Coronavirus : "On a maîtrisé l'épidémie mais on est encore loin de la fin"

CQFD, Ce Qui Fait Débat, en mode grand entretien : 25 minutes quotidiennes avec un spécialiste, pour vous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser VOS questions (via l’adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invité, ce vendredi : Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur en santé publique à l’ULB.

Un premier succès… mais un effort à continuer

La situation se stabilise sur le front des hospitalisations, mais les infections se comptent encore par centaines : 1236 nouveaux cas confirmés ces dernières 24 heures. Une augmentation liée à celle des tests réalisés en maison de repos, qui enregistrent 199 des 313 décès comptabilisés hier. La barre des 5000 décès en Belgique a désormais été atteinte. La bonne nouvelle du jour, c’est que la force du virus a diminué, c’est-à-dire qu’il circule moins dans la population (taux d’infection de 0,8).

"On est encore loin de la fin de l’épidémie mais on l’a maîtrisée", commente Yves Coppieters, "on est arrivé à ce fameux plateau, cette stabilisation de l’accroissement du nombre de nouveaux cas, on a donc aplati la courbe de sorte à ne pas dépasser les capacités des hôpitaux, c’est un premier succès mais il faut continuer l’effort car l’épidémie doit encore se stabiliser et diminuer, petit à petit".

Les maisons de repos et de soins restent l’ombre au tableau, explique l’épidémiologiste : "il y a là vraiment un cluster, des chaînes de transmissions encore trop actives actuellement, avec 20% de tests positifs au Covid-19 dans les maisons de repos. Si on ne gère pas cette situation terrible dans les homes, on ne pourra pas envisager le déconfinement, car tout est lié".

Le nombre de morts est-il surévalué en Belgique ?

Pas de déconfinement sans une chute d’hospitalisations

Certains pays ont entamé le déconfinement : l’Autriche avec une réouverture prudente des petits commerces et des jardins publics. Réouvertures localisées et très limitées de certains commerces en Italie aussi. Lundi, l’Espagne a elle autorisé les travailleurs à reprendre le chemin des usines et des chantiers, sous conditions strictes et parallèlement à la distribution de 10 millions de masques.

Chez nous, il faudra encore patienter, le risque de reprendre nos activités trop vite est encore jugé trop élevé. Cela dit, quelques assouplissements ont été décidés, avec les jardineries et magasins de bricolages qui pourront rouvrir dès ce samedi. Pas d’autre perspective de déconfinement avant le 3 mai. Et ce qui semble acquis, c’est qu’il ira de pair avec un dépistage massif et du traçage. Ce qu’on sait aussi, c’est qu’il sera progressif, on a parlé de catégories d’âge ou d’activités, mais rien n’est encore précisé à ce stade. Les experts du groupe Exit Strategy y travaillent. On attend des réponses concrètes lors du prochain conseil national de sécurité, vendredi prochain.

"Il faut désengorger les hôpitaux avant d’entamer un déconfinement", explique à ce propos Yves Coppieters, "et c’est au groupe d’experts à déterminer à quel niveau d’hospitalisations cela se passera". Parallèlement, les outils sont multiples : les tests, les masques, la distanciation sociale. "Ce sont des éléments que l’on connaît. Ce qu’on ne connaît pas, c’est la manière de les mettre en œuvre : qui, quand, quels secteurs prioritaires ? Et ce sera effectivement aux experts à le déterminer", conclut le professeur en santé public à l’ULB.

 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, en mode grand entretien : Chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté de l’émission à revoir ci-dessous :

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK