Coronavirus : le Rotary annule les programmes d'échanges pour les étudiants, d'autres organismes attendent avant de décider

Quelque 300 jeunes Belges devaient partir cet été à l’étranger pour y faire une seconde rhéto. Autant de jeunes étrangers devaient arriver en Belgique dans le cadre du programme d’échange du Rotary. Les trois districts qui composent le Rotary en Belgique ont décidé de tout suspendre le temps de l’année scolaire prochaine.

La décision a été difficile à prendre. Les instances du Rotary ont discuté plusieurs heures de l’impact que la crise du coronavirus pourrait avoir ou aurait sur les programmes d’échanges. Elles sont tombées d’accord pour tout annuler, le temps d’une année scolaire, avec regrets.

Plusieurs raisons motivent la décision

Comme l’explique Thierry Reip, gouverneur du district 1630 du Rotary qui couvre les provinces de Liège, Namur, Luxembourg et le Grand-Duché de Luxembourg, le risque d’exposition au Coronavirus est la première raison : "On est dans une totale incapacité de donner des garanties aux jeunes que les conditions sanitaires soient remplies à partir de juillet-août, tant pour les jeunes qui partiront que pour ceux que nous allons accueillir." C’est en effet pendant les mois de juillet et août que les étudiants partent à l’étranger ou arrivent en Belgique pour séjourner dans des familles d’accueil.

La deuxième raison, c’est que le gouvernement belge ne délivre actuellement plus de visas aux étudiants qui devraient arriver en Belgique et on ne sait pas encore à quel moment il recommencera à les donner. "De même, beaucoup de pays ont supprimé les attributions de visas. Donc, nos jeunes ne pourraient probablement pas partir comme on a l’habitude de les faire partir."

Le Rotary préfère donc devancer les difficultés et éviter aux jeunes d’être dans l’incertitude plusieurs mois. "On a estimé qu’en mai, il était encore temps pour les jeunes de se faire une raison. On est bien conscient du rêve qui se brise, parce que pour les jeunes qui partent et ceux qui arrivent, cette année-là, cette opportunité-là ne se représentera plus. En tout cas pas au sortir de Rhéto", poursuit Thierry Reip.

Mais, ajoute-t-il, "on est parti du principe qu’en leur annonçant en mai, ils auraient le temps de se faire une raison et, surtout, le temps de se chercher une orientation académique, scolaire, qui soit viable pour ne pas casser leur avenir".

Une troisième raison a trait aux allocations familiales. "Pour que les jeunes et les familles puissent continuer à bénéficier des allocations familiales, il faut qu’ils soient inscrits dans une école", explique Thierry Reip. 

En séjour à l’étranger avec un organisme d’échange comme le Rotary, le droit aux allocations est maintenu. Reporter les départs à octobre ou novembre, par exemple aurait fait courir le risque à des familles de ne pas toucher les allocations familiales avant le départ de leur enfant à l’étranger. Il aurait alors fallu inscrire l’élève dans une école ou université belge, en payant, probablement, un minerval. Des soucis et des contraintes que les familles n’auraient pas souhaités, dans le contexte économique qui s’annonce difficile.

Enfin, la décision du Rotary belge d’annuler les échanges est aussi motivée par le fait que dans d’autres pays, des districts du Rotary ont déjà décidé de suspendre ces échanges pour l’année 2020-2021. "Automatiquement, toute la logistique d’attribution des destinations était remise en cause. Avec 300 jeunes, quand on a la moitié des destinations qui s’en va, on n’a pas toujours les débouchés pour pouvoir permettre aux jeunes de partir dans un endroit, encore moins dans l’endroit choisi", explique Thierry Reip.

D’autres organismes d’échanges attendent et croisent les doigts

Le Rotary n’est pas le seul organisme à permettre à des jeunes de partir pour un séjour à l’étranger. D’autres organismes envoient de jeunes Belges pour un séjour culturel et/ou linguistique dans d’autres pays du monde. Si la crise du Coronavirus représente un défi à surmonter et suscite pas mal de questions, certains organismes n’ont pas encore décidé d’annuler ou de reporter les départs des jeunes impliqués dans leurs programmes d’échanges. 

Chez YFU, le Directeur, Rostand Tchuilieu explique : "On n’a pas encore pris de décision. Et vu l’actualité, je ne crois pas qu’on sera en mesure d’en prendre une avant début juin. Toujours est-il que nous travaillons dans l’esprit de se dire que nous ferons les programmes." Un certain optimisme donc.

"On essaye d’aligner tout ce qui va être logistique, visas, ouverture des frontières, les vols en avion. On estime que d’ici début juin, tout ça va être un peu clarifié. A ce moment-là, on pourra se positionner. Parce que pour nous, tous les programmes sont prêts ", ajoute Rostand Tchuilieu.

Autre organisme, le Wep. Il envoie chaque année, via ses programmes scolaires, 5 à 600 jeunes Belges à l’étranger. Ici non plus, les plans n’ont pas été changés. Le Wep est en attente de voir l’évolution de la situation pour s’adapter, si nécessaire. 

"On suit l’évolution avec nos partenaires", explique Adrien Buntinx, le responsable de la communication du Wep. "Si les gens ne savent pas partir, on analysera au cas par cas. On verra s’il faut décaler, reporter des départs ou annuler, si nécessaire", poursuit-il.

La crise du coronavirus avait déjà contraint la plupart des organismes d’échanges linguistiques et culturels à abréger les programmes de l’année 2019-2020. De jeunes Belges en séjour à l’étranger sont rentrés au pays plus tôt, tandis que de nombreux étudiants étrangers installés pour un an en Belgique n’ont pas eu l’occasion d’y achever leur année scolaire et ont dû repartir au pays.