Corruption à Monaco: Pierre Salik, seul homme inculpé en Belgique

Les six personnes interpellées ce lundi à la suite des neuf perquisitions menées à Knokke-Heist, à Bruxelles et dans la région de Namur ont toutes été relâchées après "audition circonstanciée", a annoncé le parquet fédéral ce mardi concernant l'enquête pour des faits de corruption d'agents publics à Monaco.

Une personne a néanmoins été inculpée "du chef de corruption active d'agents publics étrangers". Il a malgré tout été "remis en liberté moyennant le respect de strictes conditions".

Le parquet fédéral confirme par ailleurs que "de très importantes sommes d'argent liquide ont été trouvées et placées sous scellés", sans en préciser le montant, assurant qu'un "comptage automatisé" de cet argent sera effectué prochainement.

Pierre Salik, homme d'affaires carolo

Selon nos informations, la personne inculpée est l'homme d'affaires carolo Pierre Salik.

Âgé de 86 ans, il est notamment connu pour avoir repris la prolifique société de textile de son père, "Salik Jeans". Il avait par ailleurs été cité dans l'affaire de l'enlèvement d'Édouard-Jean Empain en 1978 : les ravisseurs du baron l'avait alors choisi comme contact téléphonique pour déjouer la surveillance téléphonique de la police française.

Pierre Salik fut également au cœur de l'affaire de la faillite "Kid Cool", du nom d'une société de vêtements pour enfants. Il a été inculpé en 2002 des chefs de corruption, de faux et usage de faux pour lesquels, le délai de prescription ayant été atteint en 2013 , il a bénéficié d'un non-lieu.

"Tous les faits (de corruption à Monaco) sont contestés", a déclaré son avocat Jean-Philippe Mayence, dont le client avait été interpellé lundi.

Le parquet monégasque exprime sa "consternation" et sa "tristesse"

Le parquet monégasque a exprimé mardi "consternation et tristesse car l'image de la sûreté publique pâtira de cette situation" après la révalation du scandale de résidence fictive monnayée sous le manteau par des retraités de la sûreté publique à un magnat du textile belge. "Comme tous les autres États du monde, Monaco n'est pas à l'abri de la corruption de certains", a-t-il regretté, alors que c'est la première fois que la Principauté de Monaco est éclaboussée par une telle affaire.

"Il ne s'agit que de faits limités à quelques titres de résidence, bénéficiant à une famille de l'Union européenne et accordés voilà plusieurs années par des fonctionnaires aujourd'hui en retraite, jusqu'ici considérés comme au-dessus de tout soupçon", a souligné le parquet. L'affaire a surpris à Monaco, où une réorganisation des services concernés a été annoncée.

A Monaco, l'enquête se poursuit aussi avec des perquisitions et des gardes à vue, dont le parquet n'a pas divulgué le nombre.

Un policier à la retraite est suspecté d'avoir arrondi ses revenus depuis des années, avec l'aide, "probable" selon le parquet, de deux autres fonctionnaires de la sûreté publique.

Pour maquiller l'absence des suspects belges de la Principauté, les logements qu'ils louaient étaient sous-loués, ce qui est strictement interdit à Monaco, mais a pu se faire grâce à l'aide d'une agence immobilière, selon le parquet monégasque.

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