COVID-19 : JOY, une plateforme pour mieux tenir compte des intérêts des enfants en période d'épidémie

Le Coronavirus a peu touché les enfants directement. En revanche les dégâts collatéraux sont importants. La Plateforme JOY veut ramener l'équilibre dans la vie des enfants et des jeunes.
Le Coronavirus a peu touché les enfants directement. En revanche les dégâts collatéraux sont importants. La Plateforme JOY veut ramener l'équilibre dans la vie des enfants et des jeunes. - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

 

Le Coronavirus a peu touché directement les enfants et les jeunes. Peu sont tombés malades. En revanche beaucoup ont subi les dégâts collatéraux de cette crise. Moins d’école, moins de loisirs, moins de jeu, moins de contact avec les autres enfants, sans compter les questions, parfois graves, que les enfants se posent sur la maladie et ses risques pour eux ou leurs proches. Les enfants et surtout ceux qui s’en occupent, parents, éducateurs enseignants, par exemple, disposent désormais de la plateforme JOY, une plateforme d’information qui tisse du lien entre les initiatives existantes et qui offre des informations claires et scientifiquement étayées sur le COVID-19 et les enfants.

JOY est une initiative de la Belgian Pediatric Task Force, les pédiatres belges, avec le soutien de toutes les autorités, la Commission nationale pour les Droits de l’enfant, une plateforme de concertation entre plus de 90 acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux des Droits de l’enfant en Belgique, du Délégué Général aux Droits de l’Enfant, de la Fondation Roi Baudouin et d’UNICEF Belgique. Pour tenter de remettre de l’équilibre dans la vie des plus jeunes, JOY reprend les informations sur la place des enfants dans la crise sanitaire et dans les chaînes de contagion, et sur l’impact de la situation sur leur développement et leur bien-être.

Des conséquences visibles et mesurables chez les enfants

Les pédiatres sont bien placés pour constater les conséquences que la pandémie de Coronavirus a sur les enfants, pas forcément des conséquences directes du virus mais plutôt des effets indirects, comme l’explique Delphine Jacobs, pédopsychiatre aux Cliniques Universitaires St Luc, membre de la Belgian Pediatric task force : " Dans les hôpitaux, on voit des enfants qui ont subi trop d’angoisses, qui n’arrivent plus à fonctionner et se retrouvent avec des symptômes psychosomatiques, des troubles alimentaires. On en voit aussi beaucoup qui ne dorment plus bien ". Pour cette pédiatre, les enfants paient un prix trop élevé durant cette crise sanitaire, bien que la maladie du COVID-19 les épargne globalement. L’accent a surtout été mis sur les risques sanitaires et la nécessité de les éviter : " Les conséquences des précautions sur leur développement, non seulement maintenant, mais peut-être même pour la vie, sont disproportionnées par rapport à la place qu’occupent les enfants dans cette pandémie. Problèmes de sommeil, troubles anxieux et de l’humeur, perte et augmentation de l’appétit, problèmes de motivation scolaire et de concentration, ... Ce sont des symptômes inquiétants, que les enfants les plus vulnérables rencontreront plus fréquemment ", explique Delphine Jabobs.

Les enfants sont notamment angoissés par manque d’informations sur le virus. Au début de l’épidémie, il y avait peu de données scientifiques spécialement adaptées aux enfants. La plateforme JOY veut y remédier : " Comme médecin, on peut faire le tri, faire la synthèse et faire l’effort de nommer tout ça avec un vocabulaire accessible aux enfants, aux jeunes, aux parents, aux moniteurs qui organisent les stages d’été ", explique la pédiatre Delphine Jacobs.

Contribuer à ramener un équilibre nécessaire aux enfants

La limitation de la bulle, la fermeture des écoles, la rareté des contacts avec les amis et la famille, le manque d’activités sociales, sportives, créatives, culturelles ont lourdement touché la plus jeune génération, constatent les initiateurs de la plateforme JOY. " L’équilibre est perdu ", constate Delphine Jacobs, Pédopsychiatre. " L’impact et les risques de cette crise sanitaire sur le bien-être psychosocial des enfants et des jeunes doivent être rééquilibrés avec leurs droits et leurs besoins en matière de développement et de bien-être. "

Avec JOY, les pédiatres et ceux qui les soutiennent veulent souligner l’importance et l’effet positif du sport, de l’école, des loisirs et des activités, des amis et de la famille sur le bien-être des enfants : " Nous ne devons pas seulement considérer les risques d’infection, mais aussi rechercher un bon équilibre, car tous ces aspects sont cruciaux pour le développement sain d’un enfant. Nous sommes heureux que le gouvernement n’ait pas annoncé de mesures plus strictes pour les camps et les pleines de jeux, car ce type d’activités est essentiel pour le bien-être des enfants ", complète Delphine Jacobs.

Les initiateurs de JOY veulent supprimer ou au moins réduire les peurs et l’incertitude ambiante qui entourent les enfants, les jeunes et les personnes de leur entourage. La plateforme entend apporter des réponses aux questions que les enfants et les jeunes se posent, mais aussi répondre aux interrogations de ceux qui les entourent, les parents, les travailleurs et prestataires de soins à l’enfance et à la jeunesse et les enseignants. L’initiative a obtenu le soutien de la Première ministre, Sophie Wilmès, marraine de la plateforme JOY.

Puisque des études montrent que les enfants courent moins de risques sanitaires…

La plateforme JOY entend aussi faire le tri sur les connaissances actuellement disponibles sur le Coronavirus et les risques qu’il représente ou pas pour les enfants et les jeunes, comme l’explique Ann De Guchtenaere, Secrétaire générale de l’Académie européenne des pédiatres et Présidente de l’Académie belge de Pédiatrie : " Au début de l’épidémie, il y avait beaucoup d’incertitude sur le rôle des enfants quant à la propagation du virus. Entre-temps, de nombreuses études ont montré que les enfants en âge de fréquenter l’enseignement primaire ne sont pas le moteur de la crise de la Covid-19. Ils sont moins sujets aux infections et s’ils sont infectés, ils sont moins gravement malades. Les études disponibles sur les jeunes, soit les jeunes en âge de fréquenter l’enseignement secondaire, convergent dans ce sens même si ces données doivent encore être consolidées. Maintenant que les choses sont plus claires à ce sujet, il est urgent que nous diffusions largement ces connaissances afin de limiter autant que possible l’effet négatif de la crise sur le développement des enfants et les jeunes ". La pédiatre Anne De Guchtenaere salue d’ailleurs les récentes mesures sanitaires prises par le Conseil National de Sécurité qui réduit la bulle de contact des Belges mais ne comptabilisant pas les enfants de moins de 12 ans. De quoi augurer, espère-t-elle un redémarrage normal des écoles en septembre.

La plateforme Joy sera régulièrement mise à jour avec les dernières données scientifiques sur le virus. Le site centralisera les informations scientifiques sur les enfants et la maladie. Il sera en développement constant, en fonction des nouvelles recherches qui seront publiées.
La campagne est aussi déclinée sur les réseaux sociaux et en affiches, dans les camps scouts par exemple.

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