Cours à distance en secondaire : la fracture numérique est toujours là

Cours à distance en secondaire : la fracture numérique est toujours là
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Les élèves de l’enseignement secondaire vont de nouveau devoir suivre leurs cours à distance. Cela implique que chacun ait un ordinateur à disposition et puisse se connecter à internet. Pourtant, tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne bénéficient pas de ces outils. La fracture numérique est encore bien réelle.

À l’Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles, un sondage a été réalisé par l’équipe enseignante auprès des 400 élèves de l’établissement scolaire. Il en ressort que 29% des élèves n’ont pas d’ordinateur à la maison. Cela représente 116 élèves. Par ailleurs, douze élèves n’ont pas accès au wifi chez eux. Pour le directeur, Johann Dizant, "c’est douze élèves de trop".

Ce n’est pas une fracture, c’est un gouffre

Au sein de l’Institut, un enseignant a pris le problème de la fracture numérique à bras-le-corps. Nordine Ben Ghanem a lancé l’opération : "Objectif 100 PC". Et la mobilisation a été au rendez-vous : 580 ordinateurs ont été collectés et redistribués aux élèves qui en avaient besoin dans plusieurs écoles. Mais le constat est amer : "Les demandes continuent d'affluer, mais on est maintenant à cours d’idée, il faudrait une solution structurelle. Ce n’est pas une fracture numérique, mais bien un gouffre numérique". Nordine Ben Ghanem regrette : "Ce n’est pas normal que les solutions viennent du monde associatif".


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Aujourd’hui, face à cette nouvelle annonce de cours à distance, l’enseignant se sent seul : "C’est plus que démoralisant, on ne se sent pas soutenu". Face aux élèves et à leurs parents qui ne savent pas comment ils vont aborder cette nouvelle phase d’école à la maison : "On est en train de bricoler des solutions, mais ce n’est pas notre job. Nous sommes enseignants, nous sommes là pour enseigner aux élèves, pas pour les outiller".

Souvent un seul PC pour toute la famille

Du côté des élèves, le constat est sans appel : "ça va être compliqué". Moustapha est en 6e année et doit partager l’ordinateur familial avec son petit frère aussi en secondaire. Lors du confinement, il avait du mal à rendre ses travaux dans les temps. Aujourd’hui, Moustapha s’inquiète pour son avenir : "On va rater beaucoup de choses en restant à la maison. On sera moins bien préparé que les élèves des années précédentes qui ont eu la chance d’avoir un beau diplôme", regrette-t-il.

Luis fait part des mêmes difficultés. L’ordinateur familial est dans le salon. Il ne doit pas le partager avec ses petits frères âgés de 3 et 5 ans, mais il doit réussir à se concentrer au milieu de leurs jeux. "Mes parents utilisent parfois l’ordinateur pour leur travail, on va devoir faire un horaire", se prépare-t-il.

Johann Dizan, le directeur de leur établissement, remarque un effet pervers induit par la crise du coronavirus : "Avant le Covid, il ne fallait pas avoir un ordinateur pour suivre sa scolarité. Aujourd’hui, il en faut un. C’est une dépense supplémentaire qui n’était pas prévue dans le budget des familles", résume-t-il.

Secondaire : Cours à distance face à la fracture numérique : JT du 26/10/2020

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