Covid-19 à la SNCB : est-il dangereux de prendre le train ? Voici les lieux où vous avez le plus de risques d’être contaminé

Environ 10 trains de longue distance ne circulent plus depuis ce lundi 29 novembre. En cause, de plus en plus de cas de Covid-19 parmi le personnel de la société ferroviaire belge qui se dit "plus confrontée à des cas de maladie et/ou de quarantaine parmi son personnel, notamment au sein de ses métiers de terrain". Revient alors sur le devant de la scène la question des lieux d’infection au Covid-19. Et depuis le jeudi 25 novembre, de sérieuses pistes de réponse sont disponibles grâce à la parution d’une étude réalisée en France par l’Institut Pasteur.

Avec les nouvelles mesures annoncées à l’issue du dernier comité de concertation, ce sont les discothèques, les cafés et restaurants ainsi que les concerts et compétitions sportives en intérieur qui ont été ciblées par les autorités belges pour limiter les contaminations. Le gouvernement a-t-il vu juste et où risque-t-on le plus d’être contaminé au Covid-19 ? On fait le point.


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Près de 70% des cas recensés en Belgique ignorent où a eu lieu la contamination

Si l’on met le focus sur la Belgique, il ne faut pas être gourmand car les chiffres manquent. Si Sciensano donne ponctuellement des détails sur les déclarations des personnes testées positives sur base du suivi des contacts, ces données restent flouent et surtout très incomplètes. "Environ 68,9% des cas confirmés Covid-19 contactés ont indiqué ne pas savoir où ils avaient contracté l’infection", note le bilan de l’Institut scientifique de santé publique dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire du 26 novembre 2021. Cela signifie que dans près de 70% des cas, il est impossible de définir où les personnes ont été contaminées.

Pour les 31,1% restants, il apparaît selon les personnes positives contactées entre le 15 et le 21 novembre 2021 que la contamination a majoritairement lieu à leur domicile (14,82%), au domicile de leur famille ou d’amis (4,67%) ou encore lors de ce que Sciensano appelle des "activités pour adolescents" (3,13%) et au travail (3,12%).

Concernant les personnes responsables de la contamination de ces personnes, Sciensano estime qu’il s’agit d’un inconnu dans 76,4% des cas et un membre de la famille dans 12,96% des cas.

Contacté par la RTBF, l’institut scientifique précise que "l’investigation du lieu de l’infection est une compétence régionale et est organisée par le suivi des contacts", ce qui rend la tâche de centralisation plus complexe lorsqu’il s’agit de préciser les chiffres.

Une analyse française pour éclairer la situation belge

C’est là qu’intervient la récente étude de l’Institut Pasteur, publiée dans The Lancet Regional Health Europe, qui va un pas plus loin et permet d’éclairer les potentiels lieux de contamination du 1,7 million de personnes testées positives en Belgique mais aussi la 5e vague "fulgurante" qui déferle désormais aussi en France.

Concrètement, il s’agit du suivi de 12.000 Français testés positifs et de 5000 Français constituant un groupe témoin sur la période entre le 23 mai et le 13 août 2021, via un questionnaire complété ponctuellement par l’ensemble des participants. Il est à noter que cette période est située en plein cœur de l’été mais aussi dans une période marquée par de nombreuses réouvertures dans l’Hexagone, avec l’appui du pass sanitaire censé filtrer les personnes contaminées ou non-vaccinées. Les terrasses et lieux culturels puis l’intérieur des restaurants et les salles de sport et enfin les boîtes de nuit ont pu consécutivement rouvrir le 19 mai, le 9 juin et le 9 juillet.

Les réouvertures en France n’ont pas suivi le même calendrier qu’en Belgique puisque les restaurants ont pu rouvrir en intérieur dès le 9 juin, tout comme les salles de sport et les lieux de culture, sans l’utilisation du pass sanitaire belge, le Covid Safe Ticket. Les autorités n’ont pris la décision d’y recourir que plus tard et le Premier ministre Alexander De Croo estimait alors que "le dispositif preuve de covid safety ne [serait] que transitoire".

L’étude française est donc bien relative à la situation en France mais permet toutefois de faire apparaître les lieux les plus à risque d’être contaminé, une valeur qui manque cruellement à l’analyse de la situation en Belgique.

Les risques explosent en discothèque

Selon les résultats établis pas l’Institut scientifique français, les bars, les soirées privées et les boîtes de nuit sont les lieux où l’on risque le plus d’être contaminé au Covid-19. Pour les citoyens français de moins de 40 ans, avoir fréquenté un bar augmentait de 90% les risques d’être ensuite testé positif. Et cette multiplication du danger d’infection explose même à 350% de chances en plus d’être contaminé lors d’une fête chez des amis ou en famille et jusqu’à 790% de risque supplémentaire lorsqu’une personne de moins de 40 ans fréquente une discothèque. Un résultat interpellant puisque les boîtes de nuit ont rouvert en France selon un protocole très strict.

Si les bars sont souvent mis dans le même sac que les restaurants, aucun surrisque n’a été enregistré pour les seconds par l’Institut Pasteur durant l’étude. L’ouverture progressive en commençant par les terrasses, les jauges mises en place en France et le pass sanitaire, déjà d’application lors de l’analyse des données collectées, pourraient en partie expliquer pourquoi s’asseoir pour déguster un bon plat n’engendre pas davantage de risques.

Même constat pour les lieux de culture regroupant les cinémas, théâtre et autres salles de spectacle assis mais aussi pour les salons de coiffure. Il apparaît encore que les commerces, hormis ceux de proximité, ne représentent pas un risque très élevé d’être contaminé.

Un risque accru dans les trains mais pas autant qu’en avion

Et les transports alors ? Car la SNCB qui déplore de nombreux cas positifs parmi ses effectifs et il est difficile de croire qu’ils ont tous fréquenté une boîte de nuit récemment.

Il convient alors de scruter le volet transport de l’étude de l’Institut Pasteur qui évoque notamment les trains. Les risques y sont bien accrus de 30%, tout comme lors de trajets en voiture avec des proches.

Mais c’est dans les avions que le risque est le plus élevé puisqu’il est augmenté de 70%, selon les résultats de l’étude.

Toutefois, ce taux est à prendre avec des pincettes car les personnes empruntant l’avion reviennent généralement de l’étranger (bien que les vols intérieurs soient monnaie courante en France). "Il est possible que les personnes positives aient en réalité été contaminées à l’étranger lors d’un voyage", tempère l’Institut Pasteur dans ses conclusions.

Reste à savoir si tous ces chiffres qui braquent les projecteurs sur les lieux festifs et les transports sont transposables à la situation actuelle où les réunions se font davantage en intérieur et où l’aération est rendue plus complexe par les températures hivernales.

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