Crise sanitaire et économique : les riches encore plus riches, les pauvres encore plus pauvres

C’est un constat interpellant que pose ce matin l’organisation non gouvernementale Oxfam : les hyper-riches ont déjà largement récupéré ce qu’ils avaient perdu à cause de la crise sanitaire, mais les plus pauvres, eux, en sont encore très loin. Il s’agit du point central de ce rapport annuel sur les inégalités, un rapport qu’Oxfam publie chaque année à l’occasion du Forum de Davos.

"En neuf mois, les 1000 personnes les plus riches au monde, le top 1000 de la liste des milliardaires, ont récupéré l’entièreté de leur fortune. Et pour certains, les dix plus riches, il y a même eu une augmentation de cette fortune collective de 3900 milliards de dollars entre le 18 mars et la fin décembre. C’est donc une récupération vraiment éclair. À titre de comparaison, le même groupe avait mis cinq ans à récupérer sa fortune suite à la crise financière de 2008-2009. C’est dont allé très rapidement pour eux", explique Aurore Guieu, la responsable de l’équipe Inégalités et justice fiscale chez Oxfam Belgique.

Entre 200 et 500 millions de personnes dans la pauvreté

Selon les estimations, la crise sanitaire et son corollaire, la crise économique, ont précipité entre 200 et 500 millions de personnes dans la pauvreté et ce, un peu partout dans le monde. Quand on dit "dans la pauvreté", cela signifie que les personnes en question seraient tombées sous le seuil des 5,50 dollars par jour en 2020. Malheureusement, pour ces personnes-là, la récupération va prendre plus d’une décennie. Parmi ces personnes, on remarque que les femmes ont été massivement touchées par cette double crise sanitaire et économique.

Les femmes plus touchées que les hommes

Un constat se pose pour Aurore Guieu : les femmes sont surreprésentées dans des secteurs qui ont été particulièrement touchés par les crises c’est-à-dire le tourisme ou l’hôtellerie. Elles sont d’ailleurs également surreprésentées dans l’économie informelle.

"Pour l’impact sanitaire, on voit que les femmes ont particulièrement été touchées parce qu’elles représentent 70% du personnel de soins, qui travaillent dans le système de santé ou d’aide sociale dans le monde, et elles ont été vraiment été en première ligne pour ça, mais aussi pour l’impact économique. Là encore, c’est beaucoup lié au type d’emploi".


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Le rapport d’Oxfam démontre que dans les pays à faibles et moyens revenus, 92% des femmes occupent un emploi informel ou précaire qui ont été perdus pendant la crise, mais aussi qui ne leur ouvraient aucun accès à des systèmes de protection sociale comme une assurance chômage.

Quelles solutions pour essayer de réduire ces inégalités ?

Pour réduire ces inégalités sociales en place, plusieurs pistes pourraient être envisagées comme une protection sociale universelle accessible à tous dans les pays où elle n’existe pas, une assurance chômage, une assurance soins de santé, uneassurance retraite et ce, avec l’aide internationale, s’il le faut, pour les pays les plus pauvres. Il serait judicieux d’éviter à tout prix d’imposer à ces pays le retour de l’austérité budgétaire. Sans oublier l’accès des pays pauvres au vaccin contre la Covid.

 

Richesse: inégalité, rapport d'Oxfam 2019 (JT 20/01/2020)

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