Covid-19 : tests rapides, autotests, tests PCR, comment s'y retrouver ?

Les autorités du pays le promettent, les tests rapides de dépistage du Covid-19 ainsi que des autotests vont bientôt être mis à disposition de la population. Quand ? Elles ne l’ont pas précisé. En Allemagne et aux Pays-Bas, des tests à faire soi-même sont déjà en vente dans certains supermarchés. Pour le moment chez nous, inutile de courir à la pharmacie pour en acheter. Ils ne sont pas encore en vente. Le professeur Herman Goossens, Microbiologiste à l’UZ Antwerpen et Président de la Task force "Testing" explique : "Pour utiliser un test de dépistage comme autotest, il faut une agréation européenne, une procédure qui prend beaucoup de temps, le feu vert ne pourrait arriver qu’en 2022. Alors, la Belgique fera sans doute comme ses voisins allemands et néerlandais, elle demandera aux fabricants de tests rapides agréés, d’introduire une demande d’agréation auprès de l’Europe pour l’autotest, et en attendant, ils seront autorisés à en vendre dans notre pays."

Autotests, tests rapides, tests salivaires, tests PCR, pas facile de faire la différence

En réalité, il y a deux types de tests pour le Covid-19 : des tests sérologiques et des tests antigéniques.

Les tests sérologiques analysent dans notre sang, la présence d’anticorps que notre corps a fabriqués contre le virus. Ils peuvent nous dire si nous avons croisé un jour le virus et si nos anticorps s’en souviennent, c’est-à-dire si nous avons une immunité contre lui. Mais ils ne peuvent pas nous dire si le virus est toujours là, et il faut attendre une dizaine de jours après l’infection pour pouvoir les détecter.

Il existe des tests sérologiques rapides où l’on fait une petite prise de sang (on se pique le doigt avec une petite aiguille et on recueille quelques gouttes), et dans les 15 minutes, on peut savoir si l’on est séropositif au virus. "Mais le test n’a pas beaucoup de sens aujourd’hui, où l’on cherche à isoler les personnes contaminées, prévient Herman Goosens. Quand on est infecté, il faut environ dix jours avant de voir apparaître les anticorps, trop tard si l’on veut isoler les personnes contagieuses."


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Les tests antigéniques, eux, mesurent la présence de l’antigène du virus. Grosse différence avec les précédents, ils détectent directement le virus, pas les anticorps. Si le test est positif cela veut dire que nous sommes contaminés et potentiellement contagieux donc qu’il faut nous mettre en isolement. Il existe divers tests antigéniques rapides en fonction du mode de prélèvement.

Le premier, à l’aide d’un gros écouvillon, sorte de gros coton-tige, on recueille ce que l’on trouve à l’entrée du nez. Un test facile à utiliser par monsieur et madame tout le monde, comme un test de grossesse.

Mais on peut aussi faire le prélèvement avec un écouvillon que l’on enfonce profondément dans le nasopharynx, entre 4 et 9 cm depuis la pointe du nez (comme pour les tests PCR classiques). Un frottis profond dans le nez et la gorge qui doit être réalisé par du personnel bien formé. Il ne devrait pas devenir un autotest.

L’écouvillon est ensuite placé dans un produit qui fixe le virus et qui va permettre la migration sur les bandelettes qui contiennent les réactifs. La coloration permettra de dire s’il est positif ou négatif, après 15 à 20 minutes. Dans le cas d’un autotest, il faudra être attentif à ne pas dépasser les 20 minutes, car une coloration peut apparaître et ne pas signifier que l’on est positif.

Test rapide à l’entrée du nez aussi efficace que la PCR

Une étude scientifique avec le laboratoire LHUB de l’ULB a été menée avec six de ces tests rapides sur des patients avec des symptômes depuis moins de cinq jours. Et les résultats qui seront publiés dans les prochains jours sont bons, nous confirme le docteur Marc Decroly qui a supervisé l’étude : "Nous avons réalisé les tests nasaux (à l’entrée du nez) puis confirmé l’échantillon avec un test PCR (classique). Et le prélèvement dans l’entrée du nez était aussi efficace que la PCR mais beaucoup plus rapide, il est tout à fait valable pour faire des diagnostics. Pour moi, ces tests rapides sont importants, si l’on cible bien ceux qui doivent le faire sinon on va gaspiller des tests et beaucoup d’argent."

Et le docteur de poursuivre : "si on vous dit, vous avez du virus dans votre nez, on a retrouvé le virus entier et vous êtes contagieux, cela n’a pas le même impact que si on vous envoie un SMS, cinq jours après, qui dit que vous êtes positif".


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Enfin, il y a les tests salivaires. Le patient fait lui-même le prélèvement, il crache de la salive dans un petit entonnoir. Puis il referme le flacon qu’il fera parvenir au centre d’analyse. C’est un autotest, mais il ne s’agit pas pour le moment d’un test rapide. Car l’échantillon devra passer par une PCR qui va prendre de quatre à six heures. Il est utilisé par exemple sur le campus de l’université de Liège. Herman Goossens, le monsieur test du Coronavirus, est en train de développer un test similaire au liégeois mais où les réactifs présents dans le flacon permettraient d’avoir des résultats plus rapides.

Restent bien sûr, les tests PCR, ceux que l’on pratique en routine depuis des mois. Dans ces tests, le principe n’est pas de chercher directement l’antigène du virus mais d’en amplifier des traces, pour pouvoir détecter très précisément la moindre présence du virus.

Quel cadre légal pour les autotests? (JT du 08/03/2021)

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