Coronavirus : tester pour mieux déconfiner, avec ou sans masque, avec ou sans distance, debout ou assis, tel est le souhait de la FWB

Ce jeudi, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé qu’il acceptait que l’on organise dès le mois d’avril six événements culturels "pilotes" durant lesquels des scénarios, des protocoles, sanitaires permettant une reprise de la vie culturelle seraient testés.

Les six événements n’ont pas encore été choisis, mais certaines propositions sont déjà bien concrètes. C’est le cas de l’idée d’un concert test du groupe Ykons dans la salle du Théâtre de Spa. Le directeur des Francofolies de Spa, le député MR Charles Gardier est à l’origine de cette proposition à Spa. L’idée est de rassembler 400 personnes dans une salle pour un concert, les protocoles étant définis avec l’Université de Liège.

"Ce qui s’est passé, simplement, c’est que les décisions du dernier Codeco ne donnaient réellement aucune perspective au redéploiement culturel. Et avec le groupe Ykons, le Centre culturel de Spa, la bourgmestre, l’Université de Liège et Diana Nikolic, qui s’est aussi fort activée là-dessus, on a vraiment voulu venir du côté des solutions, et les discussions que j’avais avec les artistes depuis un certain temps faisaient état de cette volonté d’être du côté des solutions. On s’est alors dit que ce qui se faisait un peu partout, c’était des événements tests, des événements encadrés scientifiquement, pouvant donner des données objectivables pour démontrer qu’un spectacle n’est pas dangereux pour la santé, si on prend évidemment des mesures claires et des protocoles qui le sont tout autant. Et ces données, qui seront issues de ces différents spectacles tests, pourront être utilisées par les experts et par le monde politique pour enfin redonner des perspectives réelles à ce monde culturel qui en a tant besoin. Et il n’y a pas que le monde culturel, on pourrait aussi faire ces démarches pour des domaines comme le sport ou même l’Horeca. On a besoin de ces données objectivées pour pouvoir effectivement donner des perspectives claires à ce monde culturel", détaille Charles Gardier.

Avec ou sans masque ?

Un concert test avec 400 personnes, dans une salle de 440, cela pose évidemment la question du masque. C’est avant tout une question de jauge précise le directeur des Francofolies. "L’idée est évidemment de se servir d’un lieu qui est ce petit théâtre du Casino de Spa, qui est une petite bonbonnière assez magnifique de 440 places, mais l’idée est de l’utiliser avec une jauge la plus importante possible pour à nouveau prendre en compte la réalité du secteur culturel. C’est-à-dire qu’on ne peut évidemment pas imaginer que demain on va réellement relancer la culture en ayant des jauges très petites. Et il faut bien comprendre qu’on ne veut pas organiser un concert, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour pour le moment, c’est vraiment d’organiser des événements à caractère scientifique, totalement encadrés par des équipes, en l’occurrence de l’Université de Liège, les équipes de Fabrice Bureau, pour pouvoir tirer des conclusions le plus rapidement possible, avec des données objectivées qui vont donner des perspectives, et donc pouvoir, en clair, avoir des spectacles qui auront un seuil de rentabilité."

Combien de spectateurs ?

Quid du nombre de spectateurs donc, indissociable de la rentabilité. "Si on connaît un peu le monde culturel, on se rend bien compte qu’en ayant 50 personnes, on ne peut évidemment pas proposer à un artiste d’avoir des rentrées suffisantes, mais aussi tous les gens qui travaillent autour. Si on est avec des jauges trop basses, en réalité, on ne va aider que la culture subventionnée. Ce sont les seuls qui pourront être relancés. Or, on le sait, il y a également toute une série d’acteurs culturels qui ne sont pas subventionnés et qui méritent tout autant d’être pris en compte et d’être entendus."

Un risque, assumé par Charles Gaudier et plus généralement par le secteur culturel particulièrement aux abois : "On ne pouvait pas être en train d’attendre des perspectives qui ne viennent pas et on doit se servir de ce qui s’est fait dans d’autres régions. On a vu qu’il y avait d’autres événements tests."

Heureux d’avoir donné un coup d’aiguillon positif

Demeure la question de la mise en œuvre. Comment faire en sorte que ce concert test ne soit pas un évènement isolé ? "En fait, pour que ces concerts tests aient du sens, il faut qu’il y en ait plusieurs, il faut qu’il y ait plusieurs événements, il faut évidemment prendre en compte ce qui s’est déjà fait, l’analyser, et il faut avoir une attitude purement scientifique par rapport à cela. Il faudra aussi regarder ce qui se fera en Flandre, puisqu’on annonce là aussi des démarches dans ce sens, il faudra rapidement avoir un panel d’événements qui pourront être analysés, et c’est la conjonction de tous ces éléments qui permettra de donner des données objectivées. Moi, je suis évidemment très heureux de cette décision de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On est heureux d’avoir donné un coup d’aiguillon positif, nous semble-t-il, puisqu’on n’en parlait finalement pas réellement avant notre sortie, et j’ai entendu de la part de toute une série d’acteurs culturels, depuis cette sortie, la volonté de se proposer aussi comme événement test. Et ça, je pense que c’est également une bonne nouvelle. Il y a une mobilisation et il y avait d’ailleurs — et je l’ai appris à cette occasion — différents événements qui étaient en préparation pour essayer de venir du côté des solutions, des propositions. Pas mal d’acteurs culturels étaient prêts, avaient envie et avaient parfois déjà proposé de tenir ce genre d’événement."

Un projet pilote parmi d’autres, un projet test et scientifique. Les six projets pilotes n’ont pas encore été choisis par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ceux-ci toucheront tous les secteurs des arts de la scène.

 

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