Crise du lait: les larmes coulent toujours

Dix ans après la crise du lait, le secteur souffre toujours de la fluctuation des prix.
2 images
Dix ans après la crise du lait, le secteur souffre toujours de la fluctuation des prix. - © rtbf

Le 16 septembre 2009, des centaines de producteurs laitiers venus de toute la Belgique déversaient plus de 3 millions de litres de lait dans un champ à Ciney. Un sabordage spectaculaire pour dénoncer la crise qui frappait alors le secteur. A l’époque, les larmes de Maurice Moureaux, producteur de lait à Flavion, avaient ému l’opinion publique. Dix ans plus tard, sa situation s’est-elle améliorée? Pas vraiment…

"Je vais avoir 60 ans le mois prochain, explique Maurice Moureaux. Il y a presque 40 ans que je travaille et là, je suis en train de dépenser le peu d’argent que j’ai mis de côté pour aider mon fils à payer ses dettes. Ce n’est pas normal!"

D’autant que la vie d’agriculteur n’est pas de tout repos. Lever à 6h du matin, 11 heures de travail par jour, 7 jours sur 7… soit 340 heures de travail par mois. Le calcul est vite fait. "Pour être rentable et m’octroyer un salaire de 2500€ brut par mois, poursuit-il, je devrais vendre mon lait à 39 centimes du litre. En dessous de 35 centimes, je travaille carrément à perte."

Une perte de 2600€ par vache

Mais ces dix dernières années, le prix du lait n’a franchi la barre fatidique des 35 centimes le litre que trois années sur dix. "Sur 10 ans, on a ainsi perdu 2600€ par vache, avance Maurice Moureaux, dont l’exploitation compte 120 bêtes aujourd’hui. C’est énorme ! Et encore, je ne prends même pas en compte l’augmentation des coûts de production intervenus entre-temps, comme le prix de l’énergie."

La crise est telle en Belgique, que près d’un producteur de lait sur quatre a quitté le secteur au cours de ces dix dernières années. Maurice y a pensé, lui aussi. Mais il a tellement investi dans sa ferme qu’il lui est désormais difficile de faire marche arrière.

"De toute façon, je ne conçois pas la vie autrement, admet-il. C’est mon métier. On apporte des produits de qualité sur la table des consommateurs et ça, j’en suis fier. J’essaie donc de garder espoir et de croire en l’avenir. Après, qui a les clés de l’avenir? Ça, je n’en sais rien… ce que je vois, c’est que les politiques ont de moins en moins d’influence sur le cours des choses. Tout semble aux mains de la finance et de la grande distribution."

Direct de Simon Breem depuis Ciney, dans le JT 13h de ce lundi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK