Créer de l'énergie à partir de l'eau des égouts: le défi de Vivaqua

Créer de l'énergie à partir de l'eau des égouts: le défi de Vivaqua
Créer de l'énergie à partir de l'eau des égouts: le défi de Vivaqua - © Tous droits réservés

Comment diminuer son empreinte écologique ? Chacun peut agir à son échelle, mais cela ne suffira sans doute pas. Aujourd'hui, dans tous les secteurs consommateurs d'énergie, on réfléchit à des alternatives. En voici une originale : à Bruxelles, on expérimente un nouveau système qui récupère la chaleur des égouts.

Récupérer la chaleur de nos eaux usées, c'est l'expérience grandeur nature menée quelques mètres sous nos habitations, et plus précisément dans ces égouts où se déversent les eaux usagées des lave-linges, des baignoires ou des lave-vaisselles.

Dans les égouts, la température de l'eau est étonnamment élevée et constante. Des tuyaux noirs placés dans les tunnels forment un échangeur de chaleur qui va capter les calories, explique Olivier Broers, responsable du bureau d'études Vivaqua. "On va puiser de l’énergie des eaux, qui est de 15 à 20°C".

"Dans cet échangeur de chaleur, circule de l’eau glycolée (à laquelle on ajoute du glycol pour qu'elle ne gèle pas, ndlr), à une température inférieure à l’eau d’égout, et c’est par ce biais là qu’on va puiser la chaleur des eaux d’égout et l’acheminer vers une pompe à chaleur que l’on a dans le local technique", poursuit-il.

Une fois captées, les calories sont acheminées une centaine de mètres plus loin, jusqu'à la pompe à chaleur. Très efficace en termes de rendement, cette pompe à chaleur "concentre" ces calories pour atteindre une température suffisante, et donc alimenter un radiateur, par exemple.

"Puisque c’est de l’électricité qui fait fonctionner le compresseur et à qui vous soutirez les calories de l’eau, d’un point de vue d’écologie, presque pas de rejet de CO", explique Olivier Broers. "En plus, d’un point de vue facturation, comme on a des rendements de 300 à 400% avec ce type de machine, on verra sa facture de consommation de chauffage divisée par deux", ajoute-t-il.

Attention aux limites

Le défi planétaire est de réduire les émissions de CO2, et l'urgence écologique a d'ailleurs provoqué une vague d'innovations technologiques dans le domaine des énergies renouvelables. Mais tout a une limite. "Je pense que c’est une excellente expérience", commente pour sa part Francesco Contino, professeur en thermodynamique à la V.U.B.. "Ceci dit, de manière plus générale, pour les énergies renouvelables, il faut rappeler que malgré qu’elles soient gratuites elles sont aussi limitées", précise-t-il. "On ne peut donc en prendre qu’une portion, sans avoir des effets pervers sur l’environnement ou des coûts inacceptables".

Si les ingénieurs de Vivaqua n'ont pas inventé l'eau chaude, grâce à ce système simple mais ingénieux, ils confirment que rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme. Ils devraient tirer les conclusions de cette expérience  au printemps prochain.

W. F., avec K. Azzouz

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