COVID-19 : quels sont les tests qui existent et sont-ils remboursés totalement ?

Une facture de 43,68 euros pour un test PCR. C’est ce qu’a reçu une patiente qui a effectué ce fameux test lors de son retour d’Italie au mois de mars pour savoir si elle avait ou non le COVID-19. Ce PCR se fait par prélèvement dans le nez ou dans la gorge à l’aide d’une sorte de long coton-tige.

Est-ce un montant exagéré ? Doit-elle payer pour cette intervention ?

C’est ce que nous avons tenté de savoir.

A l’époque cette dame avait développé des symptômes reconnus par Sciensano. Donc, logiquement, elle ne doit pas s’acquitter de cette facture et elle peut introduire une réclamation. Tout est pris en charge par l’Inami et aucun supplément ne peut lui être réclamé. Ce qui n’aurait pas été le cas si la patiente avait effectué le test sans avoir eu des symptômes.

Le test PCR

Mais depuis, la liste des symptômes s’est aussi fortement élargie et il suffit désormais d’avoir un symptôme majeur ou deux mineurs que pour bénéficier de la gratuité de ce test PCR : "Soit un majeur comme de la toux ou un essoufflement ou une perte de goût, de l’odorat, sans autre cause ou apparition récente ; soit deux mineurs comme, par exemple, des douleurs musculaires, le nez qui coule, de la fatigue,…De nouveau, sans autre cause ou apparition récente", affirme le Dr Michel Roland, président de Médecins du Monde Belgique.

Il faut donc toujours avoir des symptômes ou presque. Si une personne a, par exemple, eu un contact étroit (en restant plus d’un quart d’heure à ses côtés) avec une personne détectée positive au COVID-19 et "que cette personne est un professionnel de la santé ou quelqu’un qui risque d’avoir des contacts avec une personne à risque. Cette personne doit être détectée aussi". Et cela même si elle est asymptomatique.

Ce remboursement, par contre, ne s’applique pas à ceux qui partent à l’étranger, là où le pays d’accueil exige une PCR. Pour ceux-là, le test coûte 46,81 euros. Pour autant qu’il soit réalisé dans un laboratoire qui figure sur la liste de Sciensano. Sinon, cela peut vous coûter plus cher.

Le test sérologique

C’est également le cas pour les tests sérologiques. Ceux qui doivent le faire avant de partir à l’étranger devront aussi payer. Mais c’est moins cher : 9,60 euros.

C’est un test sanguin (par prise de sang ou piqûre au bout du doigt). Mais ici, il s’agit seulement de déterminer si l’organisme a développé des anticorps au contact du virus. D’où l’intérêt d’attendre au moins 10-15 jours après avoir développé les premiers symptômes, voire 20 jours, selon le Dr Roland.

Dans la majorité des autres cas, c’est remboursé depuis le 3 juin : "Par exemple, un patient hospitalisé, qui est un cas possible en fonction des symptômes qu’il présente ; qui aurait, par exemple, aussi un scanner des poumons positif mais une PCR négative, on peut faire une sérologie", explique le Dr Roland.

Ce sera également le cas si vous allez faire cette sérologie parce qu’à un moment donné (avant, pendant ou après le confinement) vous avez eu l’impression d’avoir eu des symptômes sans avoir la certitude qu’il s’agissait du COVID-19 (vous n’avez pas eu la possibilité de faire une PCR) et que vous voulez savoir si c’était le cas.

Mais attention, que ce soit pour la PCR ou la sérologie, une prescription médicale est nécessaire. Sans ça, vous ne serez pas remboursés.

Le test antigénique

Comme les Tests PCR, il a pour but de détecter la présence ou non du virus chez un patient. Et si le prélèvement s’effectue de la même manière (un prélèvement naso-pharyngé), la différence est que c’est un test rapide, l’analyse ne doit pas être effectuée en laboratoire.

Ces tests, "on ne les fait pratiquement plus en Belgique", affirme l’infectiologue Yves Van Laethem et porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Car s’ils testent plus rapidement, ils ne détectent le virus que lorsqu’il est présent à dose élevée. Ils sont donc moins fiables que les tests PCR dont on a aujourd’hui les résultats dans les 24h ou 48h. Et s’il est négatif, il est prudent de confirmer avec un test PCR.

On les a surtout utilisés "quand il n’y avait pas assez de PCR", nous confie-t-il.

Reste que là aussi un remboursement de l’Inami existe depuis le 1er avril, sous certaines conditions. Dans le cas contraire, il vous en coûtera 16,72 euros.

Aucun test fiable à 100%

Précisons qu’aucun de ces trois tests n’est fiable à 100%. Selon Yves Van Laethem, on parle d’une fiabilité de 30% pour les tests antigéniques, de 70% pour les tests PCR et de plus de 98% pour les tests sérologiques.

"Aucun test n’est fiable à 100%. C’est vraiment quelque chose qui est très difficile à faire comprendre ou admettre, même à des étudiants en médecine", explique pour sa part le Dr Roland. "Il y a toujours des faux positifs. Donc on se trompe, on croit qu’il y a alors qu’il n’y a pas. Et des faux négatifs. Donc on croit qu’il n’y a pas alors qu’il y a. J’ai jamais 100% des deux côtés".

Et d’ajouter : "La médecine, c’est la décision dans l’incertitude. Il faut gérer le doute. Et ce n’est pas toujours facile à le faire parce qu’on est face à des patients, ni à l’expliquer aux patients".

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