Cyber-harcèlement: un jeune homme de 25 ans reconnu coupable de viol "à distance", une première en Belgique

Ce matin, un jeune homme de 25 ans ayant harcelé de nombreuses jeunes adolescentes sur les réseaux sociaux pendant près de 5 ans a été reconnu coupable d’attentats à la pudeur, d’incitation à la débauche, et de plusieurs autres préventions dont le viol.

Cet individu était entendu lors d'une audience devant le tribunal correctionnel de Bruxelles ce matin. Le président du tribunal a fait l’étalage de "faits nombreux, et graves".

Entre 2011 et 2016, cet individu a harcelé plusieurs jeunes adolescentes. Caché derrière plusieurs faux profils Facebook, il demandait à ces nombreuses jeunes femmes, dont la plus jeune était âgée de 13 ans, de s'adonner à des pratiques sexuelles en vidéo mais aussi de lui envoyer des photographies. Si elles refusaient, il menaçait de publier des images d'elle, dénudées, selon le quotidien La Libre.

Sous tous ces pseudos ne se cachaient en réalité qu'une seule et même personne mais l'homme n'a pas limité son emprise à Facebook, il était également actif sur Whatsapp ou encore Viber.

Un viol sans contact physique

Parmi les chefs d'inculpation, le viol, malgré l'absence de rencontre hors du cadre des réseaux sociaux. En cause : l'accusé a forcé une jeune femme de 15 ans à l'auto-pénétration sexuelle.

"Même s'il n'y a eu aucun contact physique, c'est un viol. Il n'y avait pas de consentement et il a manipulé la jeune par un véritable chantage, il l'a donc forcé à se pénétrer digitalement", a déclaré le président du tribunal.

Via diverses menaces l'homme né en 1993 a forcé une jeune fille de 15 ans à l’auto pénétration sexuelle sans aucun consentement lors d’une conversation par webcam après l’avoir menacée de diffuser des photos d’elles compromettantes.

Une première en Belgique

Pour certains spécialistes, il s'agit une première en Belgique. Une condamnation inédite mais pas pour autant illogique d'après les experts puisque toutes les caractéristiques du viol sont réunies.C'est donc un signal fort que ce jugement renvoie.

Etienne Wery, avocat spécialisé dans le droit numérique, parle d'une réelle prise de conscience du monde de la justice: "Il y a quelques années, on pouvait regretter que quand il s'agissait d'informatique, le préjudice était lui aussi souvent considéré comme virtuel. Mais quand on voit les victimes, c’est souvent une vie à reconstruire et la souffrance n’a rien de virtuelle. A présent, les juges le reconnaissent et prononcent des décisions extrêmement sévères, avec un message clair : on n'embête pas son voisin ou sa voisine, ni dans la rue, ni sur internet." 

Un signal de la justice bien nécessaire. En effet, le cyber-harcèlement et l'envoi de photos à caractère sexuel sous la contrainte sont des pratiques de plus en plus courantes chez les plus jeunes. Rappelons qu'un jeune sur trois est victime de cyber-harcèlement, bien que cela ne soit pas toujours d'ordre sexuel.

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