Vol MH17: les premiers corps des victimes ont été rapatriés aux Pays-Bas

Les premiers corps des victimes ont été rapatriés aux Pays-Bas, qui a décrété un jour de deuil national
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Les premiers corps des victimes ont été rapatriés aux Pays-Bas, qui a décrété un jour de deuil national - © SERGEY BOBOK

Ce mercredi est jour de deuil national aux Pays-Bas, alors que les premiers corps des victimes du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines ont été rapatriés d'Ukraine à Eindhoven à bord de deux avions. Les Pays-Bas ont payé le plus lourd tribut de cette catastrophe: sur 298 victimes, on compte 193 ressortissants néerlandais.

Deux avions emmenant 40 dépouilles mortelles ont atterri ce mercredi après-midi à Eindhoven, après avoir quitté l'aéroport de Kharkiv en Ukraine dans la matinée.

Environ un millier de proches ou de membres des familles des victimes, le couple royal néerlandais et le Premier ministre Mark Rutte étaient notamment présents sur le tarmac pour accueillir l'appareil de l'armée néerlandaise, un C130 Hercules qui transporte 16 cercueils, et un transporteur australien C17 Globemaster, qui en contient 24.

Le prince Laurent et l'ambassadeur de Belgique aux Pays-Bas Frank Geerkens étaient également présents à Eindhoven. Le prince Laurent y représente son frère le roi Philippe.

Une minute de silence a été observée après l'atterrissage, avant que les cercueils soient transportés, un à un, dans les corbillards qui les ont emmené à Hilversum. C'est là que l'on procédera à l'identification des victimes.

Des milliers de personnes sont venues assister, tout au long de la route, au cortège funèbre. De l'autre côté de la berme centrale, les véhicules avançant dans le sens opposés étaient par endroits presque tous à l'arrêt.

Avant le décollage des avions depuis l'Ukraine, une cérémonie s'est tenue à l'aéroport international de Kharkiv. Des experts, des militaires ukrainiens, des représentants, entre autres de la Malaisie et de l'Australie ainsi que l'ambassadeur des Pays-Bas et une centaine de journalistes internationaux étaient notamment présents pour assister à cet hommage.

Trafic aérien interrompu sur Eindhoven Airport

Le ministère néerlandais de la Défense a indiqué mercredi avoir décidé d'un arrêt total du trafic aérien civil à Eindhoven Airport entre 15h45 et 18h. Durant ces quelques heures, aucun avion civil n'atterrira ou ne décollera de l'aéroport néerlandais. Une cérémonie sera alors tenue en hommage aux victimes du crash du vol MH17

L'arrêt temporaire des vols civils concerne 6 avions devant normalement atterrir à Eindhoven et 8 appareils devant en décoller dans l'après-midi, a indiqué un porte-parole de l'aéroport. Chaque compagnie aérienne concernée doit déterminer elle-même la solution à adopter, que ce soit une déviation vers un autre aéroport ou un changement des horaires de vol.

Nombre de corps imprécis

Selon les autorités ukrainiennes, le train réfrigéré venu mercredi du site du crash aurait transporté 282 corps. Les experts néerlandais disent, eux, n'en avoir décompté "que 200".

Il est "tout à fait possible que beaucoup de corps" soient encore sur le site du crash, "en plein air, sous le soleil de l'été européen, soumis à des interférences et aux ravages de la chaleur et des animaux", a déclaré mercredi le Premier ministre australien.

Tony Abbott a de nouveau appelé à "des recherches poussées pour la récupération" des cadavres sur le site, dans l'est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par les séparatistes pro-russes.

Les fragments de corps se trouvent encore sur le site du crash non sécurisé, a confirmé la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Cela pourrait expliquer l'incertitude concernant le nombre des corps retrouvés.

Pas de preuves d'altération d'une des boîtes noires, selon les experts britanniques

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver les responsables de cette tragédie (...) et les punir. La Russie pour nous est responsable", a lancé le vice-Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman sur le tarmac de l'aéroport de Kharkiv.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, va repartir pour l'Ukraine jeudi soir en compagnie de son homologue australienne, Julie Bishop, afin de discuter avec Kiev du "rapatriement des corps et de l'enquête sur le crash".

Les boîtes noires de l'avion malaisien sont arrivées mercredi au Royaume-Uni, acheminées par un appareil de la Défense belge, pour y être analysées. Les enquêteurs ont indiqué n'avoir trouvé aucune preuve d'altération de celle qui enregistre les conversations dans la cabine de pilotage.

Le tir était une erreur, selon les Etats-Unis

Le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala-Lumpur a été abattu par un missile parti de la zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, selon les Etats-Unis.

"L'explication la plus plausible c'est qu'il s'agit d'une erreur" et que le missile a été tiré "par un équipage mal entraîné", alors que le système utilisé (une batterie de missiles sol-air de fabrication russe Bouk) demande un certain savoir-faire, a indiqué un haut responsable du renseignement américain qui a requis l'anonymat.

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est entretenu mardi soir au téléphone avec le Premier ministre Mark Rutte.

Ce dernier s'est dit prêt à envoyer avec l'Australie et d'autres pays victimes de la catastrophe "une mission policière sous l'égide de l'ONU" afin de préserver le lieu du crash en zone contrôlée par les séparatistes et assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles étaient arrivées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des "coûts supplémentaires" en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

L'Union européenne établira pour sa part jeudi une nouvelle liste de personnalités et entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes.

RTBF avec agences

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