Coronavirus en Belgique : les tests vont débuter dans les maisons de repos, mais c'est "insuffisant"

La décision a été prise ce week-end de dépister massivement les cas de Covid 19 dans les maisons de repos du pays. La Région Wallonne a reçu 66.700 tests. La Région Bruxelloise en a, elle, obtenu 19.300. Le déroulement des tests sera différent selon les Régions. Les tests démarreront mercredi.

L’Administration, l’AviQ en Wallonie, Iriscare à Bruxelles, contactera les établissements de la date d’arrivée des tests. Chaque Région fixe ses critères de sélection des établissements testés, en fonction du degré d’urgence dans chaque maison de repos.


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Au total, ce sont 602 maisons de repos en Région Wallonne et 146 à Bruxelles qui sont concernées.

En Région Wallonne, l’AviQ, l’Agence wallonne pour une qualité de vie, a choisi de partager les 66.700 tests en deux groupes, comme l’explique Catherine Dechevre, la directrice du service des aînés : "Nous avons choisi de prioriser ces tests selon deux formules. 50% des tests iront à destination des maisons de repos qui présentent de gros clusters, des maisons de repos qui ont déjà 50 ou 60 cas de résidents qui sont soit des cas possibles ou des cas confirmés Covid. 50 autres pourcents iront vers les plus petits clusters, c’est-à-dire des maisons de repos qui ont pour l’instant un maximum 5 à 6 cas possibles ou confirmés".

 

Selon la responsable de l’Aviq, la moitié des maisons de repos de Wallonie sont considérées comme des " gros clusters ", des établissements comptabilisant un grand nombre de patients ou membres du personnel contaminés ou pouvant l’être.

Dans les maisons de repos moins touchées jusqu’à présent, l’objectif est de détecter plus vite les résidents et les membres du personnel qui ignorent être contaminés, car ils sont asymptomatiques, pour pouvoir réaliser une meilleure organisation du travail et permettre à ces établissements moins touchés par le Coronavirus de ne pas l’être plus.

Trois semaines de tests

Les tests seront effectués à partir de ce mercredi et seront étalés sur une période de trois semaines, un timing imposé par le Fédéral. " Par rapport à cela, on est tenu par un calendrier qui nous est imposé par le Fédéral. Il a réglé et réparti les tests en fonction des capacités d’analyse de ces tests par les laboratoires. C’est pour ça qu’on est coincé dans un timing extrêmement serré", explique Catherine Dechevre, de l’AviQ.

Les maisons de repos seront averties du jour où les tests seront réalisés. Les médecins coordinateurs des établissements seront épaulés par les médecins du Travail. Ceux-ci, en Wallonie, seront chargés de tester les membres du personnel.

 

Des tests bienvenus mais insuffisants

Le secteur des maisons de repos est satisfait qu’il soit enfin possible d’effectuer des dépistages du coronavirus dans les établissements du pays. Il y avait urgence.

Cependant, les tests, tels qu’ils sont prévus, risquent de montrer leurs limites, car on ne testera pas tout le monde, selon Femarbel : "Ce qui a été décidé au niveau du fédéral, c’est de tester l’ensemble des résidents, de tester l’ensemble du personnel soignant, c’est bien, mais de ne pas tester l’autre partie du personnel logistique et administratif. Cela, pour nous, ne vide pas le testing de son sens mais cela va lui faire perdre de son efficacité. Vous imaginez bien que le personnel d’entretien qui nettoie les chambres est en contact direct avec les patients, donc ne pas le tester, c’est tout sauf une bonne idée", déclare Vincent Frédéricq, de Fermabel.

Celui-ci espère que l’on va augmenter le nombre de tests, sinon cela va perdre beaucoup de sa pertinence. De plus, explique le secrétaire général de Fermabel, "on constaterait une différence de traitement entre le personnel soignant et le reste du personnel administratif et logistique qui est exposé aux mêmes risques et prend les mêmes risques pour sa famille. Ça, c’est inacceptable, bien sûr".

Des tests qui auront des limites

Femarbel pointe aussi les limites de ces tests, dont les résultats ne vaudront que pour le jour où ils seront effectués. Ils ne tiendront pas compte des mouvements de personnel au fil des jours : "Ceux qui ont pensé ces tests ne connaissent pas les réalités opérationnelles de tous les secteurs. Dans les maisons de repos, il y a du personnel qui entre et sort tous les jours, qui retourne dans sa famille tous les jours", explique Vincent Frédéricq, qui estime que ces tests arrivent trop tard. "Si on avait pu opérer ces tests, il y a trois semaines ou un mois, on ne serait pas dans la situation où l’on est actuellement", regrette-t-il.

Reste qu’il y a urgence de tester les personnes qui résident ou travaillent dans les maisons de repos. Ce mardi, c’est dans ces établissements que l’on a comptabilisé le plus de décès liés au Covid-19.

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