Craintes autour de la hausse du nombre d'hospitalisations : "On n'a pas envie de vous revoir mourir les uns après les autres"

C'est un rituel qu'ils n'auront pas eu le temps d'oublier. Nouer et dénouer les blouses. Enfiler les masques, les lunettes et les visières. Au CHU Tivoli à La Louvière, l'unité Covid-19 ne sera restée vide que l'espace d'un instant. 

En ce 29 juillet, cinq patients y sont hospitalisés. Ce nombre reste très faible, mais il augmente depuis une dizaine de jours. Au sein de l'unité, on dresse un constat : "il y a un glissement de la moyenne d'âge. Proportionnellement, on a beaucoup plus de patients de moins de 50 ans que lors de la première vague, où c'étaient majoritairement des plus de 65 ans" avertit le Dr Enrique Schils, responsable de l'unité Covid-19 et chef du service de gériatrie.

"Il ne faut pas se faire trop d'illusions, je pense qu'il faut s'attendre à une seconde vague. Mais il faut à tout prix éviter que cette deuxième vague ne soit importante" ajoute le Dr Enrique Schils. 


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Même masqué, le personnel ne peut camoufler ses craintes, hanté par le souvenir de la première vague. "Nous avons vu partir beaucoup de patients dans des situations compliquées. Tout le personnel soignant a fait son possible pour les accompagner au mieux. Mais je vous assure qu'on ne s'attendait pas à ça. Ça a laissé des traces. J'adresse ce message à la population: respectez la distanciation, respectez le port du masque, soyez prudents, parce qu'on n'a pas envie de vous revoir mourir les uns après les autres". 

On n'a plus envie de vivre la même chose. Nous ne sommes pas en guerre, mais nous n'avons pas envie de faire de la médecine de guerre. 

Prêts techniquement mais pas moralement

Au niveau technique et procédural, l'hôpital est prêt à faire face à une deuxième vague. Cette fois, le matériel est disponible en suffisance. 

Aux soins intensifs, l'organisation est déjà bien ficelée. "Pour l'instant, nous avons trois lits disponibles pour des éventuels cas covid. En 24 heures, on peut passer à 10 lits. Et en 24 heures de plus, on peut passer à 17 lits" détaille le Dr Yves Bouckaert, chef du service des soins intensifs. 

Mais si les dispositions logistiques semblent bien rodées, il ne faut pas négliger la préparation psychologique. "Sur le plan moral, on n'est pas prêt". 

Si on nous annonce demain que notre unité redevient une unité covid, ça va être très difficile

Confirmation avec des infirmières qui ont travaillé en première ligne au plus fort de la crise. "Tous les matins, on regarde les chiffres. L'inquiétude est de plus en plus palpable, on en parle tous les jours. On ne veut pas revivre ça" explique Samira Boussala, infirmière en chef de l'unité One Day chirurgicale. "On est en train de se remettre de la première vague. Certains prennent leurs congés, et on est donc en sous-effectif. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer ce que c'est de porter des blouses, surblouses, masques, double paire de gants en pleine période de chaleur" ajoute Marie-Rose Galvani, infirmière. 

L'hôpital a d'ores et déjà déjà réactivé sa cellule de crise, ce qui implique notamment un tri des patients qui arrivent aux urgences. "Nous sommes très attentifs, très lucides face aux nouveaux foyers. Nous sommes en alerte, mais on ose espérer ne pas en arriver à la même situation qu'à Anvers" résume Françoise Happart, directrice du département infirmier.

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