Coronavirus : pénurie de saisonniers en vue dans l'horticulture

En ces temps de confinement, un secteur manque de bras. Celui de l’agriculture et plus particulièrement de l’horticulture. Il doit répondre aux demandes d’approvisionnement mais les saisonniers viennent souvent de l’étranger et avec la fermeture des frontières, ils ne sont pas là. Les producteurs s’inquiètent pour les récoltes.

Il est temps d’enlever le voile protecteur sur ces milliers de plants de fraisiers car le début de la récolte arrivera rapidement. D’ici moins d’un mois les premières fraises vont être récoltées. Les asperges, c’est déjà parti : "Moi j’ai une équipe de 10-15 saisonniers en fonction des types de cueillettes. J’ai déjà des candidats, certains saisonniers bulgares aussi qui habitent en Belgique mais pour mes collègues, surtout ceux qui ont de grosses équipes de 40 ou 50 saisonniers, ça va être compliqué. J’ai entendu que certaines productions d’asperges flamandes ne seront tout simplement pas récoltées", explique Olivier Deconinck, producteur à Marbais.


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Le temps presse. En Belgique, 56.000 saisonniers viennent chaque année et près de 9 travailleurs sur 10 viennent de l’étranger, essentiellement de Pologne, de Roumanie ou de Bulgarie. Le secteur risque gros et va manquer de bras si on ne trouve de solution : "Le gouvernement a déjà doublé la période de travail autorisée pour les saisonniers en passant de 65 à 130 jours, détaille Claude Vanhemelen de la Fédération Wallonne Horticole. Mais nous avons besoin des travailleurs belges. Ce qui coince pour le moment c’est que les personnes au chômage ou en arrêt de travail temporaire à cause du virus sont candidats, il y a beaucoup de candidat mais il faudrait qu’ils puissent venir aider en ne perdant pas de jour de chômage sinon l’impact sur leurs revenus sera négatif. C’est notre souhait mais ce n’est pas encore fait".

Les agriculteurs ont peur de tomber comme des mouches

Le risque est plus grave encore dans l’agriculture. Ici, le travaille ne repose pas sur des saisonniers mais sur une ou deux personnes. Si quelqu’un tombe malade, c’est toute l’exploitation qui risque l’arrêt. Il existe un service de remplacement par province mais pas assez de monde si beaucoup d’exploitant contractent le virus ou sont victime de toute autre arrêt de travail : "Ces remplacements sont effectués par 4 équivalents temps plein pour 200 exploitations dans la zone nord de Namur par exemple… Donc il suffit de 4 malades et nous n’avons déjà plus d’effectif", explique Adrien Paquet du Service de remplacement agricole du Namurois.

Chez les producteurs, le manque de bras risque de devenir criant. C’est pourtant la toute première ligne de notre alimentation.