Coronavirus : "Ne pas hésiter à consulter en cas de suspicion d'insuffisance cardiaque"

Coronavirus : "Ne pas hésiter à consulter en cas de suspicion d'insuffisance cardiaque"
Coronavirus : "Ne pas hésiter à consulter en cas de suspicion d'insuffisance cardiaque" - © krisanapong detraphiphat - Getty Images

Le site moncoeurbat.be a été lancé pour permettre à toute personne ressentant des symptômes d'insuffisance cardiaque de réaliser une première évaluation de sa santé. En cas de doute et malgré la crise sanitaire actuelle, il convient de ne pas traîner pour se rendre à l'hôpital, un lieu qui "n'est certainement pas plus dangereux qu'une grande surface", a souligné mardi lors d'une interview avec l'agence Belga le Dr Anne-Catherine Pouleur, du service de cardiologie du CHU Saint-Luc.

L'insuffisance cardiaque touche actuellement quelque 240.000 Belges, essentiellement des plus de 65 ans, et une personne sur cinq sera à un moment de sa vie considérée comme à risque. Bien qu'elle soit plus mortelle que certains cancers, avec une espérance de vie qui ne dépasse pas cinq ans dans la moitié des cas, cette maladie demeure peu connue du grand public. "On s'attend à ce que le nombre de patients atteints double dans les prochaines années, en raison du vieillissement de la population ainsi que de l'augmentation des facteurs de risques cardio-vasculaires (diabète, hypertension...)", alerte le Dr. Pouleur.

Les symptômes sont principalement liés à un essoufflement inhabituel, également au repos et durant la nuit. La prise de poids, et plus particulièrement un gonflement des pieds ou de l'abdomen, est aussi un signe qui doit attirer l'attention.

Pour permettre aux personnes de faire une première évaluation de leur situation, un site internet a été développé par la société Novartis. Celui-ci reprend un "vérificateur" de symptômes. En répondant à quelques questions, le patient pourra savoir s'il convient de consulter un cardiologue, une démarche qui est souvent repoussée actuellement en raison de la crise du coronavirus, a constaté le Dr Pouleur. "On n'a plus vu d'infarctus pendant trois mois. Les patients étaient toujours là, mais ils attendaient la dernière minute, ce qui nous obligeait à les hospitaliser immédiatement alors qu'une adaptation du traitement médicamenteux aurait pu suffire s'ils étaient venus plus tôt. Il ne faut certainement pas avoir peur. On a tenté d'encore mieux sensibiliser nos patients à cette problématique. On espère donc être mieux préparé pour cette deuxième vague", affirme la spécialiste.

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