Coronavirus, assistance et assurances : les voyages en zone rouge ne sont plus interdits mais attention aux conséquences

Coronavirus : les voyages en zone rouges ne sont plus interdits mais attention aux conséquences
Coronavirus : les voyages en zone rouges ne sont plus interdits mais attention aux conséquences - © Veronique de Viguerie - Getty Images

Dès ce vendredi, voyager en zone rouge ne sera plus interdit, même pour des raisons non essentielles, comme du tourisme. La fin de l’interdiction de se rendre dans les zones rouges ne signifie pas pour autant que tout est permis et que tout sera possible. Le dépistage Covid et la quarantaine resteront obligatoires au retour de ces zones. Par ailleurs, les voyageurs qui se rendront dans ces zones rouges doivent être conscients des conséquences éventuelles, et pas seulement les conséquences sanitaires.

L’assistance consulaire ne sera pas garantie

Conformément à la décision du Conseil national de sécurité, le site du SPF Affaires étrangères modifiera ses recommandations aux voyageurs. Les zones rouges passeront de " voyage interdit " à " voyage déconseillé ". C’est la conséquence d’une volonté d’harmoniser les règles de voyage au niveau européen. La Belgique était l’un des seuls pays à interdire les déplacements en zone rouge. En déconseillant les voyages, elle s’aligne sur les autres pays.

Attention cependant, voyager dans une zone " déconseillée " peut avoir des conséquences. Le code consulaire prévoit que, si un avis de voyage négatif est émis, l’assistance consulaire n’est pas garantie. Partir dans une zone rouge, c’est donc prendre le risque de ne pas pouvoir bénéficier de l’aide du consulat belge en cas de besoin. Une aide qui peut être bien utile dans certains cas. Les ambassades, les consulats et les consulats honoraires peuvent, en effet, prêter assistance aux Belges dans certaines situations définies par la " loi Assistance " : décès, accident grave, crime grave dont un Belge serait victime, arrestation ou détention, situation de détresse, crise consulaire majeure ou en cas d’enlèvement international d’enfants belges ou ayant un parent belge. L’ambassade ou le consulat peuvent aussi délivrer un document (provisoire) d’identification en cas de perte ou de vol d’une carte d’identité ou d’un passeport.

Ne plus interdire les voyages en zone rouge ne signifie donc pas que tout est possible et que toutes les portes sont ouvertes pour aller où l’on veut. Le voyageur devra se poser la question des conséquences qu’il est prêt à supporter.

Attention aux assurances

A priori, voyager en zone rouge ne devrait pas avoir de conséquences sur la couverture des assurances comme les assurances automobiles ou celles d’hospitalisation, par exemple. " Il y a toute une série de situations dans lesquelles l’assurance intervient tout à fait normalement. Même à l’époque de l’interdiction, si vous aviez pris votre voiture pour traverser la France, séjourner à Barcelone et provoquer un accident de la circulation à Barcelone, votre assureur n’aurait pas pu vous refuser la couverture sous prétexte que vous ne deviez pas vous trouver à Barcelone parce que c’était interdit ", explique Wauthier Robijns, porte-parole d’Assuralia, la fédération du secteur des assurances. Même chose pour une assurance hospitalisation. Quelqu’un qui se trouve à un endroit et qui a besoin d’être hospitalisé sera pris en charge dans le cadre de cette assurance hospitalisation.

La seule branche d’assurances dans laquelle il risque d’y avoir des restrictions, c’est celle des assurances de type " assistance " et assurances " voyages ". Ces assurances interviennent en cas de problèmes à l’étranger que ce soit une panne de voiture, un accident, le besoin d’organiser des soins de santé, de prévoir un rapatriement, d’envoyer des médicaments, ou un double des clés de voiture, par exemple. Ces assurances pourraient ne plus fonctionner en cas de présence en zone rouge. " Dans ces contrats-là, il peut être fait référence à un avis négatif des autorités belges. La façon dont le contrat est libellé va régir les droits et obligations entre l’assureur et son client. Là, il y aura lieu de vérifier ce que le contrat dit exactement et est-ce que la situation que nous vivons actuellement correspond à un avis négatif. Je crois que quand c’est strictement déconseillé, c’est effectivement un avis négatif. Ce seront les termes précis du contrat qui feront foi ", explique Wauthier Robijns, d’Assuralia. Prenons le cas d’une personne qui serait blessée qui serait hospitalisée. Son assurance hospitalisation couvrirait les frais liés au séjour en hôpital. En revanche, rien ne dit qu’il pourrait bénéficier d’un rapatriement au frais de son assistance voyage.

Mieux vaudra donc vérifier son contrat d’assurance " assistance " avant de partir en zone rouge pour être bien au courant des risques pris. Les conseils d’un courtier pourraient aussi être utiles pour se tourner vers les compagnies d’assurances qui offrent la meilleure couverture en la matière.

Du côté des tour-opérateurs, la prudence reste de mise par rapport aux zones rouges.

Le fait que les zones rouges ne soient plus des zones interdites aux voyageurs belges ne change, pour le moment, rien chez un tour-opérateur comme Tui. " On ne propose pas de voyages vers ces zones pour éviter tous types de problèmes ", explique-t-on chez Tui. Vu les conditions au retour du voyage, la quarantaine et le test de dépistage, vu le risque de ne pas bénéficier de l’assistance consulaire, le voyagiste préfère actuellement ne pas prendre de risques. Seuls les vols vers Malaga et Alicante, déjà maintenus de longue date, continueront à être opérés.

Chez Tui, pour les vacances en voiture, il reste impossible de réserver pour une destination en zone rouge. Les voyageurs qui devaient partir vers une de ces destinations bénéficient toujours du droit au remboursement en cas d’annulation.

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