Coronavirus : un vaccin d’ici janvier ? Ça avance mais prudence

Alors que le coronavirus, apparu en décembre dernier en Chine a fait près de 800.000 morts dans le monde, la course aux vaccins est de plus en plus effrénée. Plusieurs laboratoires pharmaceutiques dans le monde se sont lancés dans la course et les annonces sur les avancées rapides sont de plus en plus fréquentes. Un développement rapide, qui inquiète parfois aussi.

Un vaccin pourrait bien être commercialisé d’ici janvier en Belgique. Mais sera-t-il sûr et fiable ?

Phase 3 du test clinique sur 3000 personnes

L’OMS et l’Agence européenne du médicament entament la phase 3 de l’essai clinique d’un vaccin qu’ils tentent de mettre en place. L’objectif est de "travailler sur des données d’efficacité qui viendront du développement clinique de cette phase 3. Une phase au cours de laquelle, le vaccin sera testé sur 3000 personnes", indique Jean-Michel Dogné, conseiller auprès de ces organisations. Et d’ajouter, "je ne suis pas comme Monsieur Poutine qui prétend avoir vaccin sûr testé sur quelques personnes. C’est cette fameuse phase 3 qui va permettre de déterminer l’efficacité clinique, c’est-à-dire est ce que oui ou non le vaccin peut prévenir la maladie cliniquement et non pas seulement au niveau de la production d’anti-corps".

Des données cruciales

Si l’efficacité d’un vaccin venait à être prouvée, et c’est un gros "si", c’est cette phase de test, sur un nombre significatif de personnes qui devrait être déterminante, notamment du point de vue de la récolte des données. Il faudra aussi tester l’ampleur des effets indésirables. "Sur 3000 individus, nous allons pouvoir observer des effets indésirables qui sont les plus fréquents. On va observer ceux qui vont apparaître dans un cas sur 1000", souligne Jean-Michel Dogné.


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En effet, en amont, il y a "un travail préparatoire colossal que réalise l’OMS, l’Agence européenne du médicament et l’agence belge du point de vue des données épidémiologiques pour des maladies qui pourraient être éventuellement liées au vaccin et pour connaître si un vaccin peut entraîner ces maladies, il faut connaître le taux d’incidence de ces dernières dans la population", explique l’expert.

Vient ensuite, la récolte des données sur les personnes qui participeront effectivement à la phase 3. "Tant les professionnels de la santé que les individus qui vont être vaccinés vont pouvoir rapporter ces effets indésirables et nous avons besoin de ces données", souligne Jean-Michel Dogné. Et d’ajouter, "c’est sur base de ces données que nous pourrons déterminer si le taux de ces effets indésirables est plus important chez les personnes vaccinées ou non".

De la transparence pour convaincre

Le fait que cette course aux vaccins pour une éventuelle commercialisation dès le mois de janvier, cela semble extrêmement rapide. Et face à cela, certaines voix commencent à s’élever pointant un manque de recul. Un scepticisme auquel, pour Jean-Michel Dogné, la seule réponse possible doit être "la transparence". Il indique que "l’Agence européenne du médicament s’est engagée à être la plus transparente que jamais".

"L’agence européenne du médicament s’est engagée à publier l’ensemble des données au moment d’une autorisation de mise sur le marché du vaccin", souligne Jean-Michel Dogné.

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Jean-Michel Dogné © Capture d’écran
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