Coronavirus ou pas, les droits de garde doivent être respectés, et pourtant...

Le témoignage d'une mère privée de ses enfants sous prétexte qu'elle travaille en milieu hospitalier
Le témoignage d'une mère privée de ses enfants sous prétexte qu'elle travaille en milieu hospitalier - © RTBF

Le quotidien des parents est chamboulé par cette pandémie et plus encore quand il s'agit de parents divorcés. Les gardes alternées par exemple doivent être respectées et pourtant, certains font de la résistance et refusent de laisser leurs enfants se rendre chez l'autre parent, avançant des arguments d'ordre sanitaire. C'est la situation vécue par cette mère de trois enfants de 13, 11 et 8 ans. Anne-Sophie travaille en hôpital psychiatrique. Elle raconte que le père de ses enfants ne veut plus que ces derniers séjournent chez leur mère une semaine sur deux, comme le prévoit l'accord qui a été pris. Selon elle, il craint que la mère ne contracte le virus sur son lieu de travail et le transmette à ses enfants. Une décision qu'Anne-Sophie vit très mal: "c'est une période difficile, on est tous sous pression, notre présence de soignant est indispensable auprès des patients, dans un climat difficile et cette situation familiale rajoute une pression supplémentaire, quand on rentre chez soi et qu'on nous prive de nos enfants, il y a un sentiment d'injustice totale". 

Vers qui se tourner?

Anne-Sophie a dénoncé cette non-présentation d'enfants, d'abord auprès de la police de La Louvière qui a refusé d'enregistrer sa plainte mais qui a enregistré une fiche info. La mère de famille s'est dès lors tournée vers la justice par l'intermédiaire de son avocate. Me Ornella Cesaro explique que l'avocat va d'abord tenter la médiation entre les parents "c'est le rôle de négociateur de l'avocat qui primera" explique-t-elle. Mais en cas d'échec de la négociation, c'est le juge de la famille qui tranchera. Chaque situation est analysée, au cas par cas.

Le tribunal de Nivelles a par exemple déjà imposé une astreinte de 1000 euros par jour à un parent qui n'avait pas respecté le droit de garde lors de la période de confinement.