Coronavirus : "Notre vie a changé" témoignages de ces autres métiers en "première ligne"

Coronavirus : "Notre vie a changé" témoignages de ces autres métiers en "première ligne"
Coronavirus : "Notre vie a changé" témoignages de ces autres métiers en "première ligne" - © JOHN MOORE - AFP

Ils sont banquiers, ouvriers, vétérinaires, coiffeurs, éboueurs, pharmaciens ou dentistes. Ils sont comme les personnels soignants en première ligne pour assurer la continuité des services à la population en cette période de pandémie de Covid-19. Aucune panique, mais un certain stress assumé, chacun veut remplir son rôle même s’il faut modifier ou réinventer en profondeur la façon dont on travaille au quotidien.


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Nous avons reçu ce témoignage anonyme d’un agent de BNP Paribas Fortis " nous sommes 9 à l’agence. La présence de tout le monde est requise. C’est vrai que pour nous le télétravail n’est pas faisable car nous faisons de la première ligne, mais nous sommes inquiets car nous travaillons la porte ouverte. N’importe qui peut entrer. Ce matin j’ai reçu 6 personnes pour débloquer des cartes bancaires ou montrer comment fonctionne l’Easy Banking. Nous sommes dans un espace confiné… Nous ne recevons aucunes consignes à part celles sur le nettoyage des mains et le respect des distances. Les personnes qui doivent garder des enfants doivent prendre des congés".

Et de conclure "je suis dans un dilemme car si je prends un certificat médical, je vais laisser mes collègues seuls, mais j’ai une personne à risque à la maison. Qu’est-ce que je dois faire ?".


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On a appris ce mardi matin que "les banques ne recevront plus leurs clients que sur rendez-vous à partir de mercredi" annonçait la fédération sectorielle Febelfin. Le secteur bancaire demande "que les opérations bancaires quotidiennes soient effectuées par voie digitale et que les clients ne se présentent à l’agence que pour des questions très urgentes".

Nous avons dû changer notre façon de travailler

Un vétérinaire bruxellois nous confiait "nous avons dû complètement changer notre façon de travailler, je ne reçois plus mes patients que séparément et j’évite absolument que les gens ne se croisent dans le cabinet. Beaucoup de gens nous appellent car ils sont inquiets pour leurs animaux, même si on le répète il n’y a pas de risque. Nous devons rester ouverts pour les opérations urgentes, tout le reste de notre activité est mis en entre parenthèses".

Andrei, à lui une petite entreprise de travaux de rénovation, il témoigne aussi "nous avons dû déjà supprimer toutes une série de travaux car nous n’avions plus de masque de protection. Maintenant je crains la fermeture prochaine des magasins de fournitures et de bricolage. J’ai commencé des travaux de peinture dans un appartement et je ne suis pas sûr de pouvoir terminer faute de peinture en suffisance."

Autre secteur en première ligne, le ramassage de nos poubelles. Les éboueurs de l’intercommunale Hygea en région de Mons Borinage avaient arrêté de ramasser les poubelles lundi par peur de contamination au coronavirus. "Beaucoup d’entre eux sont sous certificat médical ce mardi" mais le travail a repris a minima.

Réduire le nombre de clients présents

Sophie, elle est coiffeuse pour une grande marque franchisée à Liège "nous avons du espacer nos rendez-vous à une heure de distance, réduire les nombres de clients présents en même temps, on laisse deux fauteuils vident entre chaque client. Il y a bien eu des annulations, mais les gens appellent aussi pour prendre des rendez-vous. Nous vivons au ralenti, dans une ville au ralenti."

Le secteur des taxis aussi souffre énormément, "nous essayons de voir comment nous pouvons inciter les gens à prendre le taxi plutôt que les transports en commun", explique Sam Bouchal, président de la fédération des taxis. Une solution pourrait être de s’accorder sur une politique de prix, "surtout pour les plus de 65 ans".

Les pharmaciens aussi ont du changer la façon de travailler "nous avons mis une ligne au sol ou derrière laquelle doivent se tenir les visiteurs, nous avons mis des plexiglas sur les comptoirs pour éviter le contact direct avec les clients", mais on regrette surtout de ne pas être considéré ou citer comme métier de première ligne alors "que les pharmaciens sont bombardés de questions". Les pharmaciens recommandent d’ailleurs de téléphoner si possible avant de se rendre dans une officine, encore une fois pour limiter au maximum les contacts pour une profession mis sous pression fortement ces jours-ci.

 

Chez les dentistes aussi ont des mesures fortes pour lutter contre la propagation du virus "nous ne prenons plus que les cas urgents et avec un équipement spécifique de protection". Tout en reconnaissant que sans masque de protection adéquat fournit rapidement le secteur devra arrêter complètement son service à la population.

Les 40-50 ans, population à risque

Le nombre d’hospitalisations a continué d’augmenter, avec 361 personnes hospitalisées mardi, soit une hausse de 109 par rapport aux 24 heures précédentes, a signalé Emmanuel André. 79 des patients hospitalisés se trouvent en soins intensifs (+26) et 61 nécessitent une assistance respiratoire.

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