Cours de philosophie et citoyenneté: chaos en secondaire?

Cette année, les élèves de secondaire ont vu arriver un nouveau cours dans leurs grilles horaires : le CPC, pour cours de philosophie et citoyenneté. Tous ont désormais une heure de CPC au programme, deux heures pour ceux qui ont choisi d’être totalement dispensés des cours de morale et de religion. On se souvient des conséquences en primaire de l’introduction de ce nouveau cours, avec notamment des profs obligés de courir entre 10 ou 12 écoles pour compléter leur horaire. On se souvient aussi qu’un collectif de profs de morale et de religion (CORME) avait réclamé le report d’un an de la réforme en secondaire, afin d’éviter un "chaos" prévisible. Qu’en est-il finalement ?

Force est de constater que les échos qui remontent du terrain sont très divers et parfois même contradictoires, du plus positif au plus négatif.

Réalités contrastées pour les profs

Partout, et y compris du côté des enseignants, on souligne que la rentrée a toujours été floue pour de nombreux profs de religion et de morale puisque les élèves peuvent signaler leur choix voire changer d’avis pendant le mois de septembre –le nouveau cours aurait parfois accentué ce flou sans le créer.

Le collectif CORME va plus loin. Pour lui, et selon les témoignages recueillis sur sa page Facebook, c’est bien le chaos qui est au rendez-vous : difficultés pour de nombreux profs -y compris nommés- de compléter leur horaire, retard dans les désignations, impossibilité de suivre la formation obligatoire pour continuer à donner ce cours à l'avenir, classes surchargées, manque de professeurs dans certaines écoles, etc. Mais quelle est l’ampleur des difficultés relevées ? Est-ce ponctuel ou généralisé ? Ce qui est sûr, c’est que se retrouver avec une seule heure assurée au lieu de deux complique forcément la donne. Nos coups de sonde auprès de professeurs, y compris parmi ceux n’appartenant pas au collectif, montrent ceci dit des réalités et des vécus très contrastés. Du côté de la CGSP, on relève peu de signalements remontant du terrain, à l’exception de difficultés pour les profs nommés, habituellement préservés de l’incertitude que connaissent leurs collègues temporaires à la rentrée. C’est surtout le réseau organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui connaitrait des ratés.

Organisation variable pour les pouvoirs organisateurs

Du côté des différents pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel (l’enseignement libre n’étant pas concerné par ce nouveau cours obligatoire), on reconnait parfois des difficultés inhabituelles dans la désignation des profs, liées en particulier à l’arrivée tardive des instructions -assez techniques-. Certains pouvoirs organisateurs communaux estiment avoir malgré tout bien anticipé et donc avoir pu organiser la rentrée sereinement –à ce niveau des enseignements auraient été tirés de l’expérience des primaires l’année passée.

Du côté du pouvoir organisateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on reconnait des retards dans les désignations tout en assurant que tout est en train de rentrer dans l’ordre. Les informations sont complètes et claires nous assure-t-on, en dépit de témoignages négatifs sur le terrain. Il semble à tout le moins que le bât blesse au niveau de la communication à propos de certains aspects concrets de l’application de la réforme. Il faudra aussi vérifier dans quelle mesure les profs ont la possibilité concrète de suivre les cours qui leur sont imposés pour être reconnus à l’avenir : les écoles ne sont pas obligées de les libérer deux heures comme cela leur est suggéré et les établissements d’enseignement supérieur ne sont pas tous en mesure de proposer des horaires de cours compatibles avec une vie professionnelle.

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