Course au vaccin contre le coronavirus : où Pfizer se situe-t-il par rapport à ses concurrents ?

Course au vaccin contre le coronavirus : où Pfizer se situe-t-il par rapport à ses concurrents ?
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Course au vaccin contre le coronavirus : où Pfizer se situe-t-il par rapport à ses concurrents ? - © Images By Tang Ming Tung - Getty Images

L’annonce faite ce lundi par Pfizer a suscité un élan d’espoir dans le monde : l’entreprise pharmaceutique a affirmé que son vaccin, développé avec la société allemande BioNTech, est "efficace" à 90% pour prévenir les infections à Covid-19.

Mais Pfizer n’est pas la seule entreprise dans la course. En date du 3 novembre, l’Organisation Mondiale de la Santé recensait 47 candidats vaccins au stade de l'évaluation clinique.

Leur état d’avancement est variable. Mais une chose est sûre : tous les laboratoires se sont lancés dans une course contre la montre. Alors qu’il faut d’habitude plusieurs années pour arriver à un résultat, l’objectif est ici d’aboutir le plus vite possible… Sans sacrifier pour autant la qualité du vaccin lui-même.


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Certaines étapes devraient ainsi être accélérées pour permettre une mise sur le marché européen plus rapide qu’en temps normal. "A partir du moment où le processus est fourni à l’agence européenne du médicament, elle s’engage à le faire en priorité", expliquait récemment Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

"Les appréciations [de l’agence européenne du médicament] passeront avant la révision d’autres types de médicaments moins urgemment nécessaires. Cela explique la rapidité, parce qu’il n’y a pas de barrière liée au fait que vous êtes dans une file de médicaments qui doivent être examinés. Ici il y a clairement une priorité", ajoutait le médecin.

 

Le vaccin de Pfizer en est à la phase 3. C’est l’avant-dernière étape avant la mise sur le marché.

  • Pré-clinique : production d’un antigène, formulation du vaccin et expérimentation animale ;
  • Phase I : première administration à l’être humain (quelques dizaines de personnes). Mesure des effets secondaires, tolérance, réponse immunitaire ;
  • Phase II : quelques centaines de personnes. Mesure des effets secondaires, tolérance, réponse immunitaire ;
  • Phase III : étude de l’efficacité et repérage d’effets secondaires avec quelques dizaines de milliers de participants, panel plus varié (de 1000 à 10.000 et plus) ;
  • Sous licence : fabrication et surveillance constante des effets.

Pfizer et BioNTech ne sont pas les seuls à avoir atteint cette phase 3. Selon les chiffres de l’OMS, rassemblés dans un tableau interactif par la London School of Hygiene and Tropical Medicine (résumé ci-dessous), 10 vaccins en sont à la même étape.

Les entreprises qui les produisent portent des noms tels que Moderna, Astrazeneca ou Johnson&Johnson… Autant de sociétés retenues par la Commission européenne qui cherche à constituer un portefeuille varié de vaccins basés sur des technologies différentes.

Pour l’heure, l’UE – et donc la Belgique – mise en effet sur six vaccins, destinés aux Etats membres de l’Union européenne et à des pays tiers. "Ces vaccins sont développés sur base de techniques différentes, ce qui pourrait entraîner des différences de résultats significatives pour certains groupes de population comme les personnes âgées par exemple, et donc il est important de disposer de vaccins agissant différemment pour couvrir les différents publics cibles", expliquait encore Yves Van Laethem le 4 novembre dernier au micro de la RTBF.


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Et puis il y a ces pays qui font bande à part. La Russie par exemple, qui a déjà présenté l’été dernier son vaccin Spoutnik V produit par Gamaleya. Fin octobre, la Russie soumettait à l’OMS une demande "pour un enregistrement accéléré et une pré-qualification" de Spoutnik V.

A l’époque de sa présentation, ce vaccin a été perçu avec scepticisme dans le monde, notamment parce qu’il n’avait pas atteint la phase finale des essais au moment de l’annonce.

Début septembre, une étude préliminaire montrait que Spoutnik V déclenche bien une réponse immunitaire et n’a pas entraîné d’effets indésirables graves, ce qu’avait affirmé le gouvernement russe il y a un mois mais sans publier ses données.

En Chine, on vaccine déjà

Et en Chine ? Là-bas, la vaccination a déjà commencé. Pourtant, sur les quatre vaccins chinois les plus avancés, aucun n’a dépassé la phase 3. Mais les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains d'entre eux.

Ainsi, les autorités de Jiaxing ont proposé mi-octobre aux habitants de cette ville de l’est de la Chine des "vaccinations d’urgence" anti-Covid-19.

Les 18-59 ans peuvent se rendre en consultation en vue d’une éventuelle administration du vaccin de la société privée Sinovac, a indiqué le 15 octobre dernier le Centre de contrôle des maladies infectieuses de Jiaxing.

Ces "vaccinations d’urgence" sont recommandées en priorité aux habitants les plus exposés, comme le personnel médical, les personnes en contact avec le public, les douaniers ou encore les voyageurs devant se rendre dans des pays à risque.

Le géant asiatique prévoit d’être en capacité d’ici à la fin 2020 de produire 610 millions de doses par an de plusieurs vaccins, avaient déjà annoncé en septembre des responsables de la santé.

Vidéo : comment fonctionne le vaccin mis au point par Pfizer ?

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