"Cyberharcèlement : il faut éduquer aux médias sociaux "

"Cyber-harcèlement : il faut éduquer aux médias sociaux "
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À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous avons posé plusieurs questions concernant le cyberharcèlement sexiste. Comment se manifeste-t-il en ligne ? Est-il punissable ? Les femmes en sont-elles davantage victimes que les hommes ? Pour faire le point, sur le plateau de CQFD : Sarah Schlitz, secrétaire d'Etat à l’égalité des genres et des chances et Renaud Maes, sociologue, enseignant à l’université Saint-Louis et à l’ULB.

Le cyberharcèlement sexiste en augmentation

"Ces violences en ligne, elles s’inscrivent dans la lignée des violences que les femmes subissent dans l’espace public." Ce sont les mots de Sarah Schlitz, secrétaire d'Etat à l’égalité des genres et des chances.

Renaud Maes le confirme : " Ce qui se passe en ligne, c’est la transposition des rapports qui structurent nos sociétés. C’est un miroir grossissant de phénomènes qui sont des phénomènes sociaux plus généraux. Quelles sont les solutions ? Il faut des mesures plus structurelles. Pour le moment, les démarches sont individuelles. Il faut porter plainte, c’est certain, mais il faut un arsenal qui puisse être déployé. D’un côté, il y a un effort à faire dans la dimension répressive, mais il y a aussi un effort du côté de la prévention. Il faut éduquer aux médias sociaux et pas seulement les plus jeunes ".

Une loi contre le cyberharcèlement ?

"Il existe la loi contre le sexisme de 2014. Mais d’autres mesures concrètes vont être prises, comme changer l’article 150 de la Constitution qui permettrait de poursuivre les délits de haine sexistes. Actuellement, on applique la loi sur les délits… Or, les délits de presse doivent être jugés en cour d’assises. Forcément, les plaintes n’aboutissent pas ". Sarah Schlitz veut faire évoluer la loi de 2014. " Il faut éduquer, former à ce qu’est le harcèlement sexiste pour que la loi soit aussi mieux comprise". Elle évoque aussi le renforcement d’équipe pour lutter contre le harcèlement en ligne. " La piste de renforcer les équipes au niveau de la police est sur la table. Dans le prochain plan national de sécurité, c’est un point qui sera mis en priorité ".

Harcèlement versus critiques

Renaud Maes précise : " Il y a une série de critères utilisés pour définir le harcèlement et le premier c’est le caractère répété des attaques. Ensuite, ce que l’on voit très bien par rapport, par exemple, aux personnalités politiques attaquées, c’est qu’il y a une frontière entre le fait d’attaquer quelqu’un sur la politique qu’il mène et attaquer une personne sur une série d’attributs personnels. On le voit très bien en Belgique, il y a une différence entre les attaques adressées à des femmes et celles faites aux hommes. Les femmes politiques sont particulièrement ciblées par des attaques sur leur physique, leur compétence remise en cause par des attributs féminins. Du coté des hommes, on va plutôt se moquer de la manière dont ils parlent, du contenu de leur discours."

 

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