Covid 19 : attention au bon usage de l'air conditionné et de la ventilation

Parce que des articles scientifiques ont évoqué des cas de transmission du Coronavirus via des installations d’air conditionné et parce que des entreprises belges ont posé la question aux autorités, le ministre De Backer a chargé le Conseil Supérieur de la Santé d’examiner la question. Celui-ci donne son avis sur les installations de conditionnement d’air et les systèmes de ventilation utilisés par les entreprises, mais aussi par les particuliers.

En préliminaire, le Conseil Supérieur de la Santé rappelle que les recommandations classiques de confinement en cas de symptômes, de distanciation physique, de respect d’un nombre maximal de personnes par m2 dans un espace clos, d’hygiène des mains et de port du masque sont efficaces et probablement suffisantes pour limiter le risque de contamination.

De l’air frais dans les conduits

Néanmoins, l’avis du Conseil Supérieur de la Santé (CSS) recommande des précautions particulières pour limiter le risque de transmission par voie aérienne dans les bureaux, notamment. Comme il est établi que le SARS-CoV2 reste viable en aérosol pendant au moins trois heures, le CSS recommande de ventiler à l’aide d’air frais.

Les responsables techniques en charge du conditionnement d’air dans les bureaux sont invités à ne pas faire recirculer l’air déjà utilisé, mais à privilégier l’air frais. Une solution à préconiser car des particules virales circulant dans les conduits d’air pourraient être réintroduites dans les espaces de travail.


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Autant que possible, les entreprises devraient éviter de renvoyer vers les parkings souterrains l’air qui a déjà circulé dans les locaux de travail. Seule exception, les cas où aucun air frais ne peut être amené dans ces parkings. Dans ces cas-là, la ventilation habituelle pourra se poursuivre pour prévenir la stagnation de CO, une priorité pour éviter l'asphyxie des utilisateurs. Dans tous les cas, il est recommandé de ne rester dans le parking que le temps nécessaire pour garer son véhicule ou le récupérer. 

Des précautions à prendre dans les sanitaires

Même si à ce jour, aucune transmission féco-orale du virus n’a pu être démontrée, il est cependant établi que le virus est excrété via les fèces. Les toilettes sont des lieux où des aérosols sont produits de manière continue. Chasse d’eau, robinets, sèche-mains à air chaud pulsé sont autant d’équipements susceptibles de favoriser la propagation du virus dans l'air.

Les locaux sanitaires sont généralement plus petits et plus confinés. Les systèmes de ventilation y jouent donc un rôle essentiel pour limiter la propagation du virus.


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Le Conseil Supérieur de la Santé recommande donc d’installer des distributeurs de serviettes en papier jetable et de condamner les sèche-mains à air chaud pulsé. Il conseille aussi de demander aux utilisateurs de fermer le couvercle des toilettes avant de tirer la chasse. Il est aussi demandé d’augmenter l’aération de ces locaux et de laisser fonctionner la ventilation en continu, 24 heures sur 24, ou de laisser la fenêtre ouverte, s’il y en a une.

Des technologies inutiles et des conseils aux particuliers

Le Conseil Supérieur de la Santé ne recommande pas l’utilisation de l’ozone pour éliminer le SARS-CoV2 des lieux publics. L’ozone, les biocides, les rayons UV seraient d’un faible intérêt pour diminuer la transmission du SARS-CoV2 dans les espaces de gros volumes. Ces dispositifs devraient être réservés à certaines unités hospitalières ou de soins.

Pour les particuliers qui devraient vivre aux côtés d’une personne malade du Coronavirus, le Conseil Supérieur de la Santé recommande d’aérer ponctuellement les pièces de l’habitation en ouvrant grand pendant minimum 15 minutes et au moins 3 fois par jour. Il y a lieu de calfeutrer la porte de la pièce où séjourne la personne malade pour éviter une circulation de l’air de cette pièce vers le reste du logement. L’aération de la pièce où séjourne le malade doit se faire vers l’extérieur, via une fenêtre.

Enfin, le Conseil Supérieur de la Santé estime qu’il n’y a pas de preuve clinique de l’avantage des purificateurs d’air portables, qu’ils soient à filtre, à ozone ou à UV-C. Ils ne permettent pas de réduire la transmission de maladies infectieuses.

 

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