Coronavirus : "On est à mi-chemin, avec la perspective de quelque chose de plus sain", selon Hans Kluge (OMS)

L’approche de la vaccination en Belgique et dans beaucoup d’autres pays, mais aussi la probabilité d’une troisième vague, sont les grandes thématiques de ces dernières semaines à propos du nouveau coronavirus.

Pour répondre à ses interrogations, le directeur européen de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce jeudi.


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Hans Kluge est un médecin belge, et se retrouve au cœur de la lutte contre le coronavirus. Dans une situation sanitaire mondiale où le nombre de décès s’accélère. Pourtant, le directeur européen de l’OMS se dit optimiste : "Finalement on peut être optimiste car 2021 sera plus facile que 2020. Mais on va quand même voir une augmentation des cas et donc des décès durant cette période hivernale. Donc c’est très important que les gens continuent d’écouter les conseils et suivent les mesures".

Le bout du tunnel avec le vaccin ?

Mardi, le Royaume-Uni lançait sa campagne de vaccination contre le Covid-19, la première dans un pays occidental. En Belgique, elle débutera le 5 janvier et avec elle, comme dans beaucoup d’autres pays, certaines réticences d’une partie de la population face à cette vaccination.

Avec le début de cette stratégie, Hans Kluge voit finalement "la lumière au bout du tunnel". Il confirme que dans certains pays, jusqu’à 70% de la population hésite à se faire vacciner contre le coronavirus : "C’est un phénomène que l’on connait bien et c’est normal, car il y a encore quelques incertitudes. L’enjeu est surtout de comprendre les gens et pourquoi ils pensent cela".

on doit aussi faire un ordre de priorité dans les professions

Une compréhension plutôt qu’une obligation, c’est ce que prime l’OMS qui analyse les comportements depuis le début de la pandémie : "J’ai établi un programme de santé pour tout le monde. Pour comprendre comment les gens vivent et réagissent, et ajuster l’approche et la stratégie de l’OMS afin d’intégrer les communautés à la lutte contre le coronavirus".

Ce qui motive le refus de vouloir imposer le vaccin aux gens, est la volonté de provoquer l’adhésion même si : "Dans certaines professions c’est un intérêt de santé publique que de se faire vacciner. Cependant, on doit aussi faire un ordre de priorité dans les professions pour ne pas que cela soit de manière coercitive", concède le directeur européen de l’OMS.


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A propos du futur certificat de vaccination, il ne se veut pas pressant pour plusieurs raisons. D’abord car le virus mute et donc on ne connaît pas encore l’efficacité de la durée d’un vaccin, même si l’Organisation suit de très près toutes les mutations. Et ensuite pour Hans Kluge ce qui est plus important avant de définir la durée c’est de "ne laisser personne derrière". Car : "On sait surtout que les mesures seront à deux vitesses, donc il faudra en premier lutter contre les inégalités sociales".

La Belgique, ce "point noir" européen ?

Lorsque l’on écoute le monde politique, on peut y voir une certaine cacophonie, alors que dire aux gens pour les fêtes ? "Les mesures en place sont nécessaires pour éviter une troisième vague à court terme. Tout dépend de nous, ce qui est aussi une bonne nouvelle", explique Hans Kluge en restant optimiste et avant de conclure : "Si on suit les mesures on peut éviter beaucoup de décès, il faut célébrer les fêtes de fin d’année mais juste autrement".

On a souvent pointé la Belgique comme pays trop souvent en tête dans les chiffres des taux de contaminations, des hospitalisations et des décès. Mais l’idée de classement et de comparaison déplaît à M. Kluge : "Je conteste la comparaison entre pays car il y a de nombreux facteurs qui différent que pour faire un classement".

il est trop tôt que pour tirer des conclusions

Pareil au sujet de la responsabilité de la crise sanitaire en Belgique : "On sait que la gouvernance est compliquée mais il est trop tôt que pour tirer des conclusions sur la gestion de cette crise sanitaire. Et puis il y a des pays qui ont bien géré la première vague mais pas la seconde, donc il est trop tôt que pour tirer des conclusions". Mais sur le point de l’isolement (des quarantaines), le directeur européen de l’OMS accorde déjà une conclusion. Pour lui, il fallait mettre en place des structures pour assister les gens et les aides à tenir en isolement.

"On est à mi-chemin, avec la perspective de quelque chose de plus sain", se permet d’avancer Hans Kluge qui ne voit pas cette pandémie comme une succession de vagues, mais comme un long chemin avec des moments de répit.

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