Coronavirus: véritable course contre la montre pour mettre sur le marché un vaccin contre le covid-19

Coronavirus: véritable course contre la montre pour mettre sur la marché un vaccin contre le covid-19
Coronavirus: véritable course contre la montre pour mettre sur la marché un vaccin contre le covid-19 - © THIBAULT SAVARY - AFP

Sanofi et GSK (Glaxo-Smith-Kline), deux des leaders mondiaux dans le domaine des vaccins s'associent pour mettre au point et produire à large échelle un nouveau vaccin contre le Covid-19.

Une course au vaccin qui ne serait pas, selon GSK, une course commerciale les uns contre les autres mais une course contre la montre pour inventer et fabriquer au plus vite des centaines de millions de doses de vaccins pour arriver au bout de cette pandémie.

Soyons honnête, aucune entreprise n'aura, à elle seule, les ressources pour en produire à une telle échelle, de là à dire que la concurrence ne fera pas rage, il y a un pas que nous ne franchirons pas. 

S'unir pour produire des centaines de centaines de millions de doses

"Sanofi a une grande capacité de production de vaccins contre la grippe", explique Emmanuel Hannon, le responsable mondial recherche et développement pour les vaccins chez GSK, "elle va utiliser cette énorme plateforme pour produire l'antigène, un des ingrédients actifs du vaccin, GSK va produire l'adjuvant, l'autre ingrédient actif, une substance qui permet d'amplifier la réponse immunitaire (la réaction de notre corps contre le virus) et de diminuer la quantité d'antigène par dose. Cela va nous permettre de démultiplier la capacité de production pour offrir des vaccins en très grandes quantités."

Mais pas avant 15 à 18 mois

Les deux produits seront mis au point en parallèle, ils seront ensuite mixés pour obtenir le futur vaccin, une façon de faire bien connue et qui est déjà utilisée dans la fabrication des vaccins comme celui contre la grippe. En temps normal, il faut près de 10 ans pour mettre un nouveau vaccin sur le marché. Mais pandémie oblige, les timings seront raccourcis. "Les timings seront les mêmes pour les différentes firmes pharmaceutiques sur le terrain", prévient Emmanuel Hannon.

"Ils sont de 15 à 18 mois entre le début de la pandémie et la mise à disposition des vaccins, à large échelle. Ils dépendent des interactions que nous avons avec les autorités régulatoires qui évaluent la qualité et qui donnent le feu vert. Ces autorités nous permettent, cette fois, de comprimer le temps de développement, au strict minimum pour démontrer l'efficacité du vaccin et l'absence d'effets secondaires. Ces données sont essentielles pour un vaccin qui sera administré à des centaines de millions de personnes." 

La première étude clinique devrait démarrer dans la deuxième moitié de 2020, suivie par une de phase 3 dans les 6 premiers mois de 2021. Le futur vaccin arriverait dans le second semestre 2021.


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La course au vaccin fait rage avec deux tests cliniques en Chine

Reste que la Chine teste en ce moment deux vaccins, élaborés par deux firmes, de Pékin et de Wuhan, le berceau de l'épidémie. Les autorités sanitaires chinoises ont donné leur feu vert à des tests sur l'homme, le 17 mars dernier alors que des chercheurs américains menaient des tests d'un vaccin sur 45 volontaires.

A la KULeuven, l'Institut de virologie REGA, une référence mondiale pour le coronavirus, est aussi dans la course. En se basant sur un nouveau vaccin contre la fièvre jaune très performant, les chercheurs se sont rendus compte qu'en y insérant de petits morceaux d'autres virus, ce vaccin pouvait donner une immunité contre ces autres virus.

L'expérience a été menée avec succès avec Zika, Ebola ou la rage. Le vaccin serait donc modulable. Les scientifiques ont l'espoir que cela marchera avec le Sars-CoV2 et que cela fera gagner du temps. 

Et en juin, un vaccin expérimental en test en Allemagne et en Belgique

Le labo Allemand CureVacva lui, lancera des tests cliniques pour un vaccin expérimental contre le coronavirus en Allemagne et en Belgique, dès le mois de juin ou juillet, sur des adultes en bonne santé.

Ici, la technique utilise l'ARN messager qui copie temporairement l'ADN de plusieurs gènes du virus. En l'injectant au patient on on stimule son immunité pour qu'il produise lui-même les protéines qui vont le soigner. Les études se feront sur 2 à 3000 personnes dont des Belges.

Sans oublier le sérieux candidat vaccin de l'US Johnson&Johnson

Enfin, Janssens Pharmaceutica, de la firme américaine Johnson&Johnson a été la première à l'annoncer, elle aurait déjà sélectionné trois candidats vaccins contre le coronavirus, dont un candidat qui aurait toute les chances d'aboutir. 

Il s'inspirerait  d'un vaccin qui avait été étudié contre le Sars en 2002 (un cousin de l'actuel cornavirus). Bien sûr, comme pour les autres, ce vaccin n'est pas pour demain, des tests pré-cliniques doivent avoir lieu sur des animaux, des singes puis des tests cliniques sur des humains  qui pourraient commencer en septembre, avec peut-être déjà une commercialisation à la mi-2021, ce qui demanderait une procédure d'urgence de mise sur le marché. 

Son titre en Bourse a bondi après l'annonce.

Le vaccin, c'est une véritable course à l'échalote pour des dizaines de labos dans le monde mais il faudra encore patienter de nombreux mois avant de le voir sur le marché.