Coronavirus : plus de la moitié des soignants se déclarent fatigués, un sur cinq veut quitter le métier

Quels ont été les impacts de la crise du coronavirus sur les professionnels de soin et d’aide ainsi que les aidants proches ? Plus de 3100 d’entre eux ont participé à une enquête ("Power to care") de Sciensano et la KULeuven entre le 8 et le 15 décembre dernier.

Les résultats présentés ce mardi lors d’un point-presse du Centre de crise montrent que ce secteur a pris un coup et que le besoin en soutien est important. Pression, stress chronique, anxiété… Le personnel, tant des hôpitaux, que des maisons de repos, celles et ceux en première ligne, dans toutes les régions ont été impactés.

Ainsi, 56% disent ressentir un sentiment fatigue contre 38% en temps normal. 51% se déclarent sous pression (24%). Se détendre après une journée de travail, ce n’est plus possible pour 46% des sondés (27% habituellement). Evidemment, cela se ressent sur la qualité du sommeil : 40% disent ressentir des problèmes pour dormir (25%) et 26% des problèmes pour se concentrer (15%).

Douleurs physiques, douleurs mentales

38% disent être pris d’hypervigilance au travail (24%) ce qui les conduit à ressentir aussi de l’anxiété pour 27% des personnes interrogées (12%).

Le cerveau et le corps ont du mal à suivre face à la crise du coronavirus, quand on est au contact des malades du Covid comme des autres. 38% se plaignent de douleurs musculaires (21%), 30% de maux de tête (12%) et 21% de maux d’estomac (11%).

Il est important que l’offre soit adaptée pour ce personnel

Des angoisses, des douleurs, des difficultés à affronter la réalité de terrain. Mais tout cela est-il partagé ? Les personnes ont-elles l’occasion d’échanger sur leur ressenti ? 25% se déclarent isolées au travail (13%) et 16% dans une position incertaine dans leur équipe (7%). 27% partagent leurs problèmes avec leur chef d’équipe et 15% auprès d’un professionnel sur l’aspect plus psychologique.

La demande d’un accompagnement est forte ceci étant. "Plus de la moitié disent avoir certainement ou probablement" besoin de parler à son chef d’équipe et 40% souhaitent l’aide d’un professionnel.

Le besoin de soutien dans le futur est important, note Yves Van Laethem. "Il est important que l’offre soit adaptée pour ce personnel."

Sciensano, qui a mené l'enquête, ne dit pas plus. "Nous pouvons déduire de cette enquête nationale menée auprès des professionnels de soin et d’aide que dans la période qui a suivi le pic de la deuxième vague de la crise, la gravité des réactions psychiques et physiques dans ce groupe est toujours très élevée. Sciensano souligne donc l’importance d’une aide appropriée et accessible pour ces professionnels et leurs dirigeants."

 

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