Coût, mode d'emploi, fiabilité, les autotests en vente en pharmacie depuis ce mardi

Depuis ce mardi, il est possible de se procurer des autotests en pharmacie afin de se tester au Covid-19. L’Agence fédérale des médicaments a autorisé la vente aux particuliers des autotests de deux fabricants. Ils sont vendus au prix de 8 euros et de 1 euro pour les Bim, les bénéficiaires de l’intervention majorée. Mais attention, ces tests ne sont pas fiables à 100%.

Seulement deux types de tests disponibles actuellement

L’AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé) n’a pour le moment autorisé la commercialisation en pharmacie que de deux modèles d’autotests. Il s’agit de ceux fabriqués par Roche et par Biosynex. Pour que des autotests d’antigènes SARS-CoV-2 soient autorisés en pharmacies, il faudrait qu’ils aient reçu le marquage CE. Cependant, comme l’explique l’AFMPS sur son site, il n’existe pas encore sur le marché européen un seul autotest de ce type qui bénéficie de ce marquage. "Par conséquent, seuls les tests à usage professionnel, qui répondent à des exigences strictes et qui ont été vérifiés par l’AFMPS, peuvent être vendus aux particuliers", explique l’AFMPS. Dans les prochaines semaines ou prochains mois, d’autres modèles d’autotests devraient être autorisés à la vente.

Un autotest coûte 8 euros. Pour les personnes BIM, bénéficiaires de l’intervention majorée, le coût sera de 1 euro, à raison de deux tests maximum par semaine.

Stock limité, pour le moment

Ce matin, dans une pharmacie de la capitale où nos équipes de tournage se sont rendues, il y avait des clients pour acheter ces tests, des clients soucieux d’être rassurés et de protéger leur entourage. "Pour moi, c’est un but préventif. J’ai des interactions avec des personnes plus âgées, des personnes plus à risques, mes parents, mes grands-parents, surtout maintenant en période de congés. C’est pour pouvoir vérifier que je ne suis pas positif et pas à risque" explique un client.

Du côté des pharmaciens, tous ne sont pas en mesure de fournir leurs clients, faute d’avoir été livré. Si une grande chaîne de pharmacies confirme avoir du stock après avoir commandé 40.000 autotests, toutes les officines ne sont pas logées à la même enseigne. "Ils sont très fort attendus. Cela fait une semaine qu’on reçoit pas mal d’appels dans ce sens-là. Mais on demande aux clients d’être patients parce que les grossistes sont en train d’être livrés et qu’il faut un temps pour que ce soit dispatché en pharmacie", explique Nadine Sinkam, pharmacienne à Schaerbeek.

De son côté, Yvan Verougstraete, l’administrateur-délégué de Medi-Market regrette le manque de préparation du gouvernement. "On est un grand groupe, on s’est organisé pour avoir les tests assez rapidement. On s’est démené dans tous les sens. Mais c’est dommage alors que ça fait des mois qu’on parle de ces tests, que tout à coup, le gouvernement se dise le 6, ça sera là et qu’il n’y ait pas de concertation avec le secteur. Les pharmaciens, les petits pharmaciens, qui auront du mal à les avoir, les patients qui arrivent, à qui on ne sait rien donner, c’est un peu dommage. C’était possible de faire autrement", regrette-t-il.

Comment fonctionnent ces tests ?

Comme il s’agit d’autotests, la personne pour qui l’autotest est acheté effectuera le prélèvement et lira le résultat. Pour le prélèvement, un écouvillon, une sorte de coton-tige doit être inséré dans les narines à une profondeur de 2 à 4 cm, soit beaucoup moins que les 8 à 10 cm des écouvillons des tests PCR. Les écouvillons des autotests sont aussi plus gros que ceux des tests PCR.

"Il est important de l’appliquer correctement dans les deux premiers centimètres, de tourner bien, d’un côté et puis de l’autre quatre fois. Cela doit au moins durer 10 à 15 secondes", explique un pharmacien.

L’autotest a ensuite un fonctionnement semblable à celui d’un test de grossesse. On introduit la tige dans un petit flacon rempli de liquide et on verse quatre gouttes sur un support. Le résultat, positif ou négatif, apparaît un délai de 15 à 30 minutes.

Il est prévu que les pharmaciens informent l’acheteur de l’utilisation de l’autotest.

Une fiabilité moindre que les tests PCR

Le test PCR, celui pratiqué dans les centres de dépistage et les hôpitaux, reste le plus fiable des tests. Il nécessite une analyse en laboratoire et, généralement, il faut plusieurs heures, voire un à deux jours pour en connaître le résultat.

Avec un résultat connu en moins d’une demi-heure, l’autotest a tout pour séduire. Il n’est cependant pas aussi fiable qu’un test PCR. On estime qu’il a une fiabilité de 80% chez les personnes symptomatiques. Cela signifie que chez un patient présentant des symptômes comme de la fièvre, de la toux, des difficultés respiratoire ou un nez qui coule, s’il s’agit du Covid-19, l’autotest le détectera dans 8 cas sur 10. Chez les personnes asymptomatiques, il y a un risque que l’autotest soit négatif. C’est d’ailleurs ce que confirme le Commissariat à la lutte contre le Coronavirus. "Un autotest ne détecte l’infection que lorsqu’elle est à son apogée, à son maximum, tandis qu’un test PCR peut détecter toute l’évolution de l’infection, y compris au tout début et à la fin de celle-ci. Donc, faites attention. Un autotest négatif n’exclut pas que vous soyez infecté ou deviendrez contagieux pour vos proches", explique Carole Schirvel, commissaire adjointe à la lutte contre le Coronavirus

Test Achats avait d’ailleurs déjà tiré la sonnette d’alarme. "Le test ne donne un résultat positif que pour les personnes qui excrètent beaucoup de particules virales, et ne détecte donc pas les personnes nouvellement infectées" a expliqué Julie Frère, la porte-parole de Test Achats. "Si le consommateur ne fait pas le test correctement, le résultat peut également être négatif", avait-elle expliqué. "C’est pourquoi même un résultat négatif n’exempte pas les consommateurs du respect des mesures, telles que le respect de la distanciation sociale et le port d’un masque. C’est un message qui n’est pas facile à saisir, et qui risque donc de créer un faux sentiment de sécurité", avait ajouté Julie Frère, craignant que l’arrivée sur le marché de ces autotests n’entraîne un résultat inverse à celui espéré et d’avoir plus de contaminations.

Lorsque le résultat de l’autotest est positif, les autorités demandent au patient de contacter un médecin et de se soumettre à un test PCR, plus fiable, qui confirmera ou non la contamination de la personne. Les pharmaciens doivent, en principe, rappeler cette consigne lors de l’achat de l’autotest.

JT du 06/04/2021 - Autotests : disponibles dans certaines pharmacies

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