Coronavirus : que penser du variant colombien, présent en Belgique ? "Nous devons suivre la situation", dit Marc Van Ranst

Faut-il s’inquiéter après le décès de sept résidents de la maison de repos Ter Burg à Zaventem ayant contracté le variant colombien du Covid-19 tout en étant vaccinés ? "Nous devons suivre la situation", répond le virologue et épidémiologiste de la KULeuven Marc Van Ranst.

Selon une étude menée au Royaume Uni, le variant colombien (B.1.621) n’est ni plus dangereux ni plus contagieux que les variants apparus ces derniers mois. Cette étude britannique doit toutefois être relativisée : "L’étude se base sur quelques échantillons seulement. Ce n’est pas suffisant pour tirer des conclusions définitives, les données qui la sous-tendent sont trop faibles", analyse Marc Van Ranst.

Vingt souches isolées

Ce variant B.1.621 présente une mutation (417 N) sur la protéine Spike autrement dit sur la clé qui permet au SARS-CoV-2 d’ouvrir la porte pour pénétrer dans nos cellules. Il a été détecté pour la première fois en janvier dernier en Colombie. Selon le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le variant colombien représente 10% des échantillons positifs dans le sud de la Floride et 2% des échantillons de l’ensemble des Etats-Unis. Et en Belgique, il a été isolé vingt fois.


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Selon le virologue Marc Van Ranst, "On ne sait pas comment le virus va se propager. Nous devons suivre la situation. Il est certain qu’il va se propager mais le variant Delta (indien) est tellement puissant qu’il est improbable – mais pas impossible – que ça continue à augmenter". Autrement dit, il y a peu de chance que le variant colombien supplante le variant Delta (indien) comme ce dernier l’avait fait il y a quelques mois avec le variant Alpha (britannique).

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Importance et évolution des variants présents en Belgique © Laboratoire de référence de l’UZ Leuven et de la KULeuven.

Le Delta représente aujourd’hui près de 95% des nouvelles contaminations en Belgique, le variant Alpha (britannique) 3,7% et le variant colombien est donc repris dans le 1% d’autres variants présents chez nous, d’après les analyses du laboratoire de référence de l’UZ Leuven et de la KULeuven.


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Le variant dans son contexte

Pour revenir à la maison de repos de Zaventem, les premières infections ont été détectées le 16 juillet dans une unité de soins destinée aux résidents atteints de démence. En quelques jours, vingt personnes ont été contaminées. Le premier décès est survenu le 21 juillet, le dernier au début de cette semaine.

Pour le virologue de la KULeuven Marc Van Ranst, "Il faut tenir compte du contexte particulier de ce cluster. Il est en effet difficile de contrôler la détresse respiratoire dans une unité comme celle-là. L’âge très avancé des patients a également joué un rôle. La personne la plus âgée qui est décédée avait 93 ans." Comme d’autres variants, cette souche du coronavirus est surveillée de près mais rien n’indique à ce stade qu’il faille céder à la panique.

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