Coronavirus : magasins Delhaize en grève à Bruxelles et Namur, le mouvement étendu à tout le pays jeudi ?

Le personnel bruxellois des supermarchés Delhaize de Flagey (Ixelles), Westland (Anderlecht) et Veeweyde (Anderlecht) a débrayé mercredi matin. Le magasin de Jambes (Namur) a aussi gardé portes closes ce mercredi, indiquent la CNE et le Setca. Mardi, un protocole d’accord a été finalisé entre les syndicats et la direction de Delhaize, et "il y a des endroits où il ne passe pas", confirme Myriam Delmée du syndicat socialiste.


►►► Lire aussi : Magasins fermés, cash interdit, un client par 10 mètres carrés : les nouvelles mesures en vigueur dans les grandes surfaces


Après l’échec des négociations avec la fédération du commerce Comeos, les syndicats négocient avec chaque distributeur des aménagements pour rendre le travail du personnel en magasin plus supportable dans le cadre de la crise sanitaire du covid-19.

Des accords ont déjà été passés avec Aldi, Lidl, Cora, Carrefour et depuis hier, avec Delhaize. Ce dernier comprend l’octroi de cinq jours de congé supplémentaires et entre 400 et 470 euros de pouvoir d’achat (via différents moyens comme des chèques-repas notamment) pour les travailleurs.

Les syndicats ont donc présenté le protocole d’accord à leur base.

Il n’est pas passé partout, puisque quatre magasins n’ont pas ouvert leurs portes. Et la situation pourrait faire tache d’huile, même dans d’autres enseignes, estime Myriam Delmée, qui rappelle par la même occasion que "les syndicats ne sont pas là pour jouer les pompiers" et invite les élus politiques à rester à leur place, soit hors de la concertation sociale.

Les déclarations jugées hors sujet ne facilitent pas la sérénité alors que les travailleurs sont mis sous une pression importante, ont peur, font face à l’agressivité de certains clients et doivent parfois faire avec des mesures d’hygiène plutôt bancales, rappelle-t-elle.

Des consultations en front commun sont en cours dans les magasins Delhaize  

"Les travailleurs veulent des primes, pas une augmentation des chèques repas ou des bons d’achat, qui ne permettront pas de payer les factures à la fin du mois" déclare Manuel Gonzalez, permanent CNE en charge de l’entreprise.

"De même, nos travailleurs veulent fermer une heure plus tôt le soir pour pouvoir souffler " continue Rosetta Scibillia, déléguée CNE Bruxelles. " En fin de journée, nous n’avons quasiment plus de clients mais par contre en journée, nous avons besoin de mains pour réassortir. La proposition de Delhaize de ne fermer une heure plus tôt(c’est-à-dire 20h) que le vendredi n’est pas suffisante".