Cotations, passerelles, options... Voici ce qui change dans le supérieur

Le nouveau système de cotation n'est pas un cadeau aux élèves ou un quelconque nivellement par le bas, estime-t-on du côté du ministère de l'Enseignement supérieur.
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Le nouveau système de cotation n'est pas un cadeau aux élèves ou un quelconque nivellement par le bas, estime-t-on du côté du ministère de l'Enseignement supérieur. - © Tous droits réservés

Le décret "paysage" entre en vigueur avec cette rentrée académique. Longtemps discuté, incompris, voire critiqué, il a pourtant pour objectif de décloisonner l’enseignement supérieur en Belgique. Pour les étudiants, pas de changement perturbant, mais une plus grande liberté dans le choix des matières et surtout, un nouveau système de cotation qui a quelque peu jeté le trouble.

Alors que certains étudiants terminent actuellement leur seconde session, le "décret définissant le paysage de l'enseignement supérieur et l'organisation académique des études" – de son vrai nom – est amené à redéfinir, entre autres, l’organisation et le dialogue entre les différentes institutions pour la rentrée académique 2014-2015.

Mais le système d’évaluation est également revu. "Alors qu’il fallait une note minimum de 10/20 dans chaque cours et une moyenne de 12/20 au total, il faudra à l’avenir une cote de 10/20 par cours, mais aussi 10/20 de moyenne pour l’ensemble des résultats", indique Gaël Lambinon, porte-parole du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.

"Pas de cadeau aux élèves"

La mesure est claire, mais le trouble a été jeté quant à son entrée en vigueur lorsqu’une lettre du ministre fut envoyée le 16 juillet dernier à l’ensemble des directeurs d’établissements. Elle les invitait à "suivre, dès à présent, l'esprit de la réforme", en intégrant ce nouveau système alors qu’il n’était prévu que pour la rentrée. Le ministre a rapidement corrigé le tir : les étudiants en deuxième session sont bien soumis au même régime qu'en première session.

"Il n'y a pas de changement de règle pour l'année académique 2013-2014, explique le ministre wallon de l'enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt. Les étudiants en seconde session se verront appliquer les mêmes règles de délibération que ceux de la première session. La question qui se pose c'est que, avec la rentrée de l'année académique 2014-2015, nous devons déterminer le statut des étudiants qui, n'ayant pas réussi leur année, doivent savoir quels cours ils doivent présenter durant cette année académique."

Cette première lettre du 16 juillet avait effectivement suggéré, non pas une application du nouveau système, mais plutôt un assouplissement des délibérations concernant les cotes de 10 et 11 sur 20 afin de couper court aux éventuelles "tracasseries" pour les jurys. Cette demande a été perçue par certains établissements comme une demande de modification des règles d'évaluation et de délibération en cours d'année académique, créant notamment une iniquité entre étudiants de première et de seconde session.

Un simple "malentendu", selon les mots de Gaël Lambinon, concernant cette mesure à laquelle a souvent été reproché un "nivellement par le bas", à tort. "Ce n’est pas un cadeau aux élèves, non ! C’est une manière de clarifier les choses et de nous aligner au niveau international, commente le porte-parole du ministre. Les profs ne sont pas stupides : leurs critères de réussite resteront les mêmes et ils changeront simplement leur grille de cotation. Ce n’est jamais qu’un chiffre pour un autre et pour le même résultat."

Ouverture du dialogue

L’évaluation n’est pas le seul élément modifié dans ce décret. Le renforcement des relations entre les différentes universités et hautes écoles était l’un des objectifs prioritaires de ce décret. "Décloisonner l’enseignement supérieur en Belgique francophone, ouvrir le dialogue, faciliter et encourager les partenariats", énonce Gaël Lambinon qui décrit une situation antérieure faite de "chacun pour soi", de "concurrence" et de "chasse à l’étudiant" pour obtenir "une enveloppe plus grande que les autres écoles" de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La plateforme ARES, autrement dit l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur, endossera ce rôle bien compliqué de lieu de rencontre et de dialogue entre établissements. Cela ne se fera guère "du jour au lendemain", admet le porte-parole du ministre Marcourt, mais le projet est prometteur pour mener des "expériences pilotes" inter-écoles notamment.

Parcours plus flexible

L’entretien des relations sera d’autant plus nécessaire que l’étudiant pourra, dès cette rentrée académique, suivre des cours dans plusieurs entités au cours d’une même année, sans partenariat nécessaire entre elles. "Il y aura en effet une certaine flexibilité du choix de parcours par l’étudiant, même s’il y aura une série de connaissances de base à acquérir et certaines valises restrictives", confirme Gaël Lambinon.

La codiplômation sera également envisageable, au niveau "national, comme international". Il s’agira donc d’un programme d’études co-organisé, cogéré, et co-dispensé par plusieurs établissements d’enseignement supérieur. En cas de réussite, un diplôme sera alors conjointement délivré par les partenaires.

Passerelles redéfinies

Les passerelles entre cursus de type court et ceux de type long auront par ailleurs désormais un cadre légal. Le passage d’un bachelier en haute école à un master à l’université, par exemple, ne nécessitera plus d’effectuer une année de transition. Le saut se fera directement, avec une éventuelle adaptation ou un alourdissement (de maximum 60 crédits supplémentaires) du programme.

Enfin, dans la pratique, la date limite d’inscription aux études est uniformisée et fixée au 31 octobre. Le paiement du solde des droits d’inscription devra quant à lui être réglé pour le 4 janvier au plus tard.

Thomas Mignon

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