Coronavirus : pour le PTB, les travailleurs ne doivent pas payer les pots cassés de cette crise

Coronavirus : pour le PTB les travailleurs ne doivent pas payer les pots cassés de cette crise
Coronavirus : pour le PTB les travailleurs ne doivent pas payer les pots cassés de cette crise - © rtbf

Cela fera bientôt 5 semaines que nous vivons confinés en Belgique et l’épidémie n’est pas encore sous contrôle. Le Conseil national de sécurité doit se réunir ce mercredi. Il devrait annoncer, sur base des recommandations d’un collège d’experts, la prolongation, voire le durcissement des mesures actuelles et cela au moins jusqu’au début du mois de mai.

Pour aborder les conséquences de la crise, notamment sur le plan socio-économique, l’invité de la matinale, ce matin en radio était Raoul Hedebouw, le chef de groupe PTB à la Chambre et porte-parole de parti.

Premier thème abordé, le respect des règles de confinement. Faut-il accentuer la répression pour ceux qui contournent les mesures ?

Pour le porte-parole du PTB, il est évident qu’il faut respecter les règles et ceux qui ne le font pas doivent être sanctionnés, mais cela ne veut pas dire plus de répression. D’autant qu’autour de lui, énormément de monde les respecte.

Les intérêts économiques priment trop par rapport à la santé

Par contre, il estime qu’il y a une forme d’hypocrisie à ne parler du confinement que par rapport à la sphère privée et que l’on parle très peu du respect des règles sur les lieux de travail. Il rappelle que des inspections ont eu lieu de la fin mars à début avril "et sur 328 entreprises inspectées, 85 % d’entres elles n’étaient pas en ordre de social distancing […] et là je trouve que les intérêts économiques priment trop par rapport à la santé dans la politique appliquée aujourd’hui ". Raoul Hedebouw demande dès lors un renforcement des règles et les faire respecter dans les entreprises, grandes surfaces, etc.

Restreindre la liste des travailleurs essentiels

Le chef de groupe PTB à la Chambre pointe également le fait que trop de salariés sont considérés par le gouvernement comme étant des travailleurs essentiels : "Deux millions sont considérés comme des travailleurs essentiels […] pour moi, les secteurs essentiels ce sont ceux liés à l’alimentaire, à la crise sanitaire, mais pas l’ensemble des deux millions de salariés ".

Raoul Hedebouw demande donc que cette liste soit restreinte par le gouvernement et que par la même occasion soient organisées des inspections avec des sanctions aux employeurs en cas de non-respect des règles.

Pour lui, il est également trop tôt pour rouvrir certains magasins, par exemple les jardineries, les magasins de bricolage, voire les coiffeurs. Trop tôt en regard des courbes qui ne donnent pas encore de signes rassurants.


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Raoul Hedebouw craint qu’il y ait aussi un lobby qui demande une relance rapide des processus industriels. Il cite en exemple l’usine Audi à Bruxelles qui veut relancer la production de ses voitures. "Est-ce qu’on peut me dire ce qu’il y a d’essentiel à produire des bagnoles aujourd’hui en pleine crise sanitaire ? Personne ne comprend cela… ". Le social distancing ne pourrait pas être respecté insiste le porte-parole de PTB.

Nous rappelons à Raoul Hedebouw que les employeurs ne sont pas les seuls à vouloir reprendre leurs activités, les travailleurs aussi. "Oui", dit-il, "parce que ces travailleurs ne veulent pas perdre leur pouvoir d’achat". Et de rappeler que la plupart des personnes en chômage économique vont perdre de 30 % à 40 % de pouvoir d’achat. "Qui va payer les pots cassés de cette crise du coronavirus, mois je ne pense pas que ce doit être les travailleurs".

Taxe sur les fortunes

Il explique alors ce que le PTB a mis sur la table : "C’est de garantir que le chômage économique ne soit pas de 70 % avec un plateau, mais de 100 %". Et pour payer cette mesure, il propose une taxe de 5% sur les fortunes de plus de 3 millions d’euros.

L’homme souhaite aussi que tous les indépendants et les petites et moyennes entreprises souffrant de la crise actuelle puissent bénéficier d’une aide économique.

Il voudrait également qu’un chèque énergie de 200 euros soit donné aux travailleurs en chômage temporaire ou technique en Wallonie comme c’est le cas en Flandre.


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