En 1992, "Médecins sans vacances" est devenue une ONG et les missions ont changé. Désormais, il ne s'agit plus pour les volontaires belges d'aller poser des actes médicaux et de donner des soins en lieu et place du personnel local mais bien de prendre en charge des missions de formation. Comme l'explique le Dr Peeters, ces missions sont basées sur le principe du "trajet de renforcement de capacités: les médecins des pays africains où nous allons commencent par réfléchir à la meilleure façon d'améliorer les activités médicales et administratives de leur hôpital". La traumatologie, les soins intensifs en pédiatrie, la gestion des stocks de matériel... voici quelques exemples des axes de travail. Le soutien de l'ONG se déroule ensuite sous forme de missions, effectuées par des volontaires qui se relaient pour assurer les formations et le suivi. Ils restent chacun deux ou trois semaines sur place.

Répondre à une demande de formation continue

Il ne s'agit donc pas pour les médecins, infirmiers, sages-femmes, kinés, etc... d'aller faire quelques semaines de bénévolat dans un hôpital africain. Leurs missions sont précisément définies et répondent à une demande du personnel local, en collaboration avec d'autres associations. Voilà pour le contenu, mais cela ne nous dit toujours pas ce qui motive ces hommes et ses femmes - soumis toute l'année à des professions stressantes et éprouvantes - à renoncer à une précieuse période de repos. Le Dr Peeters répond à cette question en racontant avec enthousiasme la joie qu'il a éprouvée à créer à partir de zéro un service de soins intensifs pour enfants. Mais il parle aussi de "la joie de transmettre des connaissances acquises au fil des années et puis de voir que ça marche, que les collègues locaux trouvent des solutions parce que c'est eux qui font le travail...". Entre 300 et 400 personnes partent chaque année en mission comme le Dr Peeters. Parmi eux 55% qui exercent une profession paramédicale et 45 % de médecins avec une grande variété de spécialités. "Médecins sans vacances" est subsidiée en tant qu'ONG mais elle fonctionne principalement grâce aux dons et surtout grâce aux professionnels qui offrent gracieusement leurs services.  

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