Crash du Rio-Paris en 2009 : Air France et Airbus renvoyées en correctionnelle

La cour d'appel de Paris a ordonné mercredi le renvoi en correctionnelle pour "homicides involontaires" d'Air France et d'Airbus pour leurs responsabilités indirectes dans le crash du Rio-Paris qui avait fait 228 morts en 2009. Les avocats d'Airbus ont immédiatement annoncé un recours en cassation.

Cette décision, réclamée par le parquet général et très attendue des familles des victimes, invalide le non-lieu prononcé en 2019 en faveur de la compagnie et du constructeur au terme des investigations.

Dysfonctionnement technique ou défaillance humaine ?

Le 1er juin 2009, tous les passagers et les membres d'équipage du vol AF447, 228 personnes de 34 nationalités, avaient péri dans un accident au-dessus de l'Atlantique, le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie française.

L'accident a eu pour origine le givrage des sondes de vitesse Pitot. L'incident avait conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage fatal de l'appareil.

Un premier rapport en 2012 avait conclu à des défaillances de l'équipage, des problèmes techniques et un manque d'information des pilotes sur le givrage des sondes. Puis une contre-expertise, réclamée par le constructeur, avait pointé une "réaction inappropriée de l'équipage" et les manquements d'Air France. Les parties civiles avaient obtenu l'annulation de cette seconde expertise et la réouverture de l'enquête. Mais une troisième et ultime expertise, en 2017, avait également mis l'accent sur "des actions inadaptées en pilotage manuel" de l'équipage et tendait à dédouaner Airbus.

Air France maintient qu'elle n'a pas commis de faute

Air France a assuré mercredi qu'elle n'avait "pas commis de faute pénale". "Air France prend acte de la décision de la cour d'appel de Paris (...) Elle maintient qu'elle n'a pas commis de faute pénale à l'origine de cet accident aussi tragique soit-il et va former un recours devant la Cour de cassation", a indiqué la compagnie aérienne dans une déclaration transmise à l'AFP.

De son côté, Airbus a estimé que "la décision judiciaire qui vient d'être rendue ne reflète en aucun cas les conclusions de l'instruction qui ont abouti à un non-lieu au profit d'Airbus dans ce dossier", dans une déclaration séparée.

L'avionneur européen a confirmé les dires de ses avocats et indiqué avoir lui aussi "décidé de se pourvoir en cassation".

Air France, pour sa part, a dit renouveler "sa confiance à l'ensemble de ses pilotes et de son personnel navigant" et rappelé "que la sécurité de ses clients et de ses personnels est son impératif absolu". "La compagnie gardera en mémoire le souvenir des victimes de ce terrible accident", a-t-elle conclu.

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