Crise des œufs: 11 perquisitions en Flandre, deux arrestations aux Pays-bas

La police fédérale a mené jeudi des perquisitions en en Belgique et aux Pays-Bas dans le cadre de l'enquête sur la contamination d'œufs au fipronil, a indiqué à l'agence Belga le parquet d'Anvers. 

Des entreprises de désinfection qui utilisent l'insecticide ont principalement été visées, dont la société néerlandaise ChickFriend, spécialisée dans le désinfection d'élevages avicoles, et son fournisseur belge Poultry-Vision.

Coup d'accélération dans l'enquête: 11 perquisitions en Belgique

"Ce 10 août 2017, deux opérations simultanées ont eu lieu en Belgique et aux Pays-Bas, a déclaré le parquet d'Anvers dans un communiqué. En Belgique, environ onze adresses étaient visées partout dans le pays. Les perquisitions ont été réalisées par une septantaine de membres de la police fédérale et de l'AFSCA. Aux Pays-Bas, une septantaine de membres des services spécialisés ont procédé à des perquisitions dans huit sites". 

Du matériel compromettant a été saisi, mais le parquet ne donne pas plus de détails. 

Le parquet d'Anvers a confirmé jeudi qu'une enquête avait été ouverte le 19 juillet sur base d'un signalement de l'Afsca. Des soupçons se portaient en effet sur une entreprises belge, située à Ravels, qui aurait ajouté illégalement du fipronil dans un traitement contre le pou rouge chez les volailles. Cette substance aurait ensuite intégré la chaîne alimentaire, où elle est pourtant proscrite.

Le lendemain, des perquisitions ont été menées, lors desquelles des documents et du matériel informatiques ont été saisis, ainsi que près de 6000 litres de produits interdits. Le gérant de l'entreprise a été interpellé pour audition dans la foulée puis libéré sous conditions.

Faux, pratique illégale de la médecine: 26 suspects en Belgique

Concernant le volet belge de l'enquête, 26 suspects sont identifiés, tant des personnes que des entreprises. L'enquête ne s'oriente pas uniquement vers l'importation et la vente de produits anti-parasites, mais concerne aussi des faits de faux en écriture, pratique illégale de la médecine vétérinaire et infraction à la législation européenne relative aux denrées alimentaires.

"L'appât du gain a conduit à l'ajout de produits interdits dans des traitement utilisés par l'industrie alimentaire, mettant ainsi à mal la sécurité alimentaire et la confiance du citoyen dans cette industrie", a commenté le parquet.

Le directeur de l'une des entreprises perquisitionnée nie toute implication. Il se dit actif dans la filière de la viande de poulet et non des oeufs, a-t-il indiqué dans un témoignage anonyme recueilli par la VRT.

50 entreprises toujours bloquées 

"L'enquête est en cours, continue le parquet. Les résultats seront communiqués au moment opportun, en concertation avec les services concernés". "50 entreprises sont toujours bloquées en Belgique", indique l'Afsca ce jeudi après-midi.

Parmi ces 50 entreprises bloquées figurent 21 exploitations de poules pondeuses et 29 autres exploitations, d'élevages ou de reproduction.

Des échantillons ont été prélevés tant dans des exploitations de poules pondeuses que dans des exploitations d'élevages et de reproduction, souligne l'Afsca. La priorité a toutefois été accordée aux exploitations de poules pondeuses "parce qu'elles livrent directement au consommateur".

Initialement, 86 exploitations avicoles avait été bloquées préventivement, dont 48 de poules pondeuses. Onze des 86 exploitations avaient déjà pu être libérées "après enquête", suivies par 25 autres, dont 20 exploitations de poules pondeuses, à la suite de résultats conformes.

Les administrateurs de Chickfriend arrêtés

Les deux administrateurs du fournisseur de services néerlandais Chickfriend, qui utilisait le fipronil et qui est à la base du scandale, ont été arrêtés ce jeudi aux Pays-Bas.

Antiparasite banni dans les élevages

Ces opérations interviennent alors que la crise des oeufs contaminés continue de préoccuper les autorités sanitaires en Europe, même si les risques pour la santé du consommateur sont a priori limités.

En cause, l'utilisation du fipronil, un antiparasite pourtant strictement banni dans les élevages de poules, par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Dès que la Belgique a donné l'alerte à ses partenaires européens, le 20 juillet, des dizaines de poulaillers ont été bloqués, et des millions d'oeufs ont été retirés des supermarchés de huit pays européens à titre préventif ou parce que leurs taux dépassaient les seuils fixés par la réglementation.

La Belgique a procédé à des retraits préventifs et discrets dès le mois de juillet.

En dehors des pays d'origine, six pays ont annoncé avoir été livrés en oeufs contaminés. Jeudi soir, la Roumanie a annoncé avoir saisi une tonne de jaunes d'oeufs contenant du fipronil, en provenance d'Allemagne.

Le Royaume-Uni, qui avait jusque-là affirmé n'être que marginalement touché, a annoncé jeudi que 700.000 oeufs contaminés avaient été importés pour être utilisés dans la fabrication de produits alimentaires.

Au Luxembourg, le distributeur Aldi a dû retirer ce qui restait de deux lots d'oeufs, dont un présentant des taux de fipronil les rendant impropres à la consommation par des enfants en bas âge.

En France, cinq entreprises spécialisées dans les produits dérivés ou transformés à base d'oeufs ont reçu des lots contaminés et un élevage a été bloqué.

Sujet sur le fonctionnement de l'AFSCA

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